Cela fait partie des choses qui m'ont beaucoup amusé durant la campagne avec la grande mode de la comparaison systématique entre la France et l'Allemagne : on oubliait tout aussi systématiquement quelque chose de fondamental à savoir que les deux économies sont orientés de manière totalement différentes.
L'Allemagne fournit le monde entier en machines-outils et en voiture haut de gamme. Elle arrive toujours à vendre même avec une monnaie forte car c'est le leader et qu'elle profite d'une solide réputation dans ces domaines. De plus elle profite pleinement du développement industriel de la Chine qui s'équipe chez elle. Le marché de la voiture de luxe quand à lui se porte très bien. Son économie est très majoritairement orienté sur des secteurs ou généralement l'avance technologique et le haut niveau de qualité des produits permet de vendre cher.
Par contre des pays comme la France ou l'Italie ont longtemps été des fabriques de l'Europe avec une industrie basée sur des produits à coûts modérés qui souffrent beaucoup plus face à la concurrence du low cost chinois. Les produits destinés à des marchés de masse ont été les premiers à être copiés. Et même si c'est en moins bien ce n'est pas très important car sur ces secteurs seul le prix est important ou presque. Si on ajoute à cela la monnaie forte qui plombe les exportations en dehors de la zone euro on comprend mieux pourquoi toute une partie des économies du sud sont sinistrées aujourd'hui.
Retourner vers une parité euro/dollar nous ferait certainement beaucoup de bien au niveau industriel.
Par contre ça implique aussi de prendre en compte les différents problèmes que cela va occasionner et se préparer, entre autres, à une hausse des prix des carburants à la pompe de 30%. Autant dire que si l'on indexe pas les salaires sur l'inflation le pouvoir d'achat va fortement chuter. Et nous ne sommes pas près de convaincre les Allemands à ce niveau là, le mot inflation ne fait plus partit de leur vocabulaire depuis bien longtemps.
Après on peut aussi se demander combien de temps tout cela va durer.
Combien de temps avant que les Chinois ne se fournissent en Chine pour équiper leurs usines, qu'ils aient leurs propres voitures de luxe et que l'Allemagne entre elle aussi dans les difficultés ?
Combien de temps avant la mise en place d'un véritable projet industriel Européen pour préparer l'avenir ?
Combien de temps avant que l'on applique une forme de protectionnisme européen ?
Et surtout : compte tenu de nos différences culturelles en terme de gestion de l'économie en sommes nous seulement capables ?
[^] # Re: Zone euro: fédération ou éclatement
Posté par Chris K. . En réponse au journal Crise grecque ? Crise européenne !. Évalué à 9.
+1.
Cela fait partie des choses qui m'ont beaucoup amusé durant la campagne avec la grande mode de la comparaison systématique entre la France et l'Allemagne : on oubliait tout aussi systématiquement quelque chose de fondamental à savoir que les deux économies sont orientés de manière totalement différentes.
L'Allemagne fournit le monde entier en machines-outils et en voiture haut de gamme. Elle arrive toujours à vendre même avec une monnaie forte car c'est le leader et qu'elle profite d'une solide réputation dans ces domaines. De plus elle profite pleinement du développement industriel de la Chine qui s'équipe chez elle. Le marché de la voiture de luxe quand à lui se porte très bien. Son économie est très majoritairement orienté sur des secteurs ou généralement l'avance technologique et le haut niveau de qualité des produits permet de vendre cher.
Par contre des pays comme la France ou l'Italie ont longtemps été des fabriques de l'Europe avec une industrie basée sur des produits à coûts modérés qui souffrent beaucoup plus face à la concurrence du low cost chinois. Les produits destinés à des marchés de masse ont été les premiers à être copiés. Et même si c'est en moins bien ce n'est pas très important car sur ces secteurs seul le prix est important ou presque. Si on ajoute à cela la monnaie forte qui plombe les exportations en dehors de la zone euro on comprend mieux pourquoi toute une partie des économies du sud sont sinistrées aujourd'hui.
Retourner vers une parité euro/dollar nous ferait certainement beaucoup de bien au niveau industriel.
Par contre ça implique aussi de prendre en compte les différents problèmes que cela va occasionner et se préparer, entre autres, à une hausse des prix des carburants à la pompe de 30%. Autant dire que si l'on indexe pas les salaires sur l'inflation le pouvoir d'achat va fortement chuter. Et nous ne sommes pas près de convaincre les Allemands à ce niveau là, le mot inflation ne fait plus partit de leur vocabulaire depuis bien longtemps.
Après on peut aussi se demander combien de temps tout cela va durer.
Combien de temps avant que les Chinois ne se fournissent en Chine pour équiper leurs usines, qu'ils aient leurs propres voitures de luxe et que l'Allemagne entre elle aussi dans les difficultés ?
Combien de temps avant la mise en place d'un véritable projet industriel Européen pour préparer l'avenir ?
Combien de temps avant que l'on applique une forme de protectionnisme européen ?
Et surtout : compte tenu de nos différences culturelles en terme de gestion de l'économie en sommes nous seulement capables ?