Une majorité (semble t il) des gens : même lorsqu'un camion leur roule dessus ils se croient coupables.
C'est en grande partie la culture des individus qui détermine s'ils sont "coupables" ou "victime", oui.
À partir des années 30 et jusque vers 70 ( source l'alcool était considéré comme une circonstance atténuante des accidents automobiles. Il est devenu une circonstance aggravante. Tu peux être certain qu'il y a un demi-siècle, les gens qui avaient un accident en étant bourré se sentaient, pour la plupart, moins coupables que s'ils avaient été à jeun. Et maintenant, le fait d'avoir bu les ferait se sentir davantage coupables. Ce que je trouve intéressant dans cette prise de recul, c'est que le sentiment relatif de culpabilité (aggravée ou amoindrie) des individus est dans les deux cas ce qu'il y a de plus sincère :)
Qu'est-ce qui fait la différence entre la détresse psychologique d'une jeune fille tripotée par son père à l'âge de 5 ans, et un jeune garçon circoncis à l'âge de 5 ans ? Pas la gravité de l'atteinte physiologique, non : c'est uniquement la société, via les rôles qu'elle assigne à chacun, via ses interdits (inceste) et ses obligations (intégration à une communauté), via le silence honteux dont elle va entourer le premier événement, et la fête somptueuse dont elle va célébrer le deuxième, qui détermineront les sentiments d'injustice.
Qu’on se souvienne donc des fameux procès de sorcellerie : à cette époque, les juges les plus clairvoyants et les plus humains ne doutaient pas qu’il n’y eût là culpabilité ; les « sorcières » elles-mêmes n’en doutaient pas, - et pourtant la culpabilité n’existait pas. (Nietzsche, Généalogie de la morale).
Du coup, il me semble qu'on peut maintenir ceci :
le fait de décider que les gens doivent être sortis de force, ou pas, d'une situation, à condition qu'ils puissent en sortir eux-mêmes, n'est au final que l'expression d'une morale sociale (le choix d'un modèle de société, plutôt qu'un autre).
Après, on peut se poser la question du conditionnement, et en rapport avec celui-ci, de la nécessité de protéger les enfants contre leurs propres "décisions" avant l'âge de la majorité.
D'ailleurs, je m'étonne que, pour la question du conditionnement (autrement dit, la reproduction des normes sociales, donc de la "morale"), le FdG ne soit pas plus offensif, dans son programme, au sujet des publicités sexistes, des jouets sexistes.. pour le coup, ce ne sont pas des libertés d'individus qu'on attaquerait (et je pense que la liberté individuelle doit être "sanctuarisée" par la gauche si elle veut éviter la tentation de la dictature prétendument "bienveillante"), mais bien l'abstraite liberté d'entreprendre. Il ne s'agit pas d'interdire à des entreprises de gagner de l'argent, mais de modifier les conditions selon lesquelles elles le font (interdiction de présenter un jouet entre 0 et 12 ans comme sexué, par exemple).
THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.
[^] # Re: FDG
Posté par Grunt . En réponse au journal 0,76% de moyenne nationale pour le parti pirate, déception. Évalué à 4.
C'est en grande partie la culture des individus qui détermine s'ils sont "coupables" ou "victime", oui.
À partir des années 30 et jusque vers 70 ( source l'alcool était considéré comme une circonstance atténuante des accidents automobiles. Il est devenu une circonstance aggravante. Tu peux être certain qu'il y a un demi-siècle, les gens qui avaient un accident en étant bourré se sentaient, pour la plupart, moins coupables que s'ils avaient été à jeun. Et maintenant, le fait d'avoir bu les ferait se sentir davantage coupables. Ce que je trouve intéressant dans cette prise de recul, c'est que le sentiment relatif de culpabilité (aggravée ou amoindrie) des individus est dans les deux cas ce qu'il y a de plus sincère :)
Qu'est-ce qui fait la différence entre la détresse psychologique d'une jeune fille tripotée par son père à l'âge de 5 ans, et un jeune garçon circoncis à l'âge de 5 ans ? Pas la gravité de l'atteinte physiologique, non : c'est uniquement la société, via les rôles qu'elle assigne à chacun, via ses interdits (inceste) et ses obligations (intégration à une communauté), via le silence honteux dont elle va entourer le premier événement, et la fête somptueuse dont elle va célébrer le deuxième, qui détermineront les sentiments d'injustice.
Du coup, il me semble qu'on peut maintenir ceci :
le fait de décider que les gens doivent être sortis de force, ou pas, d'une situation, à condition qu'ils puissent en sortir eux-mêmes, n'est au final que l'expression d'une morale sociale (le choix d'un modèle de société, plutôt qu'un autre).
Après, on peut se poser la question du conditionnement, et en rapport avec celui-ci, de la nécessité de protéger les enfants contre leurs propres "décisions" avant l'âge de la majorité.
D'ailleurs, je m'étonne que, pour la question du conditionnement (autrement dit, la reproduction des normes sociales, donc de la "morale"), le FdG ne soit pas plus offensif, dans son programme, au sujet des publicités sexistes, des jouets sexistes.. pour le coup, ce ne sont pas des libertés d'individus qu'on attaquerait (et je pense que la liberté individuelle doit être "sanctuarisée" par la gauche si elle veut éviter la tentation de la dictature prétendument "bienveillante"), mais bien l'abstraite liberté d'entreprendre. Il ne s'agit pas d'interdire à des entreprises de gagner de l'argent, mais de modifier les conditions selon lesquelles elles le font (interdiction de présenter un jouet entre 0 et 12 ans comme sexué, par exemple).
THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.