Ce qui fait mal vieillir, c'est la dépendance au système, pas son rejet. :)
Tu réponds sur la forme, mais tu n'avances rien du tout sur le fond. Et en plus tu réécris l'histoire car, non, la vision d'un état protecteur du grand capital n'est pas empruntée à l'idéologie communiste des années 1970, mais à la pensée libertaire du XIXe siècle (allez, j'inclus même Marx & co dedans, faisons fi du clash entre les libertaires et les "autoritaires", comme Bakounine qualifiait les Marxistes pendant la Iere Internationale…).
Dans le même genre, oser dire qu'une "très grande majorité" de personnes est favorable à l’État de droit est une évidence : liberté individuelle, autodétermination et autogestion supposent bien entendu que la raison l'emporte sur la loi du plus fort… J'imagine donc qu'en réalité tu voulais dire que les gens sont massivement en faveur d'une structure étatique, ce qui est cocasse dans un pays qui a connu deux révolutions prolétarienne en l'espace d'à peine un siècle : la Commune n'a échoué que parce que les Communards ont refusé de piller la Banque de France (ce qui aurait juste détruit le Capitalisme… Imagine le XXe siècle sans la Première Guerre Mondiale…), et le Général de Gaulle a quitté le territoire national pendant environ 48 heures en mai 1968, laissant le pouvoir vaquant et disponible. Le Capitalisme tient surtout debout par inertie : entre deux crises politiques majeures on revient simplement aux habitudes, notamment par peur du vide. :)
Après, l'histoire de l’État qui est au service du Capital mais qui protège quand même la veuve et l'orphelin ne tient pas debout : pourquoi laisser une fraction de la classe possédante vendre des OGM qui vont tuer la demande en tuant les gens ? Note qu'on peut poser la question autrement : pourquoi l’État veut-il règlementer les OGM alors qu'il laisse d'autres produits dangereux (tabac, alcool, etc.) en libre circulation. L'opium n'a été interdit en Chine qu'à l'arrivée du Capital colonialiste, tout simplement parce que les opiomanes ne sont pas exactement aptes à accepter d'aller travailler. :)
L'argument consistant à dédouaner l’État de sa responsabilité est particulièrement faible, car il suppose que l’État a toujours raison, qu'il ne peut donc jamais avoir tort et que donc toute faute est à rejeter sur une personne en particulier. L'Etat c'est Dieu : toujours là quand il se passe un truc qui foire, mais jamais responsable : c'est toujours la faute d'un humble être humain. "J'ai suivi les ordres, c'est pas ma faute." "J'ai été élu sur la base d'un programme, alors qu'on ne me reproche pas de l'avoir appliqué." Je te prends au mot : c'est trop facile de mettre sur le dos d'êtres humains les conséquences d'une organisation sociale déraisonnable.
Au passage, ton délire sur l’État-nation prouve une certaine méconnaissance de la situation réelle de la France : entre la Bretagne, la Corse, la Catalogne et le Pays Basque (auxquels on pourrait rajouter la Picardie et certainement d'autres, sans parler des anciennes colonies de l'époque où l’État considérait que le salariat ne concernait pas les personnes de couleur), elle m'a l'air bien morcelée ta nation-une-unique-et-indivisible. Heureusement que l'impunité policière et l'éducation nationale permettent de maintenir la cohésion sociale. :)
Tout ça pour en arriver au plus beau : l’État qui dans sa grande bonté me permet de m'exprimer. Tout en conservant à tout moment l'épée de Damoclès de la censure sur chacun-e d'entre nous : du CSA à la LOPPSI en passant par le "trouble à l'ordre public" et l'argument-massue du "délit de presse" (sic), l'arbitraire n'est jamais très loin…
Alors au final, même si je n'ai jamais parlé de bousiller des serveurs, je me permet simplement de positionner clairement les enjeux réels de cette loi Godfrain renforcée : produire de la peur et stigmatiser encore plus le mouvement hacker.
"En ce début de XXIe siècle, en France, être un hacker c’est être isolé et constamment menacé par la folie sécuritaire ambiante."
-- groupe DegenereScience, "Manifeste pour la création d'une organisation hacker en France", août 2009
La sincérité de nos larmes durcit l'acier de nos armes.
