• [^] # Re: Chasse, putes, nutella et traditions

    Posté par . En réponse au journal Parti pirate : inutile et inefficace ?. Évalué à 10.

    Vous connaissez beaucoup de prostitués qui font ce métier par choix ? Qui n’en changeraient pas même si une alternative leur était proposée ?

    Des prostituées qui disent avoir fait ce choix (après, on peut toujours remettre en question leur capacité à s'auto-déterminer, mais ça deviendrait puant de paternalisme, une telle position), oui : elles sont au STRASS, et y'en a pas qu'une.

    Remplace "prostituée" par "caissière" dans ton interrogation, et tu comprendras que le problème, ce n'est pas tant la solution "faute de mieux" vers laquelle les gens sont poussés, que les circonstances qui les y pousse. Prétendre interdire le métier de caissière pour lutter contre la précarité qui oblige des gens à faire ce métier, ça paraîtra idiot, n'est-ce pas ? Vouloir interdire la prostitution, c'est du même acabit. Je suis d'accord avec le postulat selon lequel la majorité des personnes qui se prostituent ne l'ont pas choisi et ne sont pas heureuses de cette activité, mais la recherche de solution se trouve en amont, et pas dans l'interdiction de la solution "faute de mieux". La politique actuelle c'est de faire chier au maximum les prostituées (via l'usage abusif de la loi contre le proxénétisme, via la politique de harcèlement policier, régulièrement dénoncée ici à Lyon, via la résolution abolitionniste votée à l'AN..). C'est une attitude moraliste et bourgeoise, qui consiste à planquer le problème sous le tapis : on ne veut pas voir les putes, on veut qu'elles se planquent, on veut imposer notre morale sexuelle à tous.

    Et de ce point de vue, la gauche bien-pensante qui se réclame du féminisme pour pénaliser les clients, ou la droite conservatrice qui veut pousser les putes en dehors des villes, loin des regards de l'électorat scandalisé, c'est du même tonneau. Dans les deux cas c'est une posture morale : à la morale bourgeoise de la "sale pute qui profite de la faiblesse des hommes", répond une nouvelle morale qui tape sur le "sale client qui profite de la faiblesse des femmes". Les deux morales ne valent pas mieux l'une que l'autre, font autant de dégâts, et sont objectivement alliées dans la répression.

    Une politique humaniste consisterait, au contraire, à :
    - assécher les causes de la prostitution non décidée, en amont, via une politique véritablement sociale qui protègerait les gens en difficulté financière, les sans-papiers, garantirait une protection effective aux victimes de la mafia qui cherchent à sortir du système..
    - permettre que le métier de prostitué s'exerce dans des conditions correctes d'hygiène et de sécurité.

    THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.