Donc, ce n'est pas génant pour le travail, ils n'ont qu'a trouver un travail avec des bureaux qui les accueillent? Et je suppose que tu es contre les lois contre la discrimination raciale (les noirs peuvent faire 400 mètres pour trouver un restaurant qui veut bien les accueillir).
Comme je disais, il y a des contraintes d'espace. On ne peut pas appliquer les règles de l'immatériel ("pas bon service, changer service, si aucun service n'est bon, do-it-yourself") au monde matériel. En tout cas pas aussi facilement. Cela dit, dans un monde où on aurait le droit de révéler que quelqu'un est raciste sans craindre de procès en diffamation, un restaurateur discriminatoire se ferait vite une belle réputation de facho qui le pousserait à revoir ses contrats (mais on serait encore limité physiquement, donc il faudrait toujours un minimum de régulation).
Acheter un film qui a eu un minimum de notoriété. On peut bien sûr se passer de regarder des films mais ça veut dire se passer d'une partie de la culture à cause des DRM.
"Passe-toi d'une bonne partie de la culture", c'est ce qu'on m'a dit lorsque j'ai dit que je n'acceptais pas qu'on m'empêche, par contrat, de partager les œuvres que j'aime.
C'est marrant que l'interdiction de lire un contenu te fasse bondir, mais pas celle de copier ou de partager. Comme si le "droit de lecture" était intrinsèquement différent du "droit de copie", et supérieur à celui-ci.
Je ne comprends pas comment on peut dire "je refuse qu'on méprise ma liberté logicielle (je veux que les programmes que j'utilise soient libres)" et en même temps "j'accepte qu'on méprise ma liberté culturelle (je veux bien être interdit de partager les contenus culturels)". J'ai l'impression que beaucoup de libristes militent à fond pour se sentir libres au niveau du code, et avoir la possibilité d'appartenir à une communauté, mais que quand on parle de culture, ils acceptent sans problème d'être considérés comme de simples consommateurs, passifs, dotés d'un seul droit de réception.
Libre arbitre != omniscience. On ne peut pas demander aux gens de toujours mesurer les conséquences de leurs actes parce qu'ils ne comprennent pas le domaine. Il y a plein de gens qui ne comprennnent pas les DRM et lorsqu'ils sont confronté au problème (ils n'arrivent pas à le mettre sur un autre ordinateur), ils ne comprennnent pas que c'est parce qu'ils ont payé 2€ de moins lors de l'achat. Ou alors, ils ne voient pas la différence lors de l'achat.
Très intéressant, mais comment sépares-tu libre arbitre et omniscience ? Où places-tu la limite ?
Et surtout comment se fait-il qu'un parti jeune, qui a grandi avec le Net et par le Net peut-il placer la limite aussi bas, sachant qu'Internet décuple nos facultés d'être constamment au courant du moindre truc ?
Et plutôt que d'interdire la pratique d'un commerçant sous prétexte que les consommateurs (je pèse mes mots) ne sont pas informés (ou ne prennent pas la peine de s'informer avant de donner leur argent, suivant de quel point de vue on se place), pourquoi ne pas obliger les commerçants à écrire cet aspect du contrat en gros sur les publicités ?
C'est comme le débat autour de la neutralité du Net. Obliger les FAI à proposer un Internet neutre est à mon avis la dernière chose à faire. Autoriser les FAI à faire du Net non-neutre et interdire la publicité mensongère (remplacer "Internet" sur les publicités par "Intercrapwebz by zi Agrume" ou n'importe quel autre terme marketeux qui passe bien), ça me paraît déjà plus respectueux des libertés individuelles. Autoriser les FAI à faire du Net non-neutre, de la publicité mensongère mais leur interdire de mentir dans les contrats (oui, y'a un FAI qui ment dans ses contrats, je vous laisse deviner lequel), ça me paraît acceptable également, surtout si on garde en tête qu'avec Internet désormais tout se sait.
Mais vouloir imposer la liberté à celui qui n'en a pas envie est quelque chose dont j'ai une tendance naturelle à me méfier. C'est ce type de raisonnement qui conduit à des lois comme l'interdiction de la burqa et toutes ces conneries.
Il y a aussi ceux qui ne comprennent pas qu'en achetant avec des DRM, ils favorisent le marché des DRM et "empêchent" ceux qui n'en veulent pas d'en obtenir.
De ce point de vue, je pense que la non-interdiction des DRM serait justement bien meilleure pour la société.
Regarde ma réponse plus haut : si on considère que ce qui est grave, ce n'est pas l'interdiction de lire, mais l'interdiction de partager, hé bien le fait que des œuvres non-partageables soient lisibles par tous les consommateurs sans scrupules conduira à une dominance de la culture propriétaire sur la culture partageable. La société se construira donc autour d'une culture qui discrimine ceux qui pensent que la liberté de partager est essentielle.
