• [^] # Re: Ça m'étonnerait..

    Posté par . En réponse au journal Est-ce le téléchargement illégal ou internet qui est visé?. Évalué à 4.

    Certes, mais il faut être idéologue et passéiste pour mettre à disposition ses vidéos en P2P. Rien que pour des raisons techniques, c'est inimaginable : le débit de Youtube, le streaming, et la possibilité de télécharger et visualiser la vidéo dans un navigateur sont des avantages techniques indéniables.

    Niveau idéologie ton discours se pose là. On peut tout aussi avancer que l'impossibilité de censurer la vidéo, la liberté de choisir sa qualité et son encodage, la possibilité de lui joindre d'autres fichiers dans un format totalement libre (multiples sous titres, texte explicatif, page Web..), la résilience permise par le P2P, le débit y compris chez les abonnés Free (ba oui, le "débit de Youtube" y'en a pour qui il est mauvais, parfois), la possibilité de télécharger la vidéo sans se battre CONTRE le système de diffusion, et enfin la possibilité de la télécharger sans dépendre d'un navigateur donc d'une interface graphique, ni même de dépendre des plateformes que Adobe a décidé de supporter, font que le P2P écrase Youtube.

    À mes yeux, l'idéologie est surtout dans la dévalorisation que les individus s'infligent à eux-mêmes. Le sous-entendu (implicite et non dit, voire non pensé) est que leur vidéo faite maison n'est "pas assez bonne" pour mériter l' "effort" (entre guillemets, car je viens d'expliciter en quoi ça marche pas si mal) de la récupérer sur le P2P. Alors que, si c'est la grosse production hollywoodienne, elle "vaut le coup" de se lancer dans le P2P.

    Et, AMHA, c'est directement lié à la sujétion des individus à la pression sociale induite par la publicité, les médias uni-directionnels (TV, radio), qui les pousse à apprécier les oeuvres connues pas tant parce qu'elle leur plaisent mais parce qu'elles sont connues (donc sont un moyen d'affirmer son intégration au groupe par la démonstration de la connaissance des références communes).

    Ça devrait peut-être changer avec la place croissante que prennent les oeuvres "amateurs" dans la culture des internautes, d'abord en tant que culture dérivée (parodie, reprises des éléments de la culture commerciale), et de plus en plus en tant qu'oeuvre originale. Il ne restera plus qu'aux internautes à se rendre compte que le P2P fonctionne, aussi, pour un usage légal, et que les plateformes "2.0" n'ont rien d'un passage obligatoire.

    Après, j'ai malgré tout peur que même les wareziens les plus farouches, les pirates les plus auto-proclamés, ne cèdent à la facilité et continuent malgré tout à vivre leur existence numérique dans les espaces privés des entreprises du "Web 2.0", en ayant exactement la même attitude que la plupart des artistes vis à vis de la SACEM et des majors : Signer des contrats de merde sans les lire, s'aliéner soi-même et faire régresser l'espace des libertés.

    THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.