Existe-t-il alors un cadre, un idéal (économique) qui sans se prononcer aucunement sur la vente de service sexuel, n'en verrait pas l'apparition ? Les gens ferait simplement l'amour ou le sexe, sans brimade morale, économique ou sociétal ?
Bonne question ! Ce qui est étonnant avec l'abolition de la prostitution (et avec d'autres combats féministes, d'ailleurs), c'est qu'elle est défendue en pointant systématiquement des problèmes de société qui n'ont pas à voir qu'avec la prostitution.
Le fait que quelqu'un soit contraint d'exercer un métier qui lui déplaît, afin de survivre, EST en soi un problème. On évoque le fait que, si la prostitution devait être légalisée et encadrée, on pourrait la proposer comme activité aux chômeurs et radier ceux qui refusent : Ce qui pose problème n'est pas la prostitution dans un tel cas, mais le fait de tenter d'imposer aux gens un métier qui pour une raison X ou Y leur déplaît.
Idem pour les immigrées clandestines contraintes de se prostituer pour le réseau qui leur a fait traverser la frontière : ce n'est pas un problème s'il s'agit d'ouvriers du bâtiment sans papier ? Ce ne serait pas un problème si on imposait une autre activité à ces femmes ?
J'ai l'impression que sur certains fronts, les solutions défendues par le monde politique au nom du féminisme sont le résultat d'une lecture inadéquate de la société.
Autre exemple, le cas des violences familiales : on a eu assez récemment une loi "relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants", accompagnée d'un discours au sujet de la violence masculine exercée sur les enfants et les femmes. Soit.
Premièrement, comme on le disait plus haut avec Zenitram, ce qu'il faut c'est avant tout permettre aux gens victimes de violences de pouvoir sortir de cette situation. Si des femmes sont battues pendant des années par leur mari, c'est soit : 1) qu'elles acceptent cette situation, ou 2) qu'elles ne peuvent pas y échapper. Fournir des moyens d'y échapper (des lieux d'hébergement, des garanties d'éloignement physique, la garantie de pouvoir être protégé même si l'affaire n'est pas encore jugée, voire si la police prétend refuser la plainte..) me paraît être le premier axe de lutte contre de telles violences, avant le durcissement des peines. On pourrait bien instaurer la peine de mort pour toute violence conjugale, si une victime n'est pas certaine de pouvoir se mettre à l'abri après avoir dénoncé les violences, elle risque de se taire.
Deuxièmement, la violence familiale la plus répandue est celle exercée sur les enfants (et, au passage: elle est majoritairement commise par leur mère, information qui passe totalement sous silence dans le discours féministe qui parle abondamment de la violence masculine sur les femmes et les enfants). Alors que les enfants risquent, bien plus que les adultes, de se retrouver dans l'incapacité de chercher de l'aide, étant sous l'autorité de leurs parents.
Pourtant, la maltraitance infantile est moins prise en compte dans le discours politique (y compris "de gauche") que les violences entre adultes, le fait qu'elle soit exercée en majorité par des femmes est occulté, et on parle davantage de la supposée aliénation des femmes battues (autrement dit : il faut les sortir de là même si elles peuvent s'en sortir elles-mêmes), que de la réelle dépendance des mineurs vis à vis de parents violents.
Il me semble qu'un discours intelligent au sujet de la violence ne prendrait pas comme axe de réflexion, par exemple, la condition féminine, pour en déduire qu'il faut interdire la prostitution parce qu'on constate beaucoup de femmes victimes de violence dans cette activité, et puis une loi relative aux "violences faites aux femmes" parce qu'on a décidé de se concentrer sur les hommes qui battent des femmes, quitte à ajouter des notions douteuses et incertaines juridiquement comme la "violence psychologique" afin de ratisser le plus large possible.
