Le candidat a aussi le droit (le devoir?) de recentrer le débat sur son programme. Les journalistes jouent au cons, ce n’est pas nécessairement avec les petits candidats, c’est avec tous. Il faut au moins leur reconnaître que ça permet de filtrer ceux qui ont la trempe et la carrure de ceux qui ne l’ont pas. Avec tous ils préfèrent parler des petites phrases assassines (15s au sein d’un discours de 40min) ou une sortie malencontreuse, pointer une archive d’il y a 1, 5, 30 ans pour dire gnagna j’ai piégé untel, ou encore jouer la caricature. Plus généralement ils préfèrent parler de tout sauf de politique, la vraie, celle qui définit les grandes décisions de société, la stratégie internationale. Ça arrange bien les partis en place, même s’ils commencent à recevoir le retour de bâton (désintérêts politiques, montée du « populisme »).
À ça tu ajoutes un soupçon d’élitisme conspuant les « petits » candidats, et du haut de leur condescendance ils te prouvent qu’ils font preuve de la plus parfaite des bêtises en assimilant le communisme aux goulags (et ça se dit journaliste politique ?).
Petit exemple avec « des bobards et des claques » invitant Mélenchon (à 36:00 c’est un vieux routard, et il en parle). Au début de l’émission les journalistes posent des questions totalement dérisoires, genre « à qui dédierez-vous votre victoire », « où iriez-vous fêter votre victoire », « votre premier voyage » (ces deux dernières faut les garder, z’ont pas capté que tout le monde s’en tape dans le fond, que c’est juste l’attitude de Sarkozy qui avait choqué à l’époque), « votre trait de caractère qui vous agace le plus », « la qualité dont vous êtes le plus fier » (mais… mais… on n’est pas à un entretien d’embauche sérieux). À 1:20, alors on ne va pas parler des divergences de points de vue entre PS et front de gauche, non, non, non, on va parler de Hollande, pas de la gauche, pas du PS, mais des relations avec Hollande. Et là il embraye encore sur « le jeu médiatique » et les biais des journalistes. Continuer jusqu’à 1:22 et la question faussement niaise : « et ils vous ont laissé filmé ? » et la suite…
Bref, tout sur la forme, rien sur le fond. Mais les pauvres ne sont pas à blâmer : ils ont été formés comme hommes et femmes de spectacle. Il font ce qu’on leur a appris. Et les hommes politiques ont appris à s’en servir. Parce que ceux en place y retrouvent leur comptes, parce que ça évite de remettre en cause la société actuelle, imposant de fait une société extrêmement conservatrice car ce ne sont pas de gens bien installés, qui gagnent bien leur vie, qui vont vouloir la changer. L’important dans tout ça, c’est d’avoir quelques personnes qui critiquent, qui disent vouloir renverser les choses actuelles, je parle des caricaturistes/humoristes, et du monsieur en question justement. Souvent « contestataires de métier » ils font la même chose depuis des années, sans jamais rien de concret. Il doivent bien se rendre compte qu’on ne leur permet d’exister que sous certaines conditions, certains sont proprement éjectés. Ce n’est pas qu’il ne croient pas non plus à leurs propres discours. Peut-être qu’inconsciemment ils se rendent compte qu’ils ne servent que de soupapes de sécurité, histoire de faire retomber la pression. Sans jamais attaquer le fond.
[^] # Re: o_O'
Posté par Le faussoyeur . En réponse au journal Petit candidat contre Grand Journaliste. Évalué à 3.
Le candidat a aussi le droit (le devoir?) de recentrer le débat sur son programme. Les journalistes jouent au cons, ce n’est pas nécessairement avec les petits candidats, c’est avec tous. Il faut au moins leur reconnaître que ça permet de filtrer ceux qui ont la trempe et la carrure de ceux qui ne l’ont pas. Avec tous ils préfèrent parler des petites phrases assassines (15s au sein d’un discours de 40min) ou une sortie malencontreuse, pointer une archive d’il y a 1, 5, 30 ans pour dire gnagna j’ai piégé untel, ou encore jouer la caricature. Plus généralement ils préfèrent parler de tout sauf de politique, la vraie, celle qui définit les grandes décisions de société, la stratégie internationale. Ça arrange bien les partis en place, même s’ils commencent à recevoir le retour de bâton (désintérêts politiques, montée du « populisme »).
À ça tu ajoutes un soupçon d’élitisme conspuant les « petits » candidats, et du haut de leur condescendance ils te prouvent qu’ils font preuve de la plus parfaite des bêtises en assimilant le communisme aux goulags (et ça se dit journaliste politique ?).
Petit exemple avec « des bobards et des claques » invitant Mélenchon (à 36:00 c’est un vieux routard, et il en parle). Au début de l’émission les journalistes posent des questions totalement dérisoires, genre « à qui dédierez-vous votre victoire », « où iriez-vous fêter votre victoire », « votre premier voyage » (ces deux dernières faut les garder, z’ont pas capté que tout le monde s’en tape dans le fond, que c’est juste l’attitude de Sarkozy qui avait choqué à l’époque), « votre trait de caractère qui vous agace le plus », « la qualité dont vous êtes le plus fier » (mais… mais… on n’est pas à un entretien d’embauche sérieux). À 1:20, alors on ne va pas parler des divergences de points de vue entre PS et front de gauche, non, non, non, on va parler de Hollande, pas de la gauche, pas du PS, mais des relations avec Hollande. Et là il embraye encore sur « le jeu médiatique » et les biais des journalistes. Continuer jusqu’à 1:22 et la question faussement niaise : « et ils vous ont laissé filmé ? » et la suite…
Bref, tout sur la forme, rien sur le fond. Mais les pauvres ne sont pas à blâmer : ils ont été formés comme hommes et femmes de spectacle. Il font ce qu’on leur a appris. Et les hommes politiques ont appris à s’en servir. Parce que ceux en place y retrouvent leur comptes, parce que ça évite de remettre en cause la société actuelle, imposant de fait une société extrêmement conservatrice car ce ne sont pas de gens bien installés, qui gagnent bien leur vie, qui vont vouloir la changer. L’important dans tout ça, c’est d’avoir quelques personnes qui critiquent, qui disent vouloir renverser les choses actuelles, je parle des caricaturistes/humoristes, et du monsieur en question justement. Souvent « contestataires de métier » ils font la même chose depuis des années, sans jamais rien de concret. Il doivent bien se rendre compte qu’on ne leur permet d’exister que sous certaines conditions, certains sont proprement éjectés. Ce n’est pas qu’il ne croient pas non plus à leurs propres discours. Peut-être qu’inconsciemment ils se rendent compte qu’ils ne servent que de soupapes de sécurité, histoire de faire retomber la pression. Sans jamais attaquer le fond.