Déjà Thomas n'explique pas "comment", il dit décris ce que croient les chrétiens, c'est tout.
Tout à fait, je décris le système théologique, sa logique et sa cohérence interne. Je suis bien incapable de tout expliquer ni tout relier au constatable, à la connaissance expérimentale de chacun, ou à d'autres modèles
Par exemple, j'accepte la loi de la gravité mais je ne l'ai jamais démontrée, tout ce que j'ai pu faire c'est de vérifier sa cohérence dans le modèle physique que l'on m'a enseigné. Et encore, la constatation de la gravité par la chute d'une pomme me montre seulement que cette loi est acceptable dans le cas d'une pomme et ce qui peut ressembler d'une pomme, et je ne peux pas prouver que tout peut ressembler à une pomme.
Pour le paradoxe de l'omnipotence, on pourrait peut-être employer le concept de puissance (bon ça fait un peu homonyme dans le cas présent) ou de capacité pour l'approcher. Ce n'est pas parce qu'on en a la capacité qu'on est contraint de l'exploiter. Par exemple, tout à l'heure j'ai acheté des freins pour mon vélo, quand je suis passé à la caisse, ça m'a coûté quelques euros et des centimes et j'ai fait un appoint partiel (j'ai arrondi pour que la pièce de la plus petite valeur rendue soit de 50c), la caissière a mit un peu de temps à percuter, le tiroir caisse était ouvert, dans le tiroir, dans la tranche la plus proche de moi, à distance d'un bras, il y avait un billet de 200€ et j'ai pu compter facile jusqu'à 15 secondes. J'avais le pouvoir, la capacité de prendre ce billet et de me barrer en courant, la sortie du magasin était à 2m et la sortie du centre commercial à 5m. Ne pas avoir volé le billet ne m'a pas ôté le pouvoir de voler. Je n'ai pas usé ce pouvoir.
Alors ça ne suffit pas puisqu'on peut rétorquer : ne pas user d'un pouvoir n'est pas « ne pas pouvoir ». C'est vrai, mais alors je peux ajouter que mon système moral m'a interdit de voler le billet. Ce système moral je l'ai construit. Je me suis rendu incapable de voler un billet. Je suis donc à la fois capable de voler (j'ai le bras assez long et je sais courir vite), et je suis à la fois incapable de voler (je ne veux pas être un voleur, cette volonté m'empêche).
D'ailleurs, c'est amusant, parce que ça rejoint la question de la liberté. Pour le premier point : si un pouvoir ou une capacité conditionnait inévitablement nos actes, serions nous libres ? Pour le second point, si je n'étais pas capable de restreindre ma capacité, serais-je libre ? Être libre est-ce voler le billet accessible parce qu'il est accessible (donc la distance du billet et mes propres forces qui conditionnent mes actes) ou refuser de le voler (déplacer ce conditionnement de l'extérieur vers l'intérieur, de l'environnement vers la volonté) ? Être libre est-ce être capable ? Être capable de voler est-il une capacité, être capable de ne pas voler est-elle une autre capacité ? Ce qui s'apparente peut-être à une restriction de capacité est peut-être une autre capacité, et ce qui peut sembler restreindre la liberté est peut-être une liberté.
La volonté de ne pas user d'une force est à la fois une capacité et une incapacité.
Mon expérience d'aujourd'hui m'a montré que je suis capable de ne pas être capable de voler. :)
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
[^] # Re: Morale
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal religionfr.org. Évalué à 2.
Tout à fait, je décris le système théologique, sa logique et sa cohérence interne. Je suis bien incapable de tout expliquer ni tout relier au constatable, à la connaissance expérimentale de chacun, ou à d'autres modèles
Par exemple, j'accepte la loi de la gravité mais je ne l'ai jamais démontrée, tout ce que j'ai pu faire c'est de vérifier sa cohérence dans le modèle physique que l'on m'a enseigné. Et encore, la constatation de la gravité par la chute d'une pomme me montre seulement que cette loi est acceptable dans le cas d'une pomme et ce qui peut ressembler d'une pomme, et je ne peux pas prouver que tout peut ressembler à une pomme.
Pour le paradoxe de l'omnipotence, on pourrait peut-être employer le concept de puissance (bon ça fait un peu homonyme dans le cas présent) ou de capacité pour l'approcher. Ce n'est pas parce qu'on en a la capacité qu'on est contraint de l'exploiter. Par exemple, tout à l'heure j'ai acheté des freins pour mon vélo, quand je suis passé à la caisse, ça m'a coûté quelques euros et des centimes et j'ai fait un appoint partiel (j'ai arrondi pour que la pièce de la plus petite valeur rendue soit de 50c), la caissière a mit un peu de temps à percuter, le tiroir caisse était ouvert, dans le tiroir, dans la tranche la plus proche de moi, à distance d'un bras, il y avait un billet de 200€ et j'ai pu compter facile jusqu'à 15 secondes. J'avais le pouvoir, la capacité de prendre ce billet et de me barrer en courant, la sortie du magasin était à 2m et la sortie du centre commercial à 5m. Ne pas avoir volé le billet ne m'a pas ôté le pouvoir de voler. Je n'ai pas usé ce pouvoir.
Alors ça ne suffit pas puisqu'on peut rétorquer : ne pas user d'un pouvoir n'est pas « ne pas pouvoir ». C'est vrai, mais alors je peux ajouter que mon système moral m'a interdit de voler le billet. Ce système moral je l'ai construit. Je me suis rendu incapable de voler un billet. Je suis donc à la fois capable de voler (j'ai le bras assez long et je sais courir vite), et je suis à la fois incapable de voler (je ne veux pas être un voleur, cette volonté m'empêche).
D'ailleurs, c'est amusant, parce que ça rejoint la question de la liberté. Pour le premier point : si un pouvoir ou une capacité conditionnait inévitablement nos actes, serions nous libres ? Pour le second point, si je n'étais pas capable de restreindre ma capacité, serais-je libre ? Être libre est-ce voler le billet accessible parce qu'il est accessible (donc la distance du billet et mes propres forces qui conditionnent mes actes) ou refuser de le voler (déplacer ce conditionnement de l'extérieur vers l'intérieur, de l'environnement vers la volonté) ? Être libre est-ce être capable ? Être capable de voler est-il une capacité, être capable de ne pas voler est-elle une autre capacité ? Ce qui s'apparente peut-être à une restriction de capacité est peut-être une autre capacité, et ce qui peut sembler restreindre la liberté est peut-être une liberté.
La volonté de ne pas user d'une force est à la fois une capacité et une incapacité.
Mon expérience d'aujourd'hui m'a montré que je suis capable de ne pas être capable de voler. :)
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes