• [^] # Re: Rectification

    Posté par . En réponse au journal Et si le vote se liquéfiait.... Évalué à 0.

    J’en reviens pas qu’un tel commentaire, profondément anti-démocratique soit plussé. Mais bon, ce n’est que la conséquence de l’idée dominante et totalement fausse qui voue un culte à la compétence et à la soit-disante nécessité d’une expertise technique.

    Déjà revenons sur la fausse évidence contre-argumentée au-dessus : les élus ne sont pas plus compétents. Tout simplement parce qu’ils ne sont pas sélectionnés sur leur compétence. Car de même qu’on peut dire que les électeurs n’ont pas la compétence pour prendre des décisions, ils n’ont pas plus la compétence de jauger de… la compétence du candidat.

    Enfin, c’est un faux débat. La question, encore une fois, n’est pas de choisir « la meilleure » solution car :
    — elle n’existe pas, c’est pour ça que la politique existe, car il y autant de visions différentes de l’orientation politique d’un pays que de citoyens, ainsi c’est une affaire de choix ;
    — admettre que seule une poignée de personne ait la capacité de gouverner, c’est admettre l’aristocratie/ploutocratie/technocratie, et admettre cela c’est s’exposer à une confiscation du pouvoir car le pouvoir rend fou.

    Non, le but est de laisser la population décider de son destin commun. Alors bien sûr les questions de pompe à chaleur tout le monde s’en tape, et c’est typiquement le truc qui peut être délégué. Mais ne crois pas non plus que ces questions sont laissées à discrétion des élus : il y a ce qu’on appelle les partenaires sociaux, syndicats, associations, groupements d’intérêts et entreprises qui exercent une influence dans la décision, qui sont chargés d’apporter des éléments à charge et à décharge aux élus qui n’ont aucune espèce de compétence avant d’avoir rencontrer les acteurs de la société civile sur un problème donné. Ces partenaires exercent une forme de représentativité plus ou moins formelle et certes plus sélective mais adaptée au domaine abordé.

    Par contre le traité, non, ça devrait être, autant que faire ce peut, du ressort de la démocratie directe. Ça l’a été (et malheureusement jeté à la poubelle), et contre toute cette pensée qui voudrait que le peuple soit inculte, incompétent et idiot, les arguments autour du non se sont révélés être très forts, et souvent d’un bien meilleur niveau que ceux du oui dégurgités par les « experts ». Car en réalité, il ne faut pas se le cacher, il y a eu une élite, certes peu médiatisée, qui a su apporter des arguments contre et que les gens ont pu s’approprier.

    Cela devrait être la règle pour toutes les questions politiques d’importance qui ont tendance à traverser les familles politiques : il y a des gens de droite anti-nucléaire et des écologistes qui priorisent la sortie du carboné et considèrent le nucléaire utile à ce compte, d’autres (削除) anti-Europe (削除ここまで)alter-Europe, idem sur la question des élus, l’OTAN/la politique étrangère, etc. Comment peut-on espérer que toutes les combinaisons possibles puissent être représentées par un seul courant d’idée ? Parce que c’est ce qui reste au final, en France un parti empoche tout.