T'es au courant que les filles qui font ça dans le cadre légale sont consentante ?
C'est une approche très libérale de la question, ça : à partir du moment où un contrat a été signé par quelqu'un pour permettre qu'il subisse quelque chose, il n'y aurait rien à redire.
La réalité est plus complexe que ça, et le vécu de ces femmes peut éclairer ce "consentement" sous un jour nouveau.
Je vais prendre deux exemples qui font écho chez la plupart des habitués de LinuxFr : la signature des CLUF, et le statut des artistes inscrits à la SACEM.
Quand un utilisateur signe un CLUF de 20 pages sans le lire, parce qu'il a besoin rapidement du service en question, on a du mal à considérer ça comme un contrat équitable entre deux entités juridiques de "force égale". On voit une forme d'aliénation, d'inégalité, le fait que l'utilisateur soit motivé par l'urgence, par une pression (c'est le seul moyen de contacter quelqu'un sur Facebook, par exemple), donne à son "consentement" une tonalité particulière qui fait qu'on peut parler de manipulation, sinon d'aliénation.
Idem pour tout ces artistes inscrits à la SACEM et qui ne connaissent pas les tenants et aboutissants d'un tel geste, qui pensent que c'est plus ou moins obligatoire, à qui on promet une vie artistique très simple s'ils vendent leur âme au diable et des complications sans fin s'ils ne le font pas. C'est une forme de pression, et on n'évacue pas facilement le débat en disant "ils ont signé, c'est un choix libre, conscient, rationnel de leur part."
Dans les deux cas, on se pose la question de ce que représentent de tels contrats, en terme de rapport de force, en terme d'impact sur l'ensemble de la société.
Dans le cas de la pornographie, ou de la prostitution, on peut aussi adopter cette lecture et se regarder ce qu'il y a au-delà de la notion de "contrat".
Par exemple, le fait que la plupart des actrices pornos soient payées en une fois pour chaque prestation, et ne touchent pas un pourcentage (même minime) sur les ventes devrait nous pousser à nous interroger : les choses ne sont pas censées fonctionner comme ça dans le milieu artistique. Cette différence de modèle économique fait que le porno n'est pas une prestation "artistique" comme une autre. Ce n'est qu'un exemple.
Je me permets de te recommander un blog qui décrit de l'intérieur comment la pornographie peut être vécue par certaines "actrices" :
[^] # Re: Marre
Posté par Grunt . En réponse au journal Actualité geek-féministe de l'été. Évalué à 4.
C'est une approche très libérale de la question, ça : à partir du moment où un contrat a été signé par quelqu'un pour permettre qu'il subisse quelque chose, il n'y aurait rien à redire.
La réalité est plus complexe que ça, et le vécu de ces femmes peut éclairer ce "consentement" sous un jour nouveau.
Je vais prendre deux exemples qui font écho chez la plupart des habitués de LinuxFr : la signature des CLUF, et le statut des artistes inscrits à la SACEM.
Quand un utilisateur signe un CLUF de 20 pages sans le lire, parce qu'il a besoin rapidement du service en question, on a du mal à considérer ça comme un contrat équitable entre deux entités juridiques de "force égale". On voit une forme d'aliénation, d'inégalité, le fait que l'utilisateur soit motivé par l'urgence, par une pression (c'est le seul moyen de contacter quelqu'un sur Facebook, par exemple), donne à son "consentement" une tonalité particulière qui fait qu'on peut parler de manipulation, sinon d'aliénation.
Idem pour tout ces artistes inscrits à la SACEM et qui ne connaissent pas les tenants et aboutissants d'un tel geste, qui pensent que c'est plus ou moins obligatoire, à qui on promet une vie artistique très simple s'ils vendent leur âme au diable et des complications sans fin s'ils ne le font pas. C'est une forme de pression, et on n'évacue pas facilement le débat en disant "ils ont signé, c'est un choix libre, conscient, rationnel de leur part."
Dans les deux cas, on se pose la question de ce que représentent de tels contrats, en terme de rapport de force, en terme d'impact sur l'ensemble de la société.
Dans le cas de la pornographie, ou de la prostitution, on peut aussi adopter cette lecture et se regarder ce qu'il y a au-delà de la notion de "contrat".
Par exemple, le fait que la plupart des actrices pornos soient payées en une fois pour chaque prestation, et ne touchent pas un pourcentage (même minime) sur les ventes devrait nous pousser à nous interroger : les choses ne sont pas censées fonctionner comme ça dans le milieu artistique. Cette différence de modèle économique fait que le porno n'est pas une prestation "artistique" comme une autre. Ce n'est qu'un exemple.
Je me permets de te recommander un blog qui décrit de l'intérieur comment la pornographie peut être vécue par certaines "actrices" :
http://survivrealaprostitution.blogspot.fr/
Ça ne fait pas une généralité, mais ça remet sérieusement en question la notion de "consentement, tout va bien rien à redire".
THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.