[^] # Re: Mouais
Posté par DecereBrain . En réponse à la dépêche La loi Godfrain sur la fraude informatique modifiée. Évalué à -1.
Ce qui fait mal vieillir, c'est la dépendance au système, pas son rejet. :)
Tu réponds sur la forme, mais tu n'avances rien du tout sur le fond. Et en plus tu réécris l'histoire car, non, la vision d'un état protecteur du grand capital n'est pas empruntée à l'idéologie communiste des années 1970, mais à la pensée libertaire du XIXe siècle (allez, j'inclus même Marx & co dedans, faisons fi du clash entre les libertaires et les "autoritaires", comme Bakounine qualifiait les Marxistes pendant la Iere Internationale…).
Dans le même genre, oser dire qu'une "très grande majorité" de personnes est favorable à l’État de droit est une évidence : liberté individuelle, autodétermination et autogestion supposent bien entendu que la raison l'emporte sur la loi du plus fort… J'imagine donc qu'en réalité tu voulais dire que les gens sont massivement en faveur d'une structure étatique, ce qui est cocasse dans un pays qui a connu deux révolutions prolétarienne en l'espace d'à peine un siècle : la Commune n'a échoué que parce que les Communards ont refusé de piller la Banque de France (ce qui aurait juste détruit le Capitalisme… Imagine le XXe siècle sans la Première Guerre Mondiale…), et le Général de Gaulle a quitté le territoire national pendant environ 48 heures en mai 1968, laissant le pouvoir vaquant et disponible. Le Capitalisme tient surtout debout par inertie : entre deux crises politiques majeures on revient simplement aux habitudes, notamment par peur du vide. :)
Après, l'histoire de l’État qui est au service du Capital mais qui protège quand même la veuve et l'orphelin ne tient pas debout : pourquoi laisser une fraction de la classe possédante vendre des OGM qui vont tuer la demande en tuant les gens ? Note qu'on peut poser la question autrement : pourquoi l’État veut-il règlementer les OGM alors qu'il laisse d'autres produits dangereux (tabac, alcool, etc.) en libre circulation. L'opium n'a été interdit en Chine qu'à l'arrivée du Capital colonialiste, tout simplement parce que les opiomanes ne sont pas exactement aptes à accepter d'aller travailler. :)
L'argument consistant à dédouaner l’État de sa responsabilité est particulièrement faible, car il suppose que l’État a toujours raison, qu'il ne peut donc jamais avoir tort et que donc toute faute est à rejeter sur une personne en particulier. L'Etat c'est Dieu : toujours là quand il se passe un truc qui foire, mais jamais responsable : c'est toujours la faute d'un humble être humain. "J'ai suivi les ordres, c'est pas ma faute." "J'ai été élu sur la base d'un programme, alors qu'on ne me reproche pas de l'avoir appliqué." Je te prends au mot : c'est trop facile de mettre sur le dos d'êtres humains les conséquences d'une organisation sociale déraisonnable.
Au passage, ton délire sur l’État-nation prouve une certaine méconnaissance de la situation réelle de la France : entre la Bretagne, la Corse, la Catalogne et le Pays Basque (auxquels on pourrait rajouter la Picardie et certainement d'autres, sans parler des anciennes colonies de l'époque où l’État considérait que le salariat ne concernait pas les personnes de couleur), elle m'a l'air bien morcelée ta nation-une-unique-et-indivisible. Heureusement que l'impunité policière et l'éducation nationale permettent de maintenir la cohésion sociale. :)
Tout ça pour en arriver au plus beau : l’État qui dans sa grande bonté me permet de m'exprimer. Tout en conservant à tout moment l'épée de Damoclès de la censure sur chacun-e d'entre nous : du CSA à la LOPPSI en passant par le "trouble à l'ordre public" et l'argument-massue du "délit de presse" (sic), l'arbitraire n'est jamais très loin…
Alors au final, même si je n'ai jamais parlé de bousiller des serveurs, je me permet simplement de positionner clairement les enjeux réels de cette loi Godfrain renforcée : produire de la peur et stigmatiser encore plus le mouvement hacker.
"En ce début de XXIe siècle, en France, être un hacker c’est être isolé et constamment menacé par la folie sécuritaire ambiante."
-- groupe DegenereScience, "Manifeste pour la création d'une organisation hacker en France", août 2009
La sincérité de nos larmes durcit l'acier de nos armes.