À l'inverse, si les œuvres non-partageables deviennent illisibles, on a là une occasion de donner à la culture partageable ce qui a fait la force du logiciel libre : un argument facile à comprendre, y compris pour le consommateur abruti. L'argument du logiciel libre, c'est "on trouvera toujours une copie qu'on pourra exécuter gratuitement son son ordinateur" : ça, n'importe qui peut le comprendre : y'a pas à payer, je clique, ça marche. L'argument n°1 de la culture partageable, ça devrait être "on trouvera toujours une copie qu'on peut lire". Et le jour où toute la culture propriétaire sera truffée de DRM et que le consommateur en aura marre, il jettera les produits d'Hollywood à la poubelle et se tournera vers la culture partageable.
[^] # Re: Oui à une réforme, mais n'importe quoi
Posté par gnuzer . En réponse à la dépêche Propositions du PiratPartiet Suédois sur la réforme du droit d'auteur. Évalué à 2.
Comme je disais, il y a des contraintes d'espace. On ne peut pas appliquer les règles de l'immatériel ("pas bon service, changer service, si aucun service n'est bon, do-it-yourself") au monde matériel. En tout cas pas aussi facilement. Cela dit, dans un monde où on aurait le droit de révéler que quelqu'un est raciste sans craindre de procès en diffamation, un restaurateur discriminatoire se ferait vite une belle réputation de facho qui le pousserait à revoir ses contrats (mais on serait encore limité physiquement, donc il faudrait toujours un minimum de régulation).
"Passe-toi d'une bonne partie de la culture", c'est ce qu'on m'a dit lorsque j'ai dit que je n'acceptais pas qu'on m'empêche, par contrat, de partager les œuvres que j'aime.
C'est marrant que l'interdiction de lire un contenu te fasse bondir, mais pas celle de copier ou de partager. Comme si le "droit de lecture" était intrinsèquement différent du "droit de copie", et supérieur à celui-ci.
Je ne comprends pas comment on peut dire "je refuse qu'on méprise ma liberté logicielle (je veux que les programmes que j'utilise soient libres)" et en même temps "j'accepte qu'on méprise ma liberté culturelle (je veux bien être interdit de partager les contenus culturels)". J'ai l'impression que beaucoup de libristes militent à fond pour se sentir libres au niveau du code, et avoir la possibilité d'appartenir à une communauté, mais que quand on parle de culture, ils acceptent sans problème d'être considérés comme de simples consommateurs, passifs, dotés d'un seul droit de réception.
Très intéressant, mais comment sépares-tu libre arbitre et omniscience ? Où places-tu la limite ?
Et surtout comment se fait-il qu'un parti jeune, qui a grandi avec le Net et par le Net peut-il placer la limite aussi bas, sachant qu'Internet décuple nos facultés d'être constamment au courant du moindre truc ?
Et plutôt que d'interdire la pratique d'un commerçant sous prétexte que les consommateurs (je pèse mes mots) ne sont pas informés (ou ne prennent pas la peine de s'informer avant de donner leur argent, suivant de quel point de vue on se place), pourquoi ne pas obliger les commerçants à écrire cet aspect du contrat en gros sur les publicités ?
C'est comme le débat autour de la neutralité du Net. Obliger les FAI à proposer un Internet neutre est à mon avis la dernière chose à faire. Autoriser les FAI à faire du Net non-neutre et interdire la publicité mensongère (remplacer "Internet" sur les publicités par "Intercrapwebz by zi Agrume" ou n'importe quel autre terme marketeux qui passe bien), ça me paraît déjà plus respectueux des libertés individuelles. Autoriser les FAI à faire du Net non-neutre, de la publicité mensongère mais leur interdire de mentir dans les contrats (oui, y'a un FAI qui ment dans ses contrats, je vous laisse deviner lequel), ça me paraît acceptable également, surtout si on garde en tête qu'avec Internet désormais tout se sait.
Mais vouloir imposer la liberté à celui qui n'en a pas envie est quelque chose dont j'ai une tendance naturelle à me méfier. C'est ce type de raisonnement qui conduit à des lois comme l'interdiction de la burqa et toutes ces conneries.
De ce point de vue, je pense que la non-interdiction des DRM serait justement bien meilleure pour la société.
Regarde ma réponse plus haut : si on considère que ce qui est grave, ce n'est pas l'interdiction de lire, mais l'interdiction de partager, hé bien le fait que des œuvres non-partageables soient lisibles par tous les consommateurs sans scrupules conduira à une dominance de la culture propriétaire sur la culture partageable. La société se construira donc autour d'une culture qui discrimine ceux qui pensent que la liberté de partager est essentielle.
À l'inverse, si les œuvres non-partageables deviennent illisibles, on a là une occasion de donner à la culture partageable ce qui a fait la force du logiciel libre : un argument facile à comprendre, y compris pour le consommateur abruti. L'argument du logiciel libre, c'est "on trouvera toujours une copie qu'on pourra exécuter gratuitement son son ordinateur" : ça, n'importe qui peut le comprendre : y'a pas à payer, je clique, ça marche. L'argument n°1 de la culture partageable, ça devrait être "on trouvera toujours une copie qu'on peut lire". Et le jour où toute la culture propriétaire sera truffée de DRM et que le consommateur en aura marre, il jettera les produits d'Hollywood à la poubelle et se tournera vers la culture partageable.