Tout juste : le FdG ne pique pas une seule voix au FN (évidemment^ ).
Ce qui se passe en réalité, c'est 2 phénomènes simultanés :
1. Le glissement des électeurs d'une classe à l'autre (de la droite vers la gauche, ou bien l'inverse selon les moments). Cette semaine par exemple, effet tueur de Toulouse oblige, on a vu 2% des électeurs FN repasser à Sarkozy (FN -2,5, Sarko +2). Les vases communiquants, ces 2-là !^
On a aussi visiblement : des Bayrou qui passent Hollande et des Hollande qui passent Mélenchon (ce qui fait que Hollande ne bouge pas, alors que Bayrou baisse et Mélenchon augmente…).
Mais on a aussi, plus directement (et j'en connais personnellement de nombreux, et les témoignages internet abondent…), des Bayrou qui passent Mélenchon sans passer par la case Hollande ! (ce qui fait que ce dernier ne bouge pas non plus)
Ca y est, ENFIN les abstentionnistes se réveillent !!! Et ils vont tous chez Mélenchon, puisque c'est le seul capable de donner envie de voter à quelqu'un de (légitimement) dégoutté.
Du coup, le total gauche augmente régulièrement (Hollande ne bouge pas et Mélenchon augmente), ce qui éloigne d'autant la possibilité d'un 21 avril, d'ailleurs impossible dès le départ vu d'une part le bilan Sarkozy et d'autre part le petit nombre de candidats à gauche par rapport à d'habitude…
Rappel :
1er tour 2002 : 8 candidats à gauche (Glucksman, Laguillier, Besancenot, Hue, Taubira, Mamère, Chevènement, Jospin = éclatement absolu) pour un total gauche de 37,6%.
D'où Le Pen au 2ème tour…
1er tour 2007 : 6 candidats à gauche (Laguillier, Besancenot, Buffet, Bové, Voynet, Royal), pour un total gauche de 36,1%.
Pas de Le Pen au second tour (il a fait 10%, surtout du fait du Sarko, qui a misé un max sur le discours sécuritaire, vous vous souvenez de cette campagne, insupportable, vu que la sécurité a toujours été entre la 8ème et la 10ème place dans les préoccupations des Français !…).
2012 : 5 candidats à gauche pour un total gauche de… 46% (à 4% près, puisque c'est selon les sondages).
Aucun rapport avec la situation 2002, ni même 2007, donc…
Ainsi, même en prenant l'hypothèse la plus défavorable : 42% de total gauche et non 46 (erreur sondages), et les voix de Hollande et de Mélenchon pile partagées en 2 (ça serait pas de bol^ ), ça donnerait, en enlevant les voix de Poutou (supposons 1%), Arthaud (supposons 0,5) et de Joly (supposons 2,5 - Voynet avait fait 1,6…) :
38% pour (Hollande + Mélenchon) / 2 = 19% chacun.
(à noter au passage que Mélenchon peut passer devant Hollande : 19%, c'est haut, mais pas infaisable !…)
Mais 19% : difficile à battre pour une Marine le Pen :
- qui ne se démarque pas autant de Sarko que ne le faisait son père,
- avec un Sarko toujours aussi prêt à raconter n'importe quoi pour lui piquer ses voix (cette fois on se tape carrément des discours xénophobes - et ça marche - bon sauf que si ça continue ils seront pareils, donc je sais pas si on y aura gagné…^ ),
- et avec, en plus, un Mélenchon qui décortique ses inepties une à une, à l'attention de ceux qui pourraient être tentés (et ça marche aussi ! : elle a énormément baissé depuis le début des attaques en règle - enfin… sauf que du coup les "tentés" se prononcent pour Sarko à sa place lol, mais bon c'est toujours ça on va dire…).
Voilà, donc non seulement il faut toujours voter en fonction de la proximité entre un programme et ses propres convictions (tout simplement parce que sinon, on a pas la moindre chance de les voir mises en œuvre…), mais en plus, il y a zéro risque de 21 avril cette fois, ce qui rend les choses franchement moins compliquées !…
Et pour ce qui est des gens qui affluent depuis des mois vers le Front de Gauche, il s'agit, dans l'ordre chronologique comme dans l'ordre de quantité : 1. de centristes (!!) (depuis novembre dernier, et ça n'arrête pas !), notamment d'ingénieurs (en pagaille…), de médecins (très nombreux également), et depuis peu et en moindre quantité, d'artisans/commerçants/dirigeants de PME, qui votaient au centre droit par habitude, mais ont vu ce que donnait la politique à Sarko et ont percuté sur ce qu'il fallait faire, 2. de NPA exaspérés par la politique d'isolement de leur parti, absurde maintenant qu'il y a possibilité de se fédérer sans violer l'intégrité de chaque parti, 3. d'écolos écoeurés par l'accord avec le PS, et qui s'aperçoivent en plus que les propositions du FdG sont largement plus écolo que les leurs, tout simplement parce que le FdG n'a pas le cl entre 2 chaises (droite et gauche), contrairement à EELV (le capitalisme vert est une douce illusion, l'écologie ne peut être qu'anti-productiviste, par définition…)
**4. d'abstentionnistes* (surtout depuis le mois dernier, et ça c'est la grande nouvelle !) 5. de socialistes (ça commence à être important… ingénieurs et médecins là aussi, mais aussi des profs et cadres du public… Possible que Hollande baisse un peu du coup, même si le total gauche devrait continuer à augmenter du fait de l'arrivée de centristes et d'abstentionnistes) 6. de quelques UMP (!!) - devrait pas y en avoir beaucoup quand même au final… ?
Mais évidemment, zéro lepéniste à l'horizon, je confirme, et cela n'étonne évidemment personne. ;)
-- Un début de vraie fusion du peuple de tout horizon face aux oligarches, non ??