On pourrait plutôt se dire que des individus, quel que soit leur sexe, sont victimes :
de conditions matérielles qui les pousse à faire des choses qu'ils ne veulent pas faire, afin de gagner assez d'argent pour survivre,
=> donc il faudrait garantir un minimum de ressources à toute personne, sans conditions du type "acceptez de devenir officier de police ou bien l'ANPE vous vire" ou bien "vous devez avoir plus de 25 ans"..
de violences auxquelles ils ne peuvent échapper, parce que la loi accorde un pouvoir immense à leur bourreau (cas des mineurs), et/ou parce qu'ils en dépendent matériellement, et/ou parce s'ils échappent à son emprise et portent plainte, ils risquent bien pire en revenant chez eux,
=> donc il faudrait par exemple permettre à toute personne (quel que soit son âge) de se placer "sous la protection" de l'état, quand bien même l'enquête ne prouverait aucune violence exercée à son égard (l'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence).
Ce sont juste des pistes, des idées sur un coin de table, je ne suis pas payé à plein temps pour siéger dans des commissions parlementaires, et pourtant j'ai l'impression de faire preuve de plus de bon sens et surtout d' "universalité" que les propositions et lois sur le sujet. Et encore une fois c'est ce qui me dérange avec le FdG, c'est le manque d'universalité de son programme, l'incapacité à tenir compte de cas particuliers (prostitution volontaire sans contrainte), ou de cas qui sont en dehors de leur prisme idéologique (violence majoritairement féminine sur les enfants).
Pour en revenir à ta première question :
Existe-t-il alors un cadre, un idéal (économique) qui sans se prononcer aucunement sur la vente de service sexuel, n'en verrait pas l'apparition ?
Aucune idée. Mais il y a actuellement un syndicat, le STRASS, composé de gens qui militent pour défendre leurs droits de prostitué-e-s. Et, d'après leur discours, si du jour au lendemain on supprimait toutes les contraintes (économie, violence..) qui forcent des personnes à ce prostituées, il resterait au moins les membres du STRASS.
Donc oui, je pense que même dans un cadre idéal où personne ne serait poussé vers la prostitution par une contrainte extérieure, des gens exerceraient tout de même cette activité.
THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.
[^] # Re: FDG
Posté par Grunt . En réponse au journal 0,76% de moyenne nationale pour le parti pirate, déception. Évalué à 6.
Bonne question ! Ce qui est étonnant avec l'abolition de la prostitution (et avec d'autres combats féministes, d'ailleurs), c'est qu'elle est défendue en pointant systématiquement des problèmes de société qui n'ont pas à voir qu'avec la prostitution.
Le fait que quelqu'un soit contraint d'exercer un métier qui lui déplaît, afin de survivre, EST en soi un problème. On évoque le fait que, si la prostitution devait être légalisée et encadrée, on pourrait la proposer comme activité aux chômeurs et radier ceux qui refusent : Ce qui pose problème n'est pas la prostitution dans un tel cas, mais le fait de tenter d'imposer aux gens un métier qui pour une raison X ou Y leur déplaît.
Idem pour les immigrées clandestines contraintes de se prostituer pour le réseau qui leur a fait traverser la frontière : ce n'est pas un problème s'il s'agit d'ouvriers du bâtiment sans papier ? Ce ne serait pas un problème si on imposait une autre activité à ces femmes ?
J'ai l'impression que sur certains fronts, les solutions défendues par le monde politique au nom du féminisme sont le résultat d'une lecture inadéquate de la société.
Autre exemple, le cas des violences familiales : on a eu assez récemment une loi "relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants", accompagnée d'un discours au sujet de la violence masculine exercée sur les enfants et les femmes. Soit.
