• [^] # Re: il faut remettre dans le contexte

    Posté par . En réponse au journal Anomalie Pioneer: une solution en vue ?. Évalué à 4.

    Les médias, durant cette campagne ont remis en question les règles démocratiques pour justifier de leur attitude, il s’agissait de rejeter les fautes qu’ils commettaient sur les autres. En particulier ils se permettent de faire leur propre sélection de qui a le droit d’antenne, et qui a le droit d’exposer ces idées et qui devra se contenter de répondre à des attaques de gamins façon bistrot du coin. Ils se sont arrogés un pouvoir qu’ils n’avaient pas formellement. Celui où certains devaient se justifier pour avoir passé un diner et où les mensonges des autres n’étaient pas démontés. Cette sélection ne leur appartient pas. Et si elle doit leur appartenir, alors il faut en élaborer les règles. Tu verras là que c’est injustifiables que des gens qui ne représentent rien, qui n’ont rien à voir avec les institutions républicaines, puissent ainsi avoir ce droit.

    À 10 ils ne parlent pas de politiques. Le problème n’est pas le nombre. C’est l’incompétence et la bêtise crasse et l’abus du pouvoir médiatique, destinés à informer le moins possible. Si tu crois que ça vient de la sélection par les signatures, alors bravo! tu es tombé sur le leurre. Si tu crois que ça s’arrangera s’il y a moins de candidats tu te fourres le doigt dans l’œil, car à 10, 5, 80, rien n’empêche d’entrer dans les détails. Que ce soit 5 min de temps d’antenne ou 3 h rien n’empêche d’entrer dans le domaine des idées et de la politique. C’est un minimum inaccessible pour certaines émissions radio/télé, les plus promptes à descendre certains candidats et à lécher le cul à d’autres.

    Si le paysage médiatiques était plus varié et plus intéressant, les gens n’auraient pas à attendre 5 ans pour faire passer leurs idées. Le fait est que les animateurs, chroniqueurs, journalistes et présentateurs en place monopolisent totalement le temps d’antenne et considèrent qu’il leur appartient. Ils peuvent à tout loisir faire passer leurs idées à longueur de journée et s’effraient de ne pas entendre un discours consensuel (dans leur milieu) une fois tout les cinq ans. Et même lorsqu’on entre enfin un peu dans la politique, on prend bien soin d’inviter deux guignols pour descendre tel ou tel candidat sans qu’ils puissent se défendre et les guignols émettent un jugement d’opinion, c’est à dire un jugement péremptoire et non argumenté (cf. dernier Des paroles et des actes). L’égalité de temps de parole est remis en cause. C’est-à-dire une attaque directe à un principe démocratique essentiel, préférant cela à une remise en cause de leur travail et de leur façon de gérer les ondes. Ce monopole du discours consensuel, vide de sens et idéologiquement et politiquement très orienté est le problème, l’égalité du temps de parole est un leurre pour faire croire au quidam que le problème vient de là. Et accessoirement la solution au problème est de réintroduire cette diversité qui manque tant dans les médias. Cette solution devrait pourtant être la règle, y compris hors périodes électorale. Tu verras qu’il n’y aura alors plus aucun uluberlu pour se présenter et que les gens seront intellectuellement armés pour distinguer le discours raisonné du délire, car ils arrêteront de croire à tout ce qui est dit, pour commencer.

    La stratégie des médias consiste en une double action : infantiliser le discours politique, le rendre inepte, faire croire au gens que le politique est désarmé et ne changera rien à leur vie. Ce faisant ils prennent bien soins de massivement favoriser les candidats qui ne changeront rien à la situation, les candidats les plus conservateurs. Une fois ceci fait, il est facile de remettre en question des principes démocratiques fondamentaux et les candidats qu’ils ne veulent pas, non pas de manière argumentée, mais par une attaque ciblée où tous les problèmes dont les médias sont eux-mêmes l’origine sont soupçonnés d’être causés par les politiques/les institutions qui ne leur plaisent pas.