Toi, tu as bien appris ta leçon. Histoire de rigoler, les salaires des profs, c’est un investissement ou des frais de fonctionnements pour toi ? Comme tout le monde s’en doute, c’est une question piège, l’éducation est d’un point de vue économique un strict investissement dans un capital savoir pour une productivité future accrue.
Bref, savoir s’il s’agit de frais de fonctionnements ou d’investissements est peu pertinent quand il s’agit de dettes d’état car il est difficile de faire la part des choses.
La question à se poser en tout premier lieu est de savoir sous quelles conditions on l’autorise. S’en servir comme « amortisseurs économiques » pour réduire les effets d’une crise me semble pertinent. Une crise économique réduit les recettes de l’état, mais l’état peut soutenir une activité économique, voire pallier à l’activité économique déficiente un temps pour éviter la récession. Ensuite la question est de savoir à qui on emprunte. Là encore il semble que le taux d’épargne privée (ie. l’argent que les français mettent à la banque) est très élevé, ceux qui proposent l’austérité vont à mon avis appliquer un transfert de la dette publique vers la dette privée. De plus le fait que le taux d’épargne soit élevé assure à l’état une source de financement viable. Les États-Unis par exemple ont une situation catastrophique car les taux d’épargne privée sont quasi-nuls et l’endettement privé très élevé—c’est un mensonge par omission des économistes libéraux qui ont pris un temps pour exemple la dette publique de ce pays. Les États-Unis, pendant la crise, ont donc « étatisé » la dette, mais cette dette, ne pouvant reposer sur l’épargne privée intérieure fait massivement appel à l’étranger à la condition que le $ reste une monnaie de référence sûre. Les chinois commençaient à considérer l’€ un temps, mais fort heureusement pour les USA la crise européenne a retardé ce mouvement des capitaux vers une autre monnaie… Bref, là où d’autres ont une dette publique dangereuse, j’ai le sentiment que la dette française est plus solide, et moins sensible à des mouvements financiers mondiaux, ce qui justifie une dette plus élevée que dans d’autres pays.
Pour conclure, il ne faut pas se fier au consensus des médias (qui n’est pas un consensus, mais une simple sélection drastique d’économistes libéraux) qui veulent absolument réduire la dette, prétexte parfait à une politique d’amoindrissement des cotisations sociales et de cadeaux fait à la frange la plus favorisée de la population : baisse du prix du travail pour le patron qu’on maquille en une augmentation du pouvoir d’achat (vu le chômage élevé la conséquence d’une réduction des cotisations est une réduction du salaire brut et pas une augmentation du salaire net), hausse symbolique de l’impôt sur le CAC40 et/ou la 5ème tranche sans (ré)instaurer une véritable progressivité, niches fiscales, etc.
[^] # Re: Important ?
Posté par Le faussoyeur . En réponse au journal Élection présidentielle en France. Évalué à 3.
Toi, tu as bien appris ta leçon. Histoire de rigoler, les salaires des profs, c’est un investissement ou des frais de fonctionnements pour toi ? Comme tout le monde s’en doute, c’est une question piège, l’éducation est d’un point de vue économique un strict investissement dans un capital savoir pour une productivité future accrue.
Bref, savoir s’il s’agit de frais de fonctionnements ou d’investissements est peu pertinent quand il s’agit de dettes d’état car il est difficile de faire la part des choses.
La question à se poser en tout premier lieu est de savoir sous quelles conditions on l’autorise. S’en servir comme « amortisseurs économiques » pour réduire les effets d’une crise me semble pertinent. Une crise économique réduit les recettes de l’état, mais l’état peut soutenir une activité économique, voire pallier à l’activité économique déficiente un temps pour éviter la récession. Ensuite la question est de savoir à qui on emprunte. Là encore il semble que le taux d’épargne privée (ie. l’argent que les français mettent à la banque) est très élevé, ceux qui proposent l’austérité vont à mon avis appliquer un transfert de la dette publique vers la dette privée. De plus le fait que le taux d’épargne soit élevé assure à l’état une source de financement viable. Les États-Unis par exemple ont une situation catastrophique car les taux d’épargne privée sont quasi-nuls et l’endettement privé très élevé—c’est un mensonge par omission des économistes libéraux qui ont pris un temps pour exemple la dette publique de ce pays. Les États-Unis, pendant la crise, ont donc « étatisé » la dette, mais cette dette, ne pouvant reposer sur l’épargne privée intérieure fait massivement appel à l’étranger à la condition que le $ reste une monnaie de référence sûre. Les chinois commençaient à considérer l’€ un temps, mais fort heureusement pour les USA la crise européenne a retardé ce mouvement des capitaux vers une autre monnaie… Bref, là où d’autres ont une dette publique dangereuse, j’ai le sentiment que la dette française est plus solide, et moins sensible à des mouvements financiers mondiaux, ce qui justifie une dette plus élevée que dans d’autres pays.
Pour conclure, il ne faut pas se fier au consensus des médias (qui n’est pas un consensus, mais une simple sélection drastique d’économistes libéraux) qui veulent absolument réduire la dette, prétexte parfait à une politique d’amoindrissement des cotisations sociales et de cadeaux fait à la frange la plus favorisée de la population : baisse du prix du travail pour le patron qu’on maquille en une augmentation du pouvoir d’achat (vu le chômage élevé la conséquence d’une réduction des cotisations est une réduction du salaire brut et pas une augmentation du salaire net), hausse symbolique de l’impôt sur le CAC40 et/ou la 5ème tranche sans (ré)instaurer une véritable progressivité, niches fiscales, etc.