Petite précision: à aucun moment les développeurs de Warsow clament qu'ils font du libre ou de l'open source. Ils partent d'un simple constat: Il y a peu de petits projets OSS qui ont du succès, l'une des raisons étant la division des ressources suite à un fork.
Je ne comprends pas trop la phrase.
Oui, il y a peu de petits projets libres qui ont du succès. Par définition. Si les « petits » projets libres ont du succès, fatalement, ça deviendrait un gros projet libre.
Maintenant, je ne suis pas, mais alors pas du tout, convaincu par leur argumentation.
Est ce que c'est possible de faire un grand jeu libre de qualité et qui soit une référence dans son domaine ?
Oui, par exemple Wesnoth. Excellents graphismes (libres) très bonnes (et prenantes) musiques (libres)[1], une jouabilité excellente, des scénarios passionnants, des règles un peu compliquées à appréhender au début, mais qui donnent du piquant au jeu (plus c'est complexe, plus c'est subtil), un système d'extension et de jeu en ligne qui rendent les possibilités infinies.
D'ailleurs on peut noter que ce dernier point est une grande force du libre (et de certains logiciels proprios pas trop cons). On retrouve un Wesnoth de base (celui qu'on installe avec apt) et un Wesnoth par joueur (du moins par développeur d'extensions). De même avec Firefox, développé par Mozilla qui n'est pas la même chose que mon Firefox avec pentadactyl (et plein d'autres extensions).
Autre exemple : armagetron, qui est un clone du jeu de moto qu'on peut voir dans le film tron (le premier) : La règle est simple. C'est une sorte de jeu de serpent à queue infinie. Puis finalement, on a pu avoir des queues finies. Et puis le jeu en ligne est arrivé avec le lag inhérent aux jeux sur le Net. Du coup on a du rubber (en simple, un ralentissement du temps qui permet de ne pas exploser tout de suite à l'approche des murs). Du coup sont nés des serveurs high rubber (dans lesquels on peut avoir l'impression de toucher un mur et se diriger encore vers lui pendant plusieurs dizaines de secondes). Puis sont apparus les capture the flags. Des petites zones représentent des drapeaux, des grandes zones représentent des bases. Puis sont apparues les zones qui permettent de jouer en mode fort. L'idée c'est d'être plus nombreux que l'adversaire dans son fort pendant un certain temps pour gagner. Puis sont apparus les sumos. Même règles, sauf qu'on gagne quand il n'y a plus aucun adversaire dans sa propre zone.
Bref, entre un logiciel et ce que les gens font du logiciel, il y a parfois un monde qui n'a plus rien à voir. que Warsow limite ça, c'est inquiétant.
Maintenant, replongeons nous quelques années en arrière. Est ce que ce serait simple, à votre avis, de faire une encyclopédie libre ? À l'époque, la référence en papier, c'était Universalis en France, Britanica au Royaume Uni, Encarta en version numérique. Qui croyait que Wikipedia exploserait tous ses concurrents ? Peu de monde. Moi je n'y croyais pas au début. Pourtant je ne suis pas dans les derniers inscrits (début 2004).
Est ce que c'est simple de faire un kernel libre ? Non. Pourtant certains l'ont fait.
Est ce que c'est simple de faire un serveur HTTP libre ? Pourtant le plus utilisé est apache. Celui qui progresse le plus rapidement est nginx.
J'arrête là. On peut trouver dans plein de domaines des logiciels libres qui sont des références. Est ce que c'est simple ? La plupart du temps non. Mais ils l'ont fait.
Une dernière note : pour une équipe qui cherche à faire un logiciel de qualité, faire du non libre est un mauvais début. Parce que le fait d'être libre est, pour moi, une qualité du logiciel. Autant que pourrait l'être le graphisme ou la jouabilité.
Si le logiciel n'est pas libre, ça ne sera de toutes façons pas installable dans mes paquets main. Donc je ne l'installerait pas. Alors un jeu trop de la balle kikoolol qui déchire, ça me fait ni chaud ni froid si je ne peux pas l'utiliser. Autant qu'il soit un peu moins bien et utilisable.
En tout cas, j'ai déjà entendu parler de Warsow, je n'avais pas d'avis sur le jeu en lui même, mais je saurais désormais qu'il ne faut pas le conseiller.
[1] Qu'il m'arrive même d'écouter sans y jouer. Oui, j'ai honte. Mais que c'est bon.
