• [^] # Re: Incohérant

    Posté par . En réponse au journal Warsow, le pragmatisme versus la liberté. Évalué à 2.

    Après, que le libre ne te plaise pas pour certains domaine, c'est ton idée très subjective, n'en fait pas une généralité et surtout ça ne change pas le libre.

    Ce que je conteste, c'est que ce que tu appelles « libre » soit nécessairement la bonne définition pour TOUS les domaines. Je suis parfaitement d'accord avec la notion de « libre » dans le domaine logiciel, car elle a été énoncée clairement dans ce contexte. Ce que toi tu fais, c'est déclarer que « libre » veut TOUJOURS dire « doit respecter les quatre libertés [du logiciel libre] ». C'est ce qu'essaient de pousser des gens tels que freedomdefined, et c'est tout à fait honorable. Ils adaptent les 4 libertés du logiciel libre ainsi (traduction approximative) :

    • Liberté d'utiliser le travail et d'en tirer des bénéfices
    • Liberté d'étudier le travail et d'en tirer des leçons et de l'expérience
    • Liberté de faire et redistribuer des copies de l'information ou de l'expression, en partie ou en totalité
    • Liberté de faire des changements et des améliorations et de distribuer les travaux dérivés

    Le premier point me gêne. Je « n'utilise » pas de la musique, un roman, ou un film. Le dernier point me gêne aussi d'un point de vue « artistique » (et non « culturel », comme proposé dans le lien). Par définition, l'art se copie et se transforme, mais la notion d'amélioration est grandement subjective (contrairement au logiciel, où en règle générale on peut avoir un évaluation qualitative ET quantitative de l'impact d'un changement1).

    Ensuite, la notion de logiciel libre n'existait tout simplement pas avant que RMS n'en parle — je veux dire, dans les faits tout plein de logiciels répondaient aux critères du LL, mais n'étaient pas « étiquetés » comme tels. Dès lors, il existe UNE définition pour le logiciel libre (par la FSF), et UNE définition pour l'open source (par l'OSI). Dans les deux cas, ils se concentrent sur le domaine logiciel. Et dans les deux cas, il y a un consensus fort de la part des gens qui sont directement concernés.

    Dans le cas de la définition « d'œuvre culturelle libre » telle que définie par le site que je référence, mon problème est que contrairement au LL, il n'y a pas de consensus. Il y a un site qui propose une définition, ouvertement inspirée de celle fournie par la FSF pour le logiciel. Mais cette définition n'est certainement pas reconnue par tout le monde.

    Donc quand tu me dis que « le libre ne [me] plai[t] pas pour certains domaines », je réponds ceci :

    1. Ta définition de « libre » dans ce cas précis n'est pas universelle, mais calquée sur une définition qui à la base se concentrait sur le logiciel.
    2. Tu affirmes des choses qui sont fausses : je n'ai rien contre les gens qui voudraient mettre à disposition leurs œuvres, et autoriser tout le monde à faire ce qu'ils veulent avec du moment qu'ils respectent la licence qui vient avec).

    Je sais que toi, personnellement, n'as pas de problème avec des œuvres qui ne collent pas tout à fait avec les idéaux du libre. Ce que tu réclames, c'est qu'elles ne se déclarent pas « libres » car selon ta définition de libre, elles ne le sont pas. Ce que je dis, c'est que cette définition n'est pas figée, contrairement à celle donnée pour le logiciel. La notion de libre dans le domaine artistique n'a pas encore trouvé de définition stable à mon avis. Bref ce que je dis, c'est que parler de « libre » se réfère TOUJOURS à un contexte. Que je sache, même si techniquement c'était possible, je ne serais pas libre de t'étudier, te décomposer, te cloner, et te distribuer à tout un chacun. Et pourtant, nous sommes considérés comme des hommes libres2. De ce côté, je préfère largement parler de CC-* qui permet de savoir exactement ce que l'on a droit de faire avec une œuvre, plutôt que m'échiner à parler « d'œuvres libres ».

    Perso, je suis pour une notion de « propriétaire très limité dans le temps », façon RMS : dix ans après publication, toute œuvre (musicale, cinématographique, romanesque, etc.) devrait être élevée dans le domaine public. Dix ans, parce que ça laisse le temps aux auteurs de ces œuvres de rentrer dans leurs frais (ou pas, si le succès n'est pas au rendez-vous).

    Je pense que contrairement au logiciel, qui requiert tout de même une certaine technicité pour faire tout un tas de trucs, modifier une œuvre et la diffuser tend à être plus « simple » techniquement parlant (pas forcément pour ce qui est de la réflexion cela dit). Je pense qu'il faut laisser à une œuvre le temps de trouver ses marques (ou bien de ne pas en trouver du tout car totalement pas populaire), et s'ancrer un minimum dans la … culture (pour faire plaisir à gnuzer) collective, avant que n'importe qui puisse commencer à jouer n'importe comment avec (ce qui n'enlève rien aux droits de citation, de parodie, etc., qui existent toujours que je sache). Ensuite, comme j'estime que oui, toute œuvre artistique appartient au genre humain, alors je suis aussi pour limiter le droit des auteurs sur leurs œuvres pour une très courte durée.

    [1] Oui, il y aurait de quoi argumenter concernant les interfaces (notamment graphiques).
    [2] Libres et égaux en droit.