• [^] # Re: FDG

    Posté par . En réponse au journal 0,76% de moyenne nationale pour le parti pirate, déception. Évalué à 5. Dernière modification le 13 juin 2012 à 15:58.

    Mais on sait bien maintenant que la psyché et le comportement humain est en parti dicté par des mécanismes parfois puissant, peu perceptible au sens premier, mais accessible par la raisons et l'observation concentrée. Et les notions de "volonté", "désir" deviennent plus flou, ou au moins plus discutable. Mais c'est vrai que l'on rentre plus dans des cas particulier ou la zone publique et politique perd de sa pertinence. Franchement je sais pas, mais quoi penser des enfants qui ont des rapports sexuel avec des adultes et où les deux disent s'aimer et se respecter ? Je n'inventes rien, c'est quelque chose de connu. Est ce que Zeni va dire aussi que c'est la police des moeurs qui vient interdire ça et qu'il faudrait légaliser et respecter la volonté et liberté individuelle ?

    Tu soulèves des questions intéressantes. Mais oui, je pense que c'est en définitive uniquement une question de morale. Y compris dans le cas des enfants ayant des rapports sexuels (ou disons, des attouchements sans pénétration) avec des adultes : en définitive, si tu t'attaches à l'acte lui-même, il est la plupart du temps moins intrusif, moins violent, moins irréversible qu'une circoncision ou un piercing à l'oreille. Ces deux derniers gestes sont socialement acceptés, considérés comme positifs, la morale de la société les accepte, et c'est ce qui fait qu'ils ne sont pas vécus comme traumatisants. Alors qu'un attouchement sera considéré comme traumatisant, et le sera, réellement.

    Ça ne signifie pas que la souffrance n'existe pas dès qu'elle est socialement induite : cette souffrance, causée par le regard d'autrui, causée par le fait que l'adulte va avoir un comportement particulier (du fait qu'il enfreint la loi et doit se cacher/ruser/mentir), est réelle et doit être prise avec autant de sérieux que s'il s'agissait d'une souffrance physique, il n'y a aucun doute à ce sujet.

    Simplement, on a un aller-retour entre, d'une part cette notion de "libre arbitre / aliénation" chez l'individu, et d'autre part la société, qui va imposer des règles, suggérer des morales, parfois se contredire (la culture des jeunes hommes autour de l'automobile valorise la prise de risque, la loi et les compagnies d'assurance valorisent la prudence).

    À mon avis, il faut privilégier autant que possible la liberté, et éduquer l'ensemble de la société à la tolérance.

    Pour reprendre ton exemple de rapports entre des enfants et des adultes :

    Nous vivons dans une société qui fait en sorte que de tels rapports sont automatiquement considérés comme des agressions. Cette société condamne de tels rapports, et, incidemment, écrase toute relation entre un enfant et un adulte qui serait sincère et basée sur le respect mutuel. Elle l'écrase à la fois parce que la loi l'interdit, et également parce que la morale publique le condamne (autrement dit, une telle relation qui commencerait par des bases saines serait inévitablement pourrie par le mensonge, la dissimulation, l'évitement du reste de la société. L'adulte aurait le choix entre mentir à l'enfant afin qu'il se taise, ou lui faire porter un secret très lourd.)

    Une société qui supprimerait les lois interdisant de tels rapports, et ne ferait rien d'autre (n'évoluerait pas dans ses mentalités) serait une société dangereuse pour les enfants. Parce qu'il continuerait à y avoir une morale publique qui condamnerait violemment une telle relation, et cette morale induirait un comportement vicié chez les adultes et un sentiment de culpabilité chez les enfants.

    Une société "idéale" serait une société capable d'enquêter sur une telle relation si elle était douteuse, de condamner ou pas l'adulte en fonction d'une appréciation minutieuse du ressenti et de la capacité de compréhension de l'enfant, et dans laquelle les individus non concernés ne porteraient pas de jugement moral sur une telle relation, mais un regard vigilant "au cas où". Le même regard vigilant qu'on jette quand un adulte joue au ballon avec un enfant, parce qu'on ne porte pas de regard moral sur les jeux de ballon, alors qu'on en porte sur la sexualité. Bref, une société qui ferait en sorte de ne pas imposer de modèle aux gens qui y vivent, tout en veillant à une protection efficace des libertés ET des droits de chacun. Je ne dis pas que c'est simple ou réalisable, mais je pense qu'on devrait tendre vers un tel modèle.

    THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.