Eh bien pour avoir été moi-même au chômage, lors de la crise précédente (2002) je peux t'affirmer que ce n'est pas le cas.
On m'a refusé plusieurs postes car trop qualifiée, ou trop expérimentée (ah j'avais presque 30 ans et 6 ans d'expérience, mais il leur fallait du débutant).
Plusieurs entreprises ont gardé mon CV pendant 1 an, et dès l'amorce de reprise, j'ai eu 6 propositions d'un coup( des boites qui m'avaient dit que mon CV était intéressant, mais que vu la crise elle n'embauchaient que quelques profils très précis, et des débutants). Un chasseur de tête m'a fait passer 2 entretiens, j'étais 2ème sur le poste. Pas de bol, le numéro 1 l'a pris. Pour un autre entretien, j'étais 3ème… et c'est le 1er qui l'a pris aussi.
J'ai croisé à l'ANPE une demi-douzaine de chefs de projets, programmeurs, etc… qui se faisaient jeter de partout, avant même de pouvoir parler de leurs compétences parce que trop… vieux! (à 45 ans!)
J'ai passé des entretiens dans des boîtes qui cherchaient des spécialistes décisionnel et n'en trouvaient pas (c'était un domaine assez jeune). Mais reconvertir quelqu'un, surtout d'expérimenté… elles hésitaient (pourtant j'avais dans mon CV des preuves que je pouvais faire des choses très éloignées de ma formation initiale, et m'en sortir)
J'ai même eu un entretien où on m'a fait remplir un questionnaire avec… ma situation familiale (c'est complètement illégal!)
Alors franchement, non, je ne crois pas que les bons ne sont pas au chômage. J'ai aussi une collègue qui est restée 6 mois au chômage avant que je la connaisse, et franchement, elle est dans les personnes qui font du bon travail. Par contre, il est certain que les entreprises préfèrent les gens en poste, les chômeurs leur font peur… Un tocard en poste a bien plus de chances d'être recruté qu'un chômeur, même très bon. De plus au chômage, on s'en prend tellement plein la tête, sans compter le sentiment d'être inutile, qu'on se met vite à douter et qu'on perd facilement confiance. Et ça c'est très mauvais dans les entretiens.
De toute manière cette expérience ne fait que confirmer les chiffres qui montrent bien qu'on est dans un secteur qui méprise les "seniors", et qui est incapable de former ou de recycler les personnes. Si ceux qui se plaignent de ne pas trouver la perle rare faisaient juste l'effort de prendre des informaticiens motivés (y'en a plein!), et il y en a si on n'est pas difficile sur l'âge, la couleur, le sexe ou le look, elles pourraient les former. Mais en réalité la plupart pleurnichent auprès des politiques parce qu'elles ont des difficultés à faire payer les clients (c'est cela leur réel problème), et donc voudraient la perle rare pour pas cher, pour compenser la baisse des prix de vente.
[^] # Re: mythomanes
Posté par Flo . En réponse au journal 285 jours : l’ancienneté moyenne au chômage des demandeurs d’emploi en informatique. Évalué à 10.
Eh bien pour avoir été moi-même au chômage, lors de la crise précédente (2002) je peux t'affirmer que ce n'est pas le cas.
On m'a refusé plusieurs postes car trop qualifiée, ou trop expérimentée (ah j'avais presque 30 ans et 6 ans d'expérience, mais il leur fallait du débutant).
Plusieurs entreprises ont gardé mon CV pendant 1 an, et dès l'amorce de reprise, j'ai eu 6 propositions d'un coup( des boites qui m'avaient dit que mon CV était intéressant, mais que vu la crise elle n'embauchaient que quelques profils très précis, et des débutants). Un chasseur de tête m'a fait passer 2 entretiens, j'étais 2ème sur le poste. Pas de bol, le numéro 1 l'a pris. Pour un autre entretien, j'étais 3ème… et c'est le 1er qui l'a pris aussi.
J'ai croisé à l'ANPE une demi-douzaine de chefs de projets, programmeurs, etc… qui se faisaient jeter de partout, avant même de pouvoir parler de leurs compétences parce que trop… vieux! (à 45 ans!)
J'ai passé des entretiens dans des boîtes qui cherchaient des spécialistes décisionnel et n'en trouvaient pas (c'était un domaine assez jeune). Mais reconvertir quelqu'un, surtout d'expérimenté… elles hésitaient (pourtant j'avais dans mon CV des preuves que je pouvais faire des choses très éloignées de ma formation initiale, et m'en sortir)
J'ai même eu un entretien où on m'a fait remplir un questionnaire avec… ma situation familiale (c'est complètement illégal!)
Alors franchement, non, je ne crois pas que les bons ne sont pas au chômage. J'ai aussi une collègue qui est restée 6 mois au chômage avant que je la connaisse, et franchement, elle est dans les personnes qui font du bon travail. Par contre, il est certain que les entreprises préfèrent les gens en poste, les chômeurs leur font peur… Un tocard en poste a bien plus de chances d'être recruté qu'un chômeur, même très bon. De plus au chômage, on s'en prend tellement plein la tête, sans compter le sentiment d'être inutile, qu'on se met vite à douter et qu'on perd facilement confiance. Et ça c'est très mauvais dans les entretiens.
De toute manière cette expérience ne fait que confirmer les chiffres qui montrent bien qu'on est dans un secteur qui méprise les "seniors", et qui est incapable de former ou de recycler les personnes. Si ceux qui se plaignent de ne pas trouver la perle rare faisaient juste l'effort de prendre des informaticiens motivés (y'en a plein!), et il y en a si on n'est pas difficile sur l'âge, la couleur, le sexe ou le look, elles pourraient les former. Mais en réalité la plupart pleurnichent auprès des politiques parce qu'elles ont des difficultés à faire payer les clients (c'est cela leur réel problème), et donc voudraient la perle rare pour pas cher, pour compenser la baisse des prix de vente.