Voilà qui rappelle très fortement ce qui s'est passé en Amérique latine…
[^] # Re: 14%... voire beaucoup plus ;)
Posté par AnneRoux . En réponse au journal Mélenchon à 14% d'intentions de vote.... Évalué à 2.
Tout juste : le FdG ne pique pas une seule voix au FN (évidemment^ ).
Ce qui se passe en réalité, c'est 2 phénomènes simultanés :
1. Le glissement des électeurs d'une classe à l'autre (de la droite vers la gauche, ou bien l'inverse selon les moments). Cette semaine par exemple, effet tueur de Toulouse oblige, on a vu 2% des électeurs FN repasser à Sarkozy (FN -2,5, Sarko +2). Les vases communiquants, ces 2-là !^
On a aussi visiblement : des Bayrou qui passent Hollande et des Hollande qui passent Mélenchon (ce qui fait que Hollande ne bouge pas, alors que Bayrou baisse et Mélenchon augmente…).
Mais on a aussi, plus directement (et j'en connais personnellement de nombreux, et les témoignages internet abondent…), des Bayrou qui passent Mélenchon sans passer par la case Hollande ! (ce qui fait que ce dernier ne bouge pas non plus)
Rappel :
1er tour 2002 : 8 candidats à gauche (Glucksman, Laguillier, Besancenot, Hue, Taubira, Mamère, Chevènement, Jospin = éclatement absolu) pour un total gauche de 37,6%.
D'où Le Pen au 2ème tour…
1er tour 2007 : 6 candidats à gauche (Laguillier, Besancenot, Buffet, Bové, Voynet, Royal), pour un total gauche de 36,1%.
Pas de Le Pen au second tour (il a fait 10%, surtout du fait du Sarko, qui a misé un max sur le discours sécuritaire, vous vous souvenez de cette campagne, insupportable, vu que la sécurité a toujours été entre la 8ème et la 10ème place dans les préoccupations des Français !…).
2012 : 5 candidats à gauche pour un total gauche de… 46% (à 4% près, puisque c'est selon les sondages).
Aucun rapport avec la situation 2002, ni même 2007, donc…
Ainsi, même en prenant l'hypothèse la plus défavorable : 42% de total gauche et non 46 (erreur sondages), et les voix de Hollande et de Mélenchon pile partagées en 2 (ça serait pas de bol^ ), ça donnerait, en enlevant les voix de Poutou (supposons 1%), Arthaud (supposons 0,5) et de Joly (supposons 2,5 - Voynet avait fait 1,6…) :
38% pour (Hollande + Mélenchon) / 2 = 19% chacun.
(à noter au passage que Mélenchon peut passer devant Hollande : 19%, c'est haut, mais pas infaisable !…)
Mais 19% : difficile à battre pour une Marine le Pen :
- qui ne se démarque pas autant de Sarko que ne le faisait son père,
- avec un Sarko toujours aussi prêt à raconter n'importe quoi pour lui piquer ses voix (cette fois on se tape carrément des discours xénophobes - et ça marche - bon sauf que si ça continue ils seront pareils, donc je sais pas si on y aura gagné…^ ),
- et avec, en plus, un Mélenchon qui décortique ses inepties une à une, à l'attention de ceux qui pourraient être tentés (et ça marche aussi ! : elle a énormément baissé depuis le début des attaques en règle - enfin… sauf que du coup les "tentés" se prononcent pour Sarko à sa place lol, mais bon c'est toujours ça on va dire…).
Voilà, donc non seulement il faut toujours voter en fonction de la proximité entre un programme et ses propres convictions (tout simplement parce que sinon, on a pas la moindre chance de les voir mises en œuvre…), mais en plus, il y a zéro risque de 21 avril cette fois, ce qui rend les choses franchement moins compliquées !…
Et pour ce qui est des gens qui affluent depuis des mois vers le Front de Gauche, il s'agit, dans l'ordre chronologique comme dans l'ordre de quantité :
1. de centristes (!!) (depuis novembre dernier, et ça n'arrête pas !), notamment d'ingénieurs (en pagaille…), de médecins (très nombreux également), et depuis peu et en moindre quantité, d'artisans/commerçants/dirigeants de PME, qui votaient au centre droit par habitude, mais ont vu ce que donnait la politique à Sarko et ont percuté sur ce qu'il fallait faire,
2. de NPA exaspérés par la politique d'isolement de leur parti, absurde maintenant qu'il y a possibilité de se fédérer sans violer l'intégrité de chaque parti,
3. d'écolos écoeurés par l'accord avec le PS, et qui s'aperçoivent en plus que les propositions du FdG sont largement plus écolo que les leurs, tout simplement parce que le FdG n'a pas le cl entre 2 chaises (droite et gauche), contrairement à EELV (le capitalisme vert est une douce illusion, l'écologie ne peut être qu'anti-productiviste, par définition…)
**4. d'abstentionnistes* (surtout depuis le mois dernier, et ça c'est la grande nouvelle !)
5. de socialistes (ça commence à être important… ingénieurs et médecins là aussi, mais aussi des profs et cadres du public… Possible que Hollande baisse un peu du coup, même si le total gauche devrait continuer à augmenter du fait de l'arrivée de centristes et d'abstentionnistes)
6. de quelques UMP (!!) - devrait pas y en avoir beaucoup quand même au final… ?
Mais évidemment, zéro lepéniste à l'horizon, je confirme, et cela n'étonne évidemment personne. ;)
-- Un début de vraie fusion du peuple de tout horizon face aux oligarches, non ??
Voilà qui rappelle très fortement ce qui s'est passé en Amérique latine…