J'ai participé en tant que représentant syndical aux élections professionnelles 2011 dans l'éducation nationale.
Ils avaient mis le paquet pour "montrer" que tout était sécurisé et en particulier lors du "scellement de l'urne" et du "dépouillement" où la moitié plus un des membres du bureau de vote devaient défiler avec une carte ad-hoc pour que puisse être utilisée la clé de chiffrement de l'urne, sans laquelle les votes étaient perdus. Dans l'académie de Reims nous étions 22 au bureau de vote centralisateur et donc nous avons passé notre journée à défiler avec notre carte pour "déchiffrer" les scrutins.
A ce niveau là, je pense qu'il n'y avait pas de faille….
MAIS…
Au niveau du logiciel utilisé nous n'avons eu aucune réponse sinon qu'un panel d'experts s'étaient penchés sur la question…
Cependant l'essentiel est ailleurs. Faire le meilleur logiciel ne suffit pas.
Les votants n'ont pas tous reçu leur matériel pour voter. De plus la procédure était compliquée par les mesures de sécurisation informatique : un code unique envoyé par la poste ( donc facile à perdre mais très difficile à ré-obtenir car les code étaient en nombre limité ) pour aller chercher sur internet son identifiant de vote, le tout avec la bonne version de java et pas une autre… Bref.. beaucoup se sont arrêtés en cours de route.
EN PLUS
Avec ces votes électroniques les votant n'ont plus les professions de foi et listes sur papier, qu'ils recevaient chez eux et qu'ils pouvaient consulter à loisir, plus non plus d'enveloppes de vote où l'on glissait instantanément son bulletin avant de l'amener ou de l'envoyer par la poste au bureau de vote…
Inutile de dire que dans ces conditions le taux de participation s'effondre ! Et après on dira que les syndicats ne sont pas représentatifs…
ENFIN
J'ai bien peur que l'étude de la CNIL sur ce scrutin ne nous arrive d'ici 3 ou 4 ans ou même après le prochain scrutin.
Il est impératif que s'instaure un débat sur ces procédures dans le but de favoriser la participation et non dans le but de faire d'improbables économies de papier…
Que l'on consacre une matinée de travail pour des réunions électorales et je vous fiche mon billet que la participation atteindra 100 %
# Sur le vote des élections professionnelles dans l'Éducation nationale (octobre 2011)
Posté par xavier dumont . En réponse à la dépêche Fuite d'un rapport de la CNIL sur les élections prud'homales par Internet en 2008. Évalué à 6.
J'ai participé en tant que représentant syndical aux élections professionnelles 2011 dans l'éducation nationale.
Ils avaient mis le paquet pour "montrer" que tout était sécurisé et en particulier lors du "scellement de l'urne" et du "dépouillement" où la moitié plus un des membres du bureau de vote devaient défiler avec une carte ad-hoc pour que puisse être utilisée la clé de chiffrement de l'urne, sans laquelle les votes étaient perdus. Dans l'académie de Reims nous étions 22 au bureau de vote centralisateur et donc nous avons passé notre journée à défiler avec notre carte pour "déchiffrer" les scrutins.
A ce niveau là, je pense qu'il n'y avait pas de faille….
MAIS…
Au niveau du logiciel utilisé nous n'avons eu aucune réponse sinon qu'un panel d'experts s'étaient penchés sur la question…
Cependant l'essentiel est ailleurs. Faire le meilleur logiciel ne suffit pas.
Les votants n'ont pas tous reçu leur matériel pour voter. De plus la procédure était compliquée par les mesures de sécurisation informatique : un code unique envoyé par la poste ( donc facile à perdre mais très difficile à ré-obtenir car les code étaient en nombre limité ) pour aller chercher sur internet son identifiant de vote, le tout avec la bonne version de java et pas une autre… Bref.. beaucoup se sont arrêtés en cours de route.
EN PLUS
Avec ces votes électroniques les votant n'ont plus les professions de foi et listes sur papier, qu'ils recevaient chez eux et qu'ils pouvaient consulter à loisir, plus non plus d'enveloppes de vote où l'on glissait instantanément son bulletin avant de l'amener ou de l'envoyer par la poste au bureau de vote…
Inutile de dire que dans ces conditions le taux de participation s'effondre ! Et après on dira que les syndicats ne sont pas représentatifs…
ENFIN
J'ai bien peur que l'étude de la CNIL sur ce scrutin ne nous arrive d'ici 3 ou 4 ans ou même après le prochain scrutin.
Il est impératif que s'instaure un débat sur ces procédures dans le but de favoriser la participation et non dans le but de faire d'improbables économies de papier…
Que l'on consacre une matinée de travail pour des réunions électorales et je vous fiche mon billet que la participation atteindra 100 %