• [^] # Re: L'avis d'Eben Moglen

    Posté par . En réponse au journal L'esprit UNIX, une culture des mots. Évalué à 5.

    Je plussoie de toutes mes forces tout ton argumentaire. Le gros problème de l'informatique aujourd'hui n'est pas que les gens ne sont pas libres, qu'ils utilisent des outils mauvais ou qu'ils les utilisent mal, mais simplement qu'ils ne savent pas les utiliser.

    Contrairement à ce que les marketeux de chez Apple ou Microsoft (pour prendre les cas typiques, mais on pourrait mettre Google, Canonical et plein d'autres dans le lot) veulent nous faire croire, utiliser un ordinateur n'est pas quelque chose d'évident. Mais bon, Apple et Microsoft vendent des produits, pas des outils.

    Utiliser l'outil informatique nécessite de savoir utiliser la machine, et donc de la comprendre un minimum. Et cela nécessite un apprentissage basé sur l'interaction avec celle-ci, via un langage. À vouloir faire des interfaces graphiques pour sots et malcomprenants, des boutons partout avec des icônes faciles à comprendre pour la population qui partage les repères culturels des designers, on se retrouve avec une population passive, qui "consomme" l'informatique au lieu de se l'approprier. Et après il ne faut pas s'étonner que les gens ne réfléchissent pas à leur libertés informatiques, se soient pas intéressés par le libre, ou tombent dans les pièges béants du vote électronique. À ce propos :

    Citation :

    Il y a aussi des gens qui ne savent pas ce qu'un ordinateur peut faire. Pour eux, un ordinateur, tu appuies sur "i", ça affiche un "i" dans le programme ouvert. Donc si tu appuies sur "ploum", ça vote pour "ploum" et pas pour "Zenitram".

    Citation :

    pour une bonne partie de la population (dixit les commentaires), un vote par Internet «fiable» est un vote par Internet où on a une jolie interface qui réagit avec de jolis messages à ce qu'on entre.

    Pour tous ces gens, la question de savoir ce qui se passe de l'autre côté de la jolie page web est complètement secondaire. Par défaut, ils font confiance. Comme dit plus haut :

    « L'effet pervers du vote électronique est qu'il met en oeuvre des ordinateurs pour fonctionner et qu'à partir de là, 75% des gens démissionnent en matière de réflexion car "si y'a un ordinateur, c'est que c'est compliqué et que des gens ont bien dû penser à tout pour que ça fonctionne". »