Premièrement, comme on le disait plus haut avec Zenitram, ce qu'il faut c'est avant tout permettre aux gens victimes de violences de pouvoir sortir de cette situation. Si des femmes sont battues pendant des années par leur mari, c'est soit : 1) qu'elles acceptent cette situation, ou 2) qu'elles ne peuvent pas y échapper. Fournir des moyens d'y échapper (des lieux d'hébergement, des garanties d'éloignement physique, la garantie de pouvoir être protégé même si l'affaire n'est pas encore jugée, voire si la police prétend refuser la plainte..) me paraît être le premier axe de lutte contre de telles violences, avant le durcissement des peines. On pourrait bien instaurer la peine de mort pour toute violence conjugale, si une victime n'est pas certaine de pouvoir se mettre à l'abri après avoir dénoncé les violences, elle risque de se taire.
Deuxièmement, la violence familiale la plus répandue est celle exercée sur les enfants (et, au passage: elle est majoritairement commise par leur mère, information qui passe totalement sous silence dans le discours féministe qui parle abondamment de la violence masculine sur les femmes et les enfants). Alors que les enfants risquent, bien plus que les adultes, de se retrouver dans l'incapacité de chercher de l'aide, étant sous l'autorité de leurs parents.
Pourtant, la maltraitance infantile est moins prise en compte dans le discours politique (y compris "de gauche") que les violences entre adultes, le fait qu'elle soit exercée en majorité par des femmes est occulté, et on parle davantage de la supposée aliénation des femmes battues (autrement dit : il faut les sortir de là même si elles peuvent s'en sortir elles-mêmes), que de la réelle dépendance des mineurs vis à vis de parents violents.
Il me semble qu'un discours intelligent au sujet de la violence ne prendrait pas comme axe de réflexion, par exemple, la condition féminine, pour en déduire qu'il faut interdire la prostitution parce qu'on constate beaucoup de femmes victimes de violence dans cette activité, et puis une loi relative aux "violences faites aux femmes" parce qu'on a décidé de se concentrer sur les hommes qui battent des femmes, quitte à ajouter des notions douteuses et incertaines juridiquement comme la "violence psychologique" afin de ratisser le plus large possible.
On pourrait plutôt se dire que des individus, quel que soit leur sexe, sont victimes :
de conditions matérielles qui les pousse à faire des choses qu'ils ne veulent pas faire, afin de gagner assez d'argent pour survivre,
=> donc il faudrait garantir un minimum de ressources à toute personne, sans conditions du type "acceptez de devenir officier de police ou bien l'ANPE vous vire" ou bien "vous devez avoir plus de 25 ans"..
de violences auxquelles ils ne peuvent échapper, parce que la loi accorde un pouvoir immense à leur bourreau (cas des mineurs), et/ou parce qu'ils en dépendent matériellement, et/ou parce s'ils échappent à son emprise et portent plainte, ils risquent bien pire en revenant chez eux,
=> donc il faudrait par exemple permettre à toute personne (quel que soit son âge) de se placer "sous la protection" de l'état, quand bien même l'enquête ne prouverait aucune violence exercée à son égard (l'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence).
Ce sont juste des pistes, des idées sur un coin de table, je ne suis pas payé à plein temps pour siéger dans des commissions parlementaires, et pourtant j'ai l'impression de faire preuve de plus de bon sens et surtout d' "universalité" que les propositions et lois sur le sujet. Et encore une fois c'est ce qui me dérange avec le FdG, c'est le manque d'universalité de son programme, l'incapacité à tenir compte de cas particuliers (prostitution volontaire sans contrainte), ou de cas qui sont en dehors de leur prisme idéologique (violence majoritairement féminine sur les enfants).
Pour en revenir à ta première question :
Aucune idée. Mais il y a actuellement un syndicat, le STRASS, composé de gens qui militent pour défendre leurs droits de prostitué-e-s. Et, d'après leur discours, si du jour au lendemain on supprimait toutes les contraintes (économie, violence..) qui forcent des personnes à ce prostituées, il resterait au moins les membres du STRASS.
Donc oui, je pense que même dans un cadre idéal où personne ne serait poussé vers la prostitution par une contrainte extérieure, des gens exerceraient tout de même cette activité.
THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.