Bien sûr que non, une telle œuvre n’existe pas, pour son interprétation le contexte d’interprétation est une composante aussi importante que l’œuvre elle même.
Le contexte d'interpretation d'une oeuvre, valide ou erroné a une importance mais il ne peut en aucun cas porter force et substance à un produit qui en est dépourvu. Car il convient de faire le distinguo entre production et création, entre rapport et interpretation entre compte-rendu et récit. Dans tous les cas l'auteur a un part active dans le résultat, mais dans un cas les choix peuvent être validés par des éléments tangibles et factuel d'une part et par la résultante du discours de l'autre, dans l'autre cas les choix sont des décision motivés non par un objectif utilitaire mais par une mouvance créatrice qui vide de sens toute analyse critique qualitative qui omettrai le ressenti.
Certes Guernica de Picasso prend sens quand on le situe dans un contexte géopolitique ou qu'on l'interprete dans le cadre de la mémoire historique. Mais cette prise de sens n'est possible que par la force inhérente au tableau lui même. Force qu'un ignare des éléments originels qui sont les principes moteurs du tableau ne peut que constater. A l'inverse une suite de chiffre sur un cahier, fut-elle le témoignage historique de la crise de 1929, chargée d'un lourd contexte et interpretable à l'envie autant par les techniques des métiers comptables, que par les sociologues et les historiens, n'a pas d'autre valeur intrinsèque que celle d'une production dictée pas des impératifs mathématiques rigide au même titre qu'un boulon de 12. La valeur artistique est nulle, il ne s'agit en rien d'une création et encore moins d'une création artistique.
De là on peut conclure que les limites production/création/oeuvre existent et que l'on ne peut les ignorer. Il est complexe de justifier d'une méthode générique de catégorisation entre oeuvre et non-oeuvre tant le 20ème siècle est allé boulverser les concepts fondamentaux de ce que l'on croyait être l'art - finissant même par dissocier avec Warhol et Bastia l'oeuvre artistique de toute savoir technique. Mais la portée d'une oeuvre, à savoir sa qualité à pouvoir être abordée par une personne ignorante de la mouvance créatrice et du contexte géopolitique, reste un élément décisionnel fiable pour exclure du champs artistiques des productions qui n'ont pas assez de substance propre pour fair réagir l'observateur non formé.
Pour t’aider à comprendre que ce n’est pas l’objet qui fait l’œuvre : ready-made
Le ready-made est le rejeton encombrant de la recherche par l'art de la signification de l'art telle qu'elle a eu lieu au vingtième siècle. Encombrant car il ne répond à aucune question et n'en soulève pas d'avantage. Il y a dans le ready made la portée d'une oeuvre évennementielle qui n'aurait pas su se terminer. Quand dali traverse un cerceau de papier avec un espadon, la réalisation se termine mais l'interrogation reste. Quand le badaud attend la présence d'un urinoir dans un musée que reste-t-il comme substance à l'oeuvre qui la distingue de la production ? Cependant tant que l'ignare, qui ignore tout du contexte, peut être surpris ou choqué par une telle présence peut-on dire que l'oeuvre est passée ? Et s'agit-il d'une mouvance artistique réelle ou bien simplement de la variation sur un même thème : incorporons dans un musée un objet qui n'y a pas sa place ? Personellement je qualifie d'art le premier évennement, et les autres de redite qui n'apportent rien et ne retirent rien à ce qui a déjà été fait.
tu en infère une nécessité de structure rigide pour imposer une interprétation unique par tous.
Rien de celà, il ne s'agit pas d'imposer une structure rigide, mais de fournir à ton propos une armature pour lui donner forme. Contrairement à une oeuvre sans cette armature tes paroles s'effondrent faute de sens. La rigidification dont je parle n'a pas finalité à priver tes propos de toute liberté, mais à fournir un cadre qui certe limite leur portée mais également apporte le soutien nécessaire à leur expression.
Ces concepts m’apparaissent comme de bonnes fondations à une société eugénique. Il ne faut certes pas jeter le bébé avec l’eau du bain, mais il n’empêche qu’on peut se méfier de l’eau sale comme de la peste.
L'impact décisionnel à long terme de toute manoeuvre eugénique est par essence imprédictible. L'eau sale a plusieurs fois sauvé l'humanité d'elle même et l'exceptionnel s'accorde mal avec le l'ordinaire optimisé. Quel eugénisme laisserait survivre Hawking ? Et quel gachis si il ne le fait pas. Si l'Art apprend une chose à l'Humain c'est que la perfection est insipide.
Pour une fois que c’est mon interlocuteur qui me paraît le plus amphigourique des deux, je veux bien que tu m’expliques. :)
Pas d'amphigouri, juste une volonté d'éviter le terme "mirador" et son cortège de complications inneptes et mal à propos.
Mais précisément, c’est faire l’apologie du laisser faire, du ne-pas-penser, du rejet de l’es-éthique, comme disent certains.
Ne pas confondre le déclin d'une certaine vision de l'art lié au consumérisme avec la reconnaissance d'une valeur utilitaire aux oeuvre de l'esprit qui sont parfois dépourvues de valeur artistique. L'Art exclue la production purement technique, mais la production technique n'exclue pas l'Art. Le contenu peut être artistique, mais il peut aussi ne pas l'être et conserver un interet plénier.
[^] # Re: Problème de sémantique.
