• [^] # Re: Problème de riches

    Posté par . En réponse au journal Viande ou pas viande ?. Évalué à 2. Dernière modification le 30 mars 2012 à 19:46.

    Tu cherches le troll non ?

    Je t'explique. La sélection naturelle est basée sur le postulat de « lutte pour la survie » des individus. Les plus adaptés sont ceux qui réussissent le mieux à tirer le meilleur parti de leur environnement. Par là même, l'être humain en tire un parti exagéré, qui va tendre à la réduction drastique du nombre d'individu pour cause de manque de ressource.

    On refait un petit calcul. Si l'espèce humaine croît exponentiellement mais que le niveau de ressource est constant, un jour il n'y aura plus du tout de nourriture pour beaucoup d'individus, et nous serons comme sur une île dépourvue de ressource.

    Darwin avait utilisé cette image de la population de chèvres et de renards sur une île fermée. Les chèvres mangent l'herbe pour croître. Les renards alors croissent car ils mangent plus de chèvre, mais croissent tellement que le nombre de chèvre tend vers zéro. Si quelques individus survivent, la population de renard décroît pour cause de famine. Pendant ce temps là, l'herbe continue de pousser, et permet à une nouvelle génération de chèvres de voir le jour et de prospérer. Puis ce sont les renards qui reprennent du poil de la bête, et ainsi de suite.[1]

    C'est une image d'interdépendance.

    Sauf que… L'être humain est si agressif pour l'environnement qu'il s'attaque à toutes les formes de vie disponibles et raréfie les ressources naturelles. L'exemple de Darwin est assez artificiel, mais en fait l'être humain se dirige vers ce modèle. Les chèvres sont les ressources naturelles, les renards sont les humains. En réalité, bien souvent, je suppose que les écosystèmes sont assez vastes pour permettre à la vie de se perpétuer et d'évoluer en dehors des contraintes exercées par des systèmes fermés. Sauf que pour l'être humain, cela ne sera bientôt plus le cas, car les limites de son système se feront sentir bien vite. Cette discussion sur viande/pas viande du reste illustre exactement ce problème, l'argument rationnel étant la surconsommation d'eau et de végétaux par la production de viande. En quoi c'est artificiel ? Comme dit plus haut, l'humain s'est quasiment bootstrapé (bien qu'il en soit encore loin en réalité). L'élevage, l'agriculture et les pressions démographiques pourraient très bien conduire le monde à un espace totalement artificiel, une sorte d'usine à ciel ouvert où toutes les ressources disponibles sont dirigées exclusivement vers la subsistance humaine.

    Je veux bien qu'on pousse l'argument du darwinisme à l'extrême, et dire que c'est naturel. Mais bon il faut alors bien définir ce que tu as en tête. Et savoir que si c'est naturel, les problèmes pour l'espèce qui en suivront seront aussi « naturels » et cet argument nous dénie toute responsabilité, toute liberté de choix, et sous-entends que nous ne sommes que des animaux asservis par nos pulsions. Donc ce que tu dis est loin d'être anodin et tu le sais plus ou moins.

    [1] Cela me fait penser que dans un écosystème comme celui de la terre, où l'énergie vient de notre soleil, les espèces les plus avantagées sont les végétaux, car ils puisent directement leur énergie des rayons du soleil. D'où « naturellement » une expansion des forêts et de la vie végétale, la vie animale venant se greffer dessus.

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