quand vous parlez de mixage/accélération hardware, est-il question de ces grosses cartes externes que je voyais chez des ingénieurs du son, avec pleins de boutons, switchs et leviers? Le genre de trucs qu'ils vont en général utiliser avec Protools. Je me souviens en particulier de cartes M-audio.
L'acceleration hardware du mixage est un comportement que l'on trouve sur certaines cartes moyen et haut de gamme pour particuliers.
Grosso modo sur une carte son sans mix hardware l'interface d'écriture est mono source. En d'autres termes si tu fais cat /home/toto/fichier.wav > /dev/audio ca joue ton fichier. Si en même temps tu fais un cat /home/toto/fichier2.wav > /dev/audio ca va te répondre "device busy".
Par contre si ta carte supporte le mixage hard alors tu pourras envoyer autant de fichiers que tu veux dedans (dans la lmitie du raisonable) et les fichiers seront joués en même temps.
Sauf que si tu utilises Pulse Audio il va forcer un lock exclusif de /dev/audio, obligeant tout le monde à passer par lui. Donc non seulement il ne prend pas en charge le mixing hard, mais en plus il le saborde pour les autres applications qui ne veulent pas/ne peuvent pas utiliser PA.
Les cartes M-Audio (ou autres consoles pro) sont chères non pas à cause du mix hard (qui n'est finalement pas très couteux à implémenter) mais surtout parce qu'elles ont un coefficiant de distorsion très faible et des horloges extrèmement précises. C'est ce qui permet de bosser pendant des heures sur un fichier son sans se demander à la fin de la prod si le début de la bande son a pas drifté d'une demi seconde.
En d'autres termes, le monde professionnel du son lui-même est-il en train de migrer vers du mixage tout software?
Même pas en rêve. Le mixage soft à la Pulse Audio pose de vrais problèmes de calage. Pour chaque source jouée on va avoir un triple context switch (utilisateur -> daemon PA -> Alsa), en mixage hardware si on se démerde bien , on a un seul context switch par utilisateur sur la console. A défaut on peut facilement limiter le nombre de context switch. Tu imagines bien que quand tu fais un assemblages de plus de 50 sources (Musique + 3 sources voix + 2 sources bruitages + effets sur certaines sources +….) et que tu veux une précision au centième de seconde (l'oreille humaine est d'une précision monstrueuse, elle réagit a des éccarts de l'ordre du cinquantième de seconde) sur deux heures de bande son redirigée vers des sorties 7.1 voire 9.1 aujourd'hui - l'idée de te frapper 3 context switch par source ne te fait pas rire du tout.
Donc les pro utilisent des mixer hardware avec des horloges ultra-précises et des composants a très faible distorsion.
[^] # Re: Pourquoi PA sux
Posté par Kaane . En réponse à la dépêche Sortie de PulseAudio 2.0. Évalué à 10.
quand vous parlez de mixage/accélération hardware, est-il question de ces grosses cartes externes que je voyais chez des ingénieurs du son, avec pleins de boutons, switchs et leviers? Le genre de trucs qu'ils vont en général utiliser avec Protools. Je me souviens en particulier de cartes M-audio.
L'acceleration hardware du mixage est un comportement que l'on trouve sur certaines cartes moyen et haut de gamme pour particuliers.
Grosso modo sur une carte son sans mix hardware l'interface d'écriture est mono source. En d'autres termes si tu fais cat /home/toto/fichier.wav > /dev/audio ca joue ton fichier. Si en même temps tu fais un cat /home/toto/fichier2.wav > /dev/audio ca va te répondre "device busy".
Par contre si ta carte supporte le mixage hard alors tu pourras envoyer autant de fichiers que tu veux dedans (dans la lmitie du raisonable) et les fichiers seront joués en même temps.
Sauf que si tu utilises Pulse Audio il va forcer un lock exclusif de /dev/audio, obligeant tout le monde à passer par lui. Donc non seulement il ne prend pas en charge le mixing hard, mais en plus il le saborde pour les autres applications qui ne veulent pas/ne peuvent pas utiliser PA.
Les cartes M-Audio (ou autres consoles pro) sont chères non pas à cause du mix hard (qui n'est finalement pas très couteux à implémenter) mais surtout parce qu'elles ont un coefficiant de distorsion très faible et des horloges extrèmement précises. C'est ce qui permet de bosser pendant des heures sur un fichier son sans se demander à la fin de la prod si le début de la bande son a pas drifté d'une demi seconde.
En d'autres termes, le monde professionnel du son lui-même est-il en train de migrer vers du mixage tout software?
Même pas en rêve. Le mixage soft à la Pulse Audio pose de vrais problèmes de calage. Pour chaque source jouée on va avoir un triple context switch (utilisateur -> daemon PA -> Alsa), en mixage hardware si on se démerde bien , on a un seul context switch par utilisateur sur la console. A défaut on peut facilement limiter le nombre de context switch. Tu imagines bien que quand tu fais un assemblages de plus de 50 sources (Musique + 3 sources voix + 2 sources bruitages + effets sur certaines sources +….) et que tu veux une précision au centième de seconde (l'oreille humaine est d'une précision monstrueuse, elle réagit a des éccarts de l'ordre du cinquantième de seconde) sur deux heures de bande son redirigée vers des sorties 7.1 voire 9.1 aujourd'hui - l'idée de te frapper 3 context switch par source ne te fait pas rire du tout.
Donc les pro utilisent des mixer hardware avec des horloges ultra-précises et des composants a très faible distorsion.