[^] # Re: Incohérant
Posté par hercule_savinien . En réponse au journal Warsow, le pragmatisme versus la liberté. Évalué à 5.
Je ne comprends pas trop la phrase.
Oui, il y a peu de petits projets libres qui ont du succès. Par définition. Si les « petits » projets libres ont du succès, fatalement, ça deviendrait un gros projet libre.
Maintenant, je ne suis pas, mais alors pas du tout, convaincu par leur argumentation.
Est ce que c'est possible de faire un grand jeu libre de qualité et qui soit une référence dans son domaine ?
Oui, par exemple Wesnoth. Excellents graphismes (libres) très bonnes (et prenantes) musiques (libres)[1], une jouabilité excellente, des scénarios passionnants, des règles un peu compliquées à appréhender au début, mais qui donnent du piquant au jeu (plus c'est complexe, plus c'est subtil), un système d'extension et de jeu en ligne qui rendent les possibilités infinies.
D'ailleurs on peut noter que ce dernier point est une grande force du libre (et de certains logiciels proprios pas trop cons). On retrouve un Wesnoth de base (celui qu'on installe avec apt) et un Wesnoth par joueur (du moins par développeur d'extensions). De même avec Firefox, développé par Mozilla qui n'est pas la même chose que mon Firefox avec pentadactyl (et plein d'autres extensions).
Autre exemple : armagetron, qui est un clone du jeu de moto qu'on peut voir dans le film tron (le premier) : La règle est simple. C'est une sorte de jeu de serpent à queue infinie. Puis finalement, on a pu avoir des queues finies. Et puis le jeu en ligne est arrivé avec le lag inhérent aux jeux sur le Net. Du coup on a du rubber (en simple, un ralentissement du temps qui permet de ne pas exploser tout de suite à l'approche des murs). Du coup sont nés des serveurs high rubber (dans lesquels on peut avoir l'impression de toucher un mur et se diriger encore vers lui pendant plusieurs dizaines de secondes). Puis sont apparus les capture the flags. Des petites zones représentent des drapeaux, des grandes zones représentent des bases. Puis sont apparues les zones qui permettent de jouer en mode fort. L'idée c'est d'être plus nombreux que l'adversaire dans son fort pendant un certain temps pour gagner. Puis sont apparus les sumos. Même règles, sauf qu'on gagne quand il n'y a plus aucun adversaire dans sa propre zone.
Bref, entre un logiciel et ce que les gens font du logiciel, il y a parfois un monde qui n'a plus rien à voir. que Warsow limite ça, c'est inquiétant.
Maintenant, replongeons nous quelques années en arrière. Est ce que ce serait simple, à votre avis, de faire une encyclopédie libre ? À l'époque, la référence en papier, c'était Universalis en France, Britanica au Royaume Uni, Encarta en version numérique. Qui croyait que Wikipedia exploserait tous ses concurrents ? Peu de monde. Moi je n'y croyais pas au début. Pourtant je ne suis pas dans les derniers inscrits (début 2004).
Est ce que c'est simple de faire un kernel libre ? Non. Pourtant certains l'ont fait.
Est ce que c'est simple de faire un serveur HTTP libre ? Pourtant le plus utilisé est apache. Celui qui progresse le plus rapidement est nginx.
J'arrête là. On peut trouver dans plein de domaines des logiciels libres qui sont des références. Est ce que c'est simple ? La plupart du temps non. Mais ils l'ont fait.
Une dernière note : pour une équipe qui cherche à faire un logiciel de qualité, faire du non libre est un mauvais début. Parce que le fait d'être libre est, pour moi, une qualité du logiciel. Autant que pourrait l'être le graphisme ou la jouabilité.
Si le logiciel n'est pas libre, ça ne sera de toutes façons pas installable dans mes paquets main. Donc je ne l'installerait pas. Alors un jeu trop de la balle kikoolol qui déchire, ça me fait ni chaud ni froid si je ne peux pas l'utiliser. Autant qu'il soit un peu moins bien et utilisable.
En tout cas, j'ai déjà entendu parler de Warsow, je n'avais pas d'avis sur le jeu en lui même, mais je saurais désormais qu'il ne faut pas le conseiller.
[1] Qu'il m'arrive même d'écouter sans y jouer. Oui, j'ai honte. Mais que c'est bon.
Le FN est un parti d'extrême droite