Je plussoie. Etant moi-même très pragmatique, je suis souvent d'accord avec les arguments avancés par Zenitram. Et je dois dire que je trouve l'auteur de ce journal complètement à côté de la plaque.
Visiblement, dès qu'on ne se complaît pas dans l'idéalisme du libre et qu'on s'en retourne aux stricts définitions de la GPL, on est vite incompris ici.
Cependant, cher Zenitram, j'ai moi aussi des critiques à émettre vis à vis de ton propos systématique.
Il est vrai que quand on remonte à la définition même de la GPL, le receveur d'un logiciel libre n'a nulle obligation vis à vis de l'auteur du logiciel. Et même, le fournisseur du logiciel n'a d'autres obligations que de fournir les sources de sons logiciel à celui qui l'utilise et à personne d'autre (je ne t'ai d'ailleurs jamais vu troller à propos de ce sujet pourtant trollifère, la non distribution des sources au grand public est 100% compatible avec la GPL).
Et pourtant, la communauté du logiciel libre en général s'est aussi construite sur d'autres principes, non écrits, mais qui existent réellement. Ne serait-ce que celui de rendre disponibles les sources des logiciels libres "au grand public" et pas seulement aux utilisateurs du logiciel.
Je défends pour ma part que envoyer des patchs en upstream fait partie des "bonnes pratiques" de la communauté et permet d'entretenir un écosystème sain, même si ce n'est pas une obligation. En particulier quand un logiciel libre est au coeur du succès d'un autre projet ou d'une société, je trouve ça raisonnable d'attendre une contribution en retour sous forme de patch quand c'est possible, ou sous une autre forme : retour de bug, donations, sponsor, matériel [1].
Si tout le monde s'en tenait à la définition stricte de la GPL, la communauté et l'écosystème des logiciels libres n'existeraient pas.
Par ailleurs, beaucoup de logiciels libres sont publiés sous GPL, mais combien d'auteurs comprennent réellement la portée de cette licence ? Le fait qu'elle soit massivement répandue la rend incontournable et les problèmes de compatibilité de licence fait qu'il est difficile de publier sous une autre licence, moins opensource [2].
Je pense comme tu le soulignes que certains auteurs préféreraient une licence CC-BY-NC pour leurs logiciels mais n'y ont pas réfléchi à temps. Du coup, argumenter sur le fait que le respect strict de la GPL représente bien le souhait de l'auteur est quand même biaisé.
Le fait qu'il y aie une GPL v3 et même une AGPL montre bien que la GPL ne réflétait pas que "la stricte et l'unique volonté de l'auteur initial dans les obligations qu'il t'impose" mais qu'il y avait bien d'autres obligations non explicites (et parfois qui ne pourraient être légales) vis à vis du logiciel libre, et que ces nouvelles licences tentent d'en capturer une nouvelle partie.
En conclusion, bien que souvent d'accord avec ton pragmatisme, je trouve que ton raisonnement uniquement centré sur la définition de la GPL confine à l'étroitesse d'esprit.
Voilà.
[1]: par contre, dire que Ubuntu ne contribue pas à l'écosystème du logiciel libre en comptant ses contributions au noyau Linux, c'est avoir vision assez pauvre de ce qu'est le monde du logiciel libre.
[2]: normalement, vous ne devez pas laisser passer ce troll: soit on est Open Source, soit on l'est pas mais on ne peut pas être "moins" Open Source.
Perso, j'ai cependant un faible pour la licence CC-BY ou l'ancienne licence MIT avec clause de publicité. Mais elles sont incompatibles avec la GPL, donc je ne les utilise pas. Pour un logiciel libre que je développe en Python + PyQt, je choisira bien une telle licence, mais acheter une licence Qt + une licence PyQt rien que pour ça me semble un peu cher. Donc allons y pour la GPL imposée, je respecte la volonté des auteurs des logiciels que j'utilise mais je me sens légèrement contraint. D'ailleurs, l'ancienne licence de Qt était plus permissive mais les gens râlaient parce qu'elle était pas assez GPL.
