• [^] # Re: Ca tombe bien

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Jolla, la continuité de MeeGo. Évalué à 2.

    Le problème des miracles c'est que, par définitions, ils défient l'entendement, la raison, et le sens commun. Sinon, ils seraient plutôt rangés dans des catégories comme faits divers ou heureuses coïncidences. Du coup, personne de sérieux ne peut prétendre juger de la crédibilité d'un miracle sur la seule base des faits relatés. Par définition un miracle n'est pas crédible et essayer de juger des faits à l'aide d'un « rasoir d'Ockham » relève donc d'une candeur touchante.

    D'un point de vue historique, il me semble donc que seulement deux positions concernant le jugement sur la réalité des miracles sont défendables : soit partir du principe qu'il n'existe pas de miracle, fin de tout débat ; soit se baser sur l'analyse des témoignages d'époque. Rien n'empêchant par ailleurs d'avoir un jugement plus où moins réservé sur ces événements et leurs causes. L'église catholique — à l'instar de nombre de personnes s'étant confrontés à la complexités du monde et s'étant donc rendues compte qu'elle est bien supérieure à leur faculté d'appréhension — considère que le terme miracle fait sens. Partant, la raison veut qu'ils se basent sur les relations historiques pour l'analyse ; et quelle autre position adopter sauf à se parer de superbe et à poser son intelligence en juge des temps et des lieux.

    Le débat ne devrait-il pas plutôt concerner l'interprétation du miracle que sa réalité qui n'est de toutes façons pas accessible à la science ? Par exemple, l'église romaine attribue les miracles à Dieu, ou à divers sous divinités (saints, anges…) sans pour autant en contester l'éventuelle qualité naturelle. Des rationalistes voudront plutôt y voir des événements purement naturels, voire systématiquement des fables. Et cætera. Le rasoir d'Ockham devient là un instrument éventuellement pertinent puisqu'employé à bonne escient : chercher les causes les plus simples, les plus évidentes… Mais encore une fois les avis divergeront car tout ceci n'est nullement vérifiable. Tel croyant trouvera comme cause simple « c'est Dieu », tel autre proclamera fièrement « c'est une fable ». Et les plus enflammés des fanatiques tenteront d'imposer leur point de vue au reste d'entre nous.

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace