2- de bloquer du temps où chacun devra faire de la politique. Par exemple on interdit par la loi de travailler le jeudi (au hasard) et on fiance et organise des activités de réflexion politique
C'est une excellente idée, et on peut commencer par être plus intransigeant envers les jours qui font déjà l'objet d'une interdiction de travail comme le dimanche et certains jours feriés.
Historiquement, le repos dominical n'est pas vraiment républicain : les lumières n'étaient déjà pas de grands défenseurs du dimanche, et avec le passage à la semaine de dix jours, il n'y avait plus que 36 jours chômés ordinaires (décadi) au lieu de 52 (dimanche). La réduction avait affecté aussi les jours chomés extraordinaires (fête), en divisant leur nombre par 5 (de 25 à 5). Si le calendrier révolutionnaire n'a pas fait long feu, il a fallu attendre Louis 18 pour restaurer le repos dominical, et la 3ème république s'empressa d'abroger cette loi "non républicaine". Pendant la révolution industrielle certaines personnalités comme Montalembert ont travaillé à le restaurer mais sans grand succès. Il faut attendre 1906 pour qu'une loi interdisant le travail le dimanche soit votée par une chambre républicaine. C'est un tournant décisif, car cela signifie que le repos dominical n'est plus seulement une préoccupation catholique (et souvent monarchiste), mais aussi républicaine.
Ironie de l'histoire, à peine un siècle plus tard en 2012, la plupart des catholiques ont démissionné et dans l'imaginaire collectif, ce sont les syndicats de gauches comme FO qui apparaissent comme défenseurs du dimanche. On observe donc un renversement. La CFTC, un des plus anciens syndicats français (1919) avec la CGT (1895), a de plus en plus de mal à assumer son christianisme, et comme elle est peut-être la dernière confédération à associer repos dominical (légitime pour tous) et culte (qui ne concerne qu'une part de la population), elle ose moins, de peur d'être confondue avec un certain intégrisme. À coté le socialisme athée n'a rien à prouver. Après la révolution, il a fallu plus d'un siècle pour que la république (et la pensée républicaine) s'approprie le repos dominical.
Après la révolution, il a fallu deux siècles pour que l'on puisse voir des Français de tout bord politique défendre ensemble un jour ferié comme le lundi de pentecôte : peu importe qui a fixé ce jour, il importe à tout le monde d'avoir des jours feriés, c'est nécessaire à la santé de la société.
Le repos dominical n'a pas toujours été républicain ? J'ai envie de dire : on s'en moque aujourd'hui. Ce qui est certain, c'est que c'est désormais une nécessité pour l'avenir de notre république. On pourrait rétorquer "et pourquoi le dimanche et pas un autre jour ?", j'ai envie de répondre "peu importe qui a fixé ce jour". Avant d'inventer un jeudi ou un môrdi, réapproprions-nous le dimanche comme un jour de société. La politique c'est d'abord la vie de la Cité, ça n'est pas que voter, c'est aussi se retrouver en famille, entre amis, entre voisins, se former et débattre.
Dans le contexte actuel de crise économique, certains shadoks pensent qu'ils faudrait que les citoyens consomment toujours plus, et le repos dominicain est malmené. Mais ce dont a besoin la France et sa république, ce ne sont pas des consommateurs aveuglés, ce sont des citoyens qui aient l'esprit clair, formé et disponible pour suggérer des solutions. Le repos hebdomadaire n'a de sens que s'il est pris en même temps que tout le monde, où bien il ne peut y avoir ni débat ni partage.
L'homme a besoin d'un jour de repos par semaine, la république a besoin que les citoyens soient en repos en même temps.
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
[^] # Re: Quelques pistes pour résoudre le problème
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal La démocratie est elle simplement un ensemble de droits ?. Évalué à 7.
C'est une excellente idée, et on peut commencer par être plus intransigeant envers les jours qui font déjà l'objet d'une interdiction de travail comme le dimanche et certains jours feriés.
Historiquement, le repos dominical n'est pas vraiment républicain : les lumières n'étaient déjà pas de grands défenseurs du dimanche, et avec le passage à la semaine de dix jours, il n'y avait plus que 36 jours chômés ordinaires (décadi) au lieu de 52 (dimanche). La réduction avait affecté aussi les jours chomés extraordinaires (fête), en divisant leur nombre par 5 (de 25 à 5). Si le calendrier révolutionnaire n'a pas fait long feu, il a fallu attendre Louis 18 pour restaurer le repos dominical, et la 3ème république s'empressa d'abroger cette loi "non républicaine". Pendant la révolution industrielle certaines personnalités comme Montalembert ont travaillé à le restaurer mais sans grand succès. Il faut attendre 1906 pour qu'une loi interdisant le travail le dimanche soit votée par une chambre républicaine. C'est un tournant décisif, car cela signifie que le repos dominical n'est plus seulement une préoccupation catholique (et souvent monarchiste), mais aussi républicaine.
Ironie de l'histoire, à peine un siècle plus tard en 2012, la plupart des catholiques ont démissionné et dans l'imaginaire collectif, ce sont les syndicats de gauches comme FO qui apparaissent comme défenseurs du dimanche. On observe donc un renversement. La CFTC, un des plus anciens syndicats français (1919) avec la CGT (1895), a de plus en plus de mal à assumer son christianisme, et comme elle est peut-être la dernière confédération à associer repos dominical (légitime pour tous) et culte (qui ne concerne qu'une part de la population), elle ose moins, de peur d'être confondue avec un certain intégrisme. À coté le socialisme athée n'a rien à prouver. Après la révolution, il a fallu plus d'un siècle pour que la république (et la pensée républicaine) s'approprie le repos dominical.
Après la révolution, il a fallu deux siècles pour que l'on puisse voir des Français de tout bord politique défendre ensemble un jour ferié comme le lundi de pentecôte : peu importe qui a fixé ce jour, il importe à tout le monde d'avoir des jours feriés, c'est nécessaire à la santé de la société.
Le repos dominical n'a pas toujours été républicain ? J'ai envie de dire : on s'en moque aujourd'hui. Ce qui est certain, c'est que c'est désormais une nécessité pour l'avenir de notre république. On pourrait rétorquer "et pourquoi le dimanche et pas un autre jour ?", j'ai envie de répondre "peu importe qui a fixé ce jour". Avant d'inventer un jeudi ou un môrdi, réapproprions-nous le dimanche comme un jour de société. La politique c'est d'abord la vie de la Cité, ça n'est pas que voter, c'est aussi se retrouver en famille, entre amis, entre voisins, se former et débattre.
Dans le contexte actuel de crise économique, certains shadoks pensent qu'ils faudrait que les citoyens consomment toujours plus, et le repos dominicain est malmené. Mais ce dont a besoin la France et sa république, ce ne sont pas des consommateurs aveuglés, ce sont des citoyens qui aient l'esprit clair, formé et disponible pour suggérer des solutions. Le repos hebdomadaire n'a de sens que s'il est pris en même temps que tout le monde, où bien il ne peut y avoir ni débat ni partage.
L'homme a besoin d'un jour de repos par semaine, la république a besoin que les citoyens soient en repos en même temps.
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