[^] # Re: mouai
Posté par Philippe F (site web personnel) . En réponse au journal Zenitram ou le relativisme absolu. Évalué à 3.
Je plussoie. Etant moi-même très pragmatique, je suis souvent d'accord avec les arguments avancés par Zenitram. Et je dois dire que je trouve l'auteur de ce journal complètement à côté de la plaque.
Visiblement, dès qu'on ne se complaît pas dans l'idéalisme du libre et qu'on s'en retourne aux stricts définitions de la GPL, on est vite incompris ici.
Cependant, cher Zenitram, j'ai moi aussi des critiques à émettre vis à vis de ton propos systématique.
Il est vrai que quand on remonte à la définition même de la GPL, le receveur d'un logiciel libre n'a nulle obligation vis à vis de l'auteur du logiciel. Et même, le fournisseur du logiciel n'a d'autres obligations que de fournir les sources de sons logiciel à celui qui l'utilise et à personne d'autre (je ne t'ai d'ailleurs jamais vu troller à propos de ce sujet pourtant trollifère, la non distribution des sources au grand public est 100% compatible avec la GPL).
Et pourtant, la communauté du logiciel libre en général s'est aussi construite sur d'autres principes, non écrits, mais qui existent réellement. Ne serait-ce que celui de rendre disponibles les sources des logiciels libres "au grand public" et pas seulement aux utilisateurs du logiciel.
Je défends pour ma part que envoyer des patchs en upstream fait partie des "bonnes pratiques" de la communauté et permet d'entretenir un écosystème sain, même si ce n'est pas une obligation. En particulier quand un logiciel libre est au coeur du succès d'un autre projet ou d'une société, je trouve ça raisonnable d'attendre une contribution en retour sous forme de patch quand c'est possible, ou sous une autre forme : retour de bug, donations, sponsor, matériel [1].
Si tout le monde s'en tenait à la définition stricte de la GPL, la communauté et l'écosystème des logiciels libres n'existeraient pas.
Par ailleurs, beaucoup de logiciels libres sont publiés sous GPL, mais combien d'auteurs comprennent réellement la portée de cette licence ? Le fait qu'elle soit massivement répandue la rend incontournable et les problèmes de compatibilité de licence fait qu'il est difficile de publier sous une autre licence, moins opensource [2].
Je pense comme tu le soulignes que certains auteurs préféreraient une licence CC-BY-NC pour leurs logiciels mais n'y ont pas réfléchi à temps. Du coup, argumenter sur le fait que le respect strict de la GPL représente bien le souhait de l'auteur est quand même biaisé.
Le fait qu'il y aie une GPL v3 et même une AGPL montre bien que la GPL ne réflétait pas que "la stricte et l'unique volonté de l'auteur initial dans les obligations qu'il t'impose" mais qu'il y avait bien d'autres obligations non explicites (et parfois qui ne pourraient être légales) vis à vis du logiciel libre, et que ces nouvelles licences tentent d'en capturer une nouvelle partie.
En conclusion, bien que souvent d'accord avec ton pragmatisme, je trouve que ton raisonnement uniquement centré sur la définition de la GPL confine à l'étroitesse d'esprit.
Voilà.
[1]: par contre, dire que Ubuntu ne contribue pas à l'écosystème du logiciel libre en comptant ses contributions au noyau Linux, c'est avoir vision assez pauvre de ce qu'est le monde du logiciel libre.
[2]: normalement, vous ne devez pas laisser passer ce troll: soit on est Open Source, soit on l'est pas mais on ne peut pas être "moins" Open Source.
Perso, j'ai cependant un faible pour la licence CC-BY ou l'ancienne licence MIT avec clause de publicité. Mais elles sont incompatibles avec la GPL, donc je ne les utilise pas. Pour un logiciel libre que je développe en Python + PyQt, je choisira bien une telle licence, mais acheter une licence Qt + une licence PyQt rien que pour ça me semble un peu cher. Donc allons y pour la GPL imposée, je respecte la volonté des auteurs des logiciels que j'utilise mais je me sens légèrement contraint. D'ailleurs, l'ancienne licence de Qt était plus permissive mais les gens râlaient parce qu'elle était pas assez GPL.