• [^] # Re: ni de la gauche ni de la droite

    Posté par . En réponse au journal Le parti pirate sur France Inter. Évalué à 1.

    Je pense que je suis d'accord. La plupart des partis prétendant s'inspirer à la fois de la droite et de la gauche reposent souvent sur une idéologie bancale, voire absurde. Il n'y a aucune logique à être libéral et égalitariste, par exemple : si on est libéral, on pense que la redistribution des richesses doit être extrêmement limitée. Idem, le libéralisme et l'écologie sont antinomiques, le développement durable s'inscrit nécessairement dans une planification et une règlementation forte. Il y a une sorte de direction majeure gauche-droite, on peut s'en écarter légèrement (par exemple sur les problèmes de sociétés, comme le mariage homosexuel—mais dans les faits, ce n'est pas ce qui est observé). Au final, je pense même que le critère "je prétends ne pas m'inscrire dans le clivage gauche-droite" est un bon proxy pour juger de la cohérence du programme d'un parti : tout parti de gouvernement s'inscrit nécessairement dans un axe gauche-droite (y compris éventuellement au milieu, pour les partis centristes dans les pays où les coalitions sont indispensables).

    Ceci dit, ça ne veut pas dire que la ligne de clivage gauche droite est intangible. Elle a quand même pas mal bougé ces dernières décennies, par exemple sur le sujet du nationalisme. Au cours d'une grande partie du XXe siècle, le nationalisme (et la préférence nationale) n'était pas bien définie sur l'axe gauche-droite, et de nombreux partis de gauche (y compris le PCF) s'étaient emparés de cette thématique. La situation s'est normalisée avec l'apparition de partis d'extrême droite "fréquentables". Toutefois, quand la ligne gauche-droite semble bouger, j'ai l'impression qu'il s'agit plus d'une normalisation (les idées se groupent de manière rationnelle pour rétablir une situation historique paradoxale).