• [^] # Re: Ne pas sous estimer les libristes

    Posté par . En réponse au journal Conseils aux libristes, 1ere partie: eviter de sous-estimer la competition sur le plan technique. Évalué à -1.

    D'abord, d'accord, ce n'est pas dû aux diacritiques (accents sur les lettres).

    Ensuite, pas d'accord, ça n'est pas comme ça dans toutes les langues.
    En coréen, la forme du verbe est changée en fonction de l'interlocuteur. En anglais britannique, je me demande si ce n'est pas l'accent tonique qui permet de se distinguer. J'aimerais bien pouvoir parler du chinois, je crois que le marqueur social est encore différent et indépendant de la forme parlée.
    En France, la norme écrite a été figée quand les dictionnaires se sont multipliés et que le pays a choisi de sélectionner ses professeurs sur leurs niveaux d'orthographe et de grammaire au XIXe siècle. La graphie évoluait très vite dans les siècles précédents (une réforme tous les dix ans). Dans l'esprit du grammairien, la complexité de notre grammaire était sensée fabriquer des esprits complets ({{refnec}} je sais).

    Résultat : Le français que nous écrivons n'est plus celui que nous parlons.
    Dans le français vivant, le passé simple, autrefois bien vivant, a disparu (sans parler du subjonctif plus que parfait), nous ne suivons pas à la lettre la règle de l'accord du participe passé puisque cette règle arbitraire n'a jamais été naturelle, nous n'utilisons plus la double négation que pour nous faire mousser et nous grondons les gens qui utilisent le subjonctif après "après-que".
    Le marqueur social pour la langue orale est de savoir passer souplement d'un registre de langage à un autre selon le contexte : ceux qui ne le peuvent pas sont vus comme inférieurs.

    Pour les diacritiques, on pourrait faire preuve d'un peu de tolérance : je n'ai buté sur aucun mot du texte, parce que le contexte est à chaque fois explicite.