Posté par Kaane . En réponse au journal [Humeur] Ceci n’est pas un contenu !. Évalué à 1.
Bien sûr que non, une telle œuvre n’existe pas, pour son interprétation le contexte d’interprétation est une composante aussi importante que l’œuvre elle même.
Le contexte d'interpretation d'une oeuvre, valide ou erroné a une importance mais il ne peut en aucun cas porter force et substance à un produit qui en est dépourvu. Car il convient de faire le distinguo entre production et création, entre rapport et interpretation entre compte-rendu et récit. Dans tous les cas l'auteur a un part active dans le résultat, mais dans un cas les choix peuvent être validés par des éléments tangibles et factuel d'une part et par la résultante du discours de l'autre, dans l'autre cas les choix sont des décision motivés non par un objectif utilitaire mais par une mouvance créatrice qui vide de sens toute analyse critique qualitative qui omettrai le ressenti.
Certes Guernica de Picasso prend sens quand on le situe dans un contexte géopolitique ou qu'on l'interprete dans le cadre de la mémoire historique. Mais cette prise de sens n'est possible que par la force inhérente au tableau lui même. Force qu'un ignare des éléments originels qui sont les principes moteurs du tableau ne peut que constater. A l'inverse une suite de chiffre sur un cahier, fut-elle le témoignage historique de la crise de 1929, chargée d'un lourd contexte et interpretable à l'envie autant par les techniques des métiers comptables, que par les sociologues et les historiens, n'a pas d'autre valeur intrinsèque que celle d'une production dictée pas des impératifs mathématiques rigide au même titre qu'un boulon de 12. La valeur artistique est nulle, il ne s'agit en rien d'une création et encore moins d'une création artistique.
De là on peut conclure que les limites production/création/oeuvre existent et que l'on ne peut les ignorer. Il est complexe de justifier d'une méthode générique de catégorisation entre oeuvre et non-oeuvre tant le 20ème siècle est allé boulverser les concepts fondamentaux de ce que l'on croyait être l'art - finissant même par dissocier avec Warhol et Bastia l'oeuvre artistique de toute savoir technique. Mais la portée d'une oeuvre, à savoir sa qualité à pouvoir être abordée par une personne ignorante de la mouvance créatrice et du contexte géopolitique, reste un élément décisionnel fiable pour exclure du champs artistiques des productions qui n'ont pas assez de substance propre pour fair réagir l'observateur non formé.
Pour t’aider à comprendre que ce n’est pas l’objet qui fait l’œuvre : ready-made
Le ready-made est le rejeton encombrant de la recherche par l'art de la signification de l'art telle qu'elle a eu lieu au vingtième siècle. Encombrant car il ne répond à aucune question et n'en soulève pas d'avantage. Il y a dans le ready made la portée d'une oeuvre évennementielle qui n'aurait pas su se terminer. Quand dali traverse un cerceau de papier avec un espadon, la réalisation se termine mais l'interrogation reste. Quand le badaud attend la présence d'un urinoir dans un musée que reste-t-il comme substance à l'oeuvre qui la distingue de la production ? Cependant tant que l'ignare, qui ignore tout du contexte, peut être surpris ou choqué par une telle présence peut-on dire que l'oeuvre est passée ? Et s'agit-il d'une mouvance artistique réelle ou bien simplement de la variation sur un même thème : incorporons dans un musée un objet qui n'y a pas sa place ? Personellement je qualifie d'art le premier évennement, et les autres de redite qui n'apportent rien et ne retirent rien à ce qui a déjà été fait.
tu en infère une nécessité de structure rigide pour imposer une interprétation unique par tous.
Rien de celà, il ne s'agit pas d'imposer une structure rigide, mais de fournir à ton propos une armature pour lui donner forme. Contrairement à une oeuvre sans cette armature tes paroles s'effondrent faute de sens. La rigidification dont je parle n'a pas finalité à priver tes propos de toute liberté, mais à fournir un cadre qui certe limite leur portée mais également apporte le soutien nécessaire à leur expression.
Ces concepts m’apparaissent comme de bonnes fondations à une société eugénique. Il ne faut certes pas jeter le bébé avec l’eau du bain, mais il n’empêche qu’on peut se méfier de l’eau sale comme de la peste.
L'impact décisionnel à long terme de toute manoeuvre eugénique est par essence imprédictible. L'eau sale a plusieurs fois sauvé l'humanité d'elle même et l'exceptionnel s'accorde mal avec le l'ordinaire optimisé. Quel eugénisme laisserait survivre Hawking ? Et quel gachis si il ne le fait pas. Si l'Art apprend une chose à l'Humain c'est que la perfection est insipide.
Pour une fois que c’est mon interlocuteur qui me paraît le plus amphigourique des deux, je veux bien que tu m’expliques. :)
Pas d'amphigouri, juste une volonté d'éviter le terme "mirador" et son cortège de complications inneptes et mal à propos.
Mais précisément, c’est faire l’apologie du laisser faire, du ne-pas-penser, du rejet de l’es-éthique, comme disent certains.
Ne pas confondre le déclin d'une certaine vision de l'art lié au consumérisme avec la reconnaissance d'une valeur utilitaire aux oeuvre de l'esprit qui sont parfois dépourvues de valeur artistique. L'Art exclue la production purement technique, mais la production technique n'exclue pas l'Art. Le contenu peut être artistique, mais il peut aussi ne pas l'être et conserver un interet plénier.