• [^] # Re: Liberté obligatoire

    Posté par . En réponse au journal [ Liberté ] : Association de défense des "droits des fumeurs adultes". Évalué à 0.

    Non, je pense qu'on parle bien du même. Et je pense que c'est justement son point fort.

    Les méthodes plus classiques font appel à la raison et à la volonté. Mais ça marche mal car le fond du problème ne peut être appréhendé par la raison.

    Admettons que cette méthode fonctionne dans la durée (ce que je n'ai pas constaté, mais ce n'est bien sûr pas représentatif). La question que je pose est : faut-il accepter de mettre en veille son esprit critique si c'est la condition pour aboutir à l'objectif de l'arrêt définitif du tabac ? Tu sembles penser que dans le cadre de ce livre, c'est oui. Je pense qu'en revanche tu seras d'accord pour dire que si une secte moyennant un lavage de cerveau et 200000€ obtenait un résultat identique voire encore meilleur, ce ne serait pas acceptable. Où doit se situer la limite ?

    La nicotine agit directement sur le circuit plaisir-récompense du cerveau et le pervertit (comme les autres drogues). Ce dernier est très puissant. Tellement qu'il arrive à altérer le jugement.

    À partir de ce point je ne sais pas trop quoi te répondre puisque tu penses que mon jugement est altéré et qu'une partie de mon cerveau est pervertie par la drogue. Liras tu ce que j'écrirai où considéreras-tu que c'est la nicotine qui est au clavier ?

    En clair, l'esprit critique que tu penses avoir vis-à-vis du tabac, n'est qu'une illusion. Il est baillonné par la dépendance à la nicotine. Ton esprit critique t'autorise à :
    - puer (quel plaisir d'embrasser un(e) fumeur(euse) !) ;

    Je suis d'accord. Tu trouves que la cigarette pue. Tu n'aurais aucun plaisir à m'embrasser, en fait tu ressentirais du dégoût. C'est la vérité.
    De mon côté, j'aime l'odeur de mes cigarettes. La personne avec qui je vis, et qui n'a jamais tiré une seule latte de sa vie, aussi. Pire, m'entendre fumer la détend. C'est parfaitement subjectif et ça n'en est pas moins vrai.

    • perdre des sensations (qui elles aussi pourraient apporter du plaisir si elles n'étaient baillonnées) ;

    Je suis bien d'accord, mais je ne peux pas m'empêcher de souligner que tu reconnais que la cigarette procure du plaisir, à l'encontre de ce que soutient le livre dont nous parlons…

    • augmenter ton niveau de stress permanent (un non-fumeur n'a pas le stress du manque) ;

    Si tu parles de pression artérielle, d'accord. Autrement, je viens juste d'écrire que je ne ressens le manque ni systématiquement ni de manière spécialement désagréable (c'est à dire que je trouve bien plus pénible d'avoir faim, soif ou mal au crâne par exemple). Peut-être est-ce parce le circuit plaisir-récompense, perverti par la nicotine, ferait passer un manque stressant pour un vague désagrément ? Mais alors dans ce cas, où est le problème ?

    • détruire ton organisme (affections cardio-vasculaire et pulmonaires mais pas seulement).

    Alors là d'accord ! Je trouve cet argument très rationnel, surtout quand on y ajoute le fait que les risques de maladie retrouvent un niveau normal peu de temps après l'arrêt (quelques années je crois, ce qui n'est pas grand chose au final).

    Tout ça pour quoi ? Un petit moment de 'plaisir' ? Tu ne trouves pas ça démesuré ?

    Honnêtement ? Un peu oui, à cause des risques pour santé. Le hic, c'est qu'il me faut bien arbitrer dans la vie entre les pratiques à risque et le bonheur. Si tu es parfaitement heureux en minimisant tous les risques, tant mieux pour toi, sincèrement !
    Peut-être qu'un jour j'arbitrerai en défaveur du plaisir de la clope ; pour l'instant, c'est le MacDo que j'ai arrêté par exemple (dont je trouve le manque beaucoup plus fort, sérieusement).

    PS: désolé d'être un peu cru dans mon message, j'essaie juste de te bousculer gentillement.

    Tu peux être aussi graphique et cru que tu veux, cela ne me dérange pas. J'espère juste que nous discutons entre égaux et que tu ne te sens pas en mission de persuader un être privé de sa raison par la nicotine d'arrêter de fumer.