• [^] # Re: La vidéo

    Posté par . En réponse au journal Voltaire n’est pas mon ami. Évalué à -2. Dernière modification le 29 juillet 2012 à 10:35.

    Bon, ben… j’ai voulu attendre pour voir. Mais aucune réaction.

    Donc, j’explique mon idée. Tout ceci part du sexisme de nos société (cf. http://linuxfr.org/users/marciun/journaux/voltaire-est-mon-ami), je vais donc le prendre en exemple.

    Y’a l’establishment (linuxfr ou pas), chargé de prêcher la bonne parole. En l’occurence les blagues sexistes « c’est pas bien ». Les auto-proclamés féministes rappliquent, tout dans la posture « c’est pas bien ». Je vais revenir sur cette notion de posture.

    Y’a le clown, c’est le fameux journal « Voltaire est mon ami » (j’espère que l’auteur ne m’en tiendra pas rigueur, ce n’est pas péjoratif). Lui se moque de cette posture prise par l’establishment (à raison puisque c’est surtout une posture).

    Y’a la danseuse. Là c’est le clown qui devient juste l’idiot utile du système. Notre société a plein de défaut, énormément, les humoristes médiatisés font ça très bien de dénoncer tout ces défauts (sexisme ordinaire y compris). La danseuse est la soupape de sécurité : on rigole un bon coup de nos travers, et on s’y replonge une fois le numéro terminé. La danseuse a aussi un rôle de justification : « voyez on a la liberté d’expression », le sous-entendu patent est « on est tellement tolérant qu’on laisse dire des conneries ». Mais… et si c’était pas des conneries ?

    Les problèmes arrivent lorsqu’on prétend analyser et résoudre les travers de la société, c’est-à-dire apporter une argumentation à la critique de la société, et les moyens d’améliorer notre société. Là on rigole plus : on prouve que ce qui faisait rigoler juste avant, c’est loin d’être une connerie, un blague, mais au contraire une critique argumentée de la société. Là on sort de la posture, de la prise de position, de l’opinion pour vraiment chercher à résoudre les problèmes sociaux. Toujours sur la question du sexisme : ce sont exactement les mêmes personnes, y compris sur linuxfr, qui vont à la fois se dire féministes, râler contre la blague sexiste, et refuser catégoriquement tout quota homme/femme ou des mesures d’égalités salariales. C’est pourtant un bon moyen de réduire le système patriarcal (qui repose en partie sur la dépendance économique de la femme)… mais voilà… c’est une contrainte… on quitte le discours pour entrer dans l’acte. Et là tu perds les trois quarts des auto-proclamés féministes.

    Maintenant prend un humoriste quelconque, il sera médiatisé/accepté pourvu qu’il reste dans le registre de la danseuse. Qu’il commence par faire une analyse dérangeante de la société, à dénoncer, puis à donner des clefs de solution… et là il perdra tout crédit. C’est exactement le sens du sketch clown/danseuse de Lepage : lorsque celui-ci s’est mis à avoir des arguments fouillés, on a commencé à ne plus l’écouter.

    Ce que tu disais :

    Mais ce que ce journal apporte c'est de la diversité, un sentiment plaisant que n'importe qui est libre d'exprimer n'importe quoi (dans des limites raisonnables s'entend)

    Voilà donc où se situe les « limites raisonnables » dans mon esprit : dénoncer? oui, critiquer? oui, le mauvais goût? l’humour noir? encore une fois oui, (se) remettre en cause? résoudre? non.

    C’est pour ça que j’aurai aimé voir les retours sur Lepage (que je ne connaissais pas personnellement, donc que je suppose peu médiatisé). Après tout son spectacle est de bonne facture, rigolo et tout… mais voilà… dans son spectacle y’a du discours très (très) politisé…

    Ce fut un foirage total ^ (vidéo trop longue et aucune explication… ça aide pas)