• [^] # Re: Les fameux intérêts manquants...

    Posté par . En réponse au journal L'argent dette. Évalué à 8.

    Je pense que tu délires complètement. Je me demande d'où vient cette idée que la création monétaire est "gratuite". Si une banque prête 1000€ et que cette somme n'est pas remboursée, ses comptes sont à -1000€. Si ta banque a été créée avec un capital de 10000€ par ses actionnaires, elle ne vaut plus que 9000€, les actionnaires ont perdu 1000€ de vrai pognon dans l'affaire. Et quand les comptes deviennent négatifs, ils faut emprunter à d'autres banques et à la banque centrale. Et quand ça devient tellement négatif que personne ne veut plus prêter, soit la banque fait faillite, soit l'État doit entrer dans le capital pour sauver les épargnants.

    Les banques ne peuvent donc pas "fabriquer de l'argent qui n'existe pas", elles ne peuvent que "fabriquer de l'argent qui n'existe pas encore". C'est toute la différence, si l'argent qui n'existe pas encore n'existe pas du tout, alors la banque a un trou dans ses comptes.

    L'exemple classique de la banque A qui prête 1000€ à la banque B et vice versa, et que les deux banques ont donc ainsi 1000€ chacune, est bidon : chaque banque a 1000€, mais chaque banque a aussi -1000€ dans ses comptes. On est donc dans la situation initiale, sauf que les banques ont simplement échangé des dettes contre du pognon circulant. C'est exactement leur rôle, on ne peut pas leur reprocher de faire ça.

    Alors oui, on peut critiquer le système sur la base que les banques ont tendance à être beaucoup trop optimistes sur l'argent qui n'existe pas encore ; mais c'est justement l'origine de la crise.

    Ça serait quand même pas mal de ne pas virer dans la parano débile. Les banques font faillite parce qu'elles ont trop prêté et surestimé le pognon qui n'existait pas encore. Mais la crise financière n'a fait que révéler la crise des dettes souveraines, qui, elle, est basée sur un mécanisme bien plus malsain : les États pensaient pouvoir vivre à crédit éternellement. Le jour où le pognon arrête de tourner, chacun commence à regarder ses comptes, tout le monde se rend compte qu'il serait peut-être temps d'arrêter de refiler du pognon à tout le monde. C'est clair que, finalement, la crise n'a fait que révéler les excès de confiance passés, on peut considérer que c'est un assainissement de la situation, mais l'assainissement risque d'être un peu douloureux…