• [^] # Re: chomage ?

    Posté par . En réponse au journal Visualisation politique / économique. Évalué à 4.

    Et comment on fait pour donner quelque chose qu'on n'a pas?

    L'État n'est pas là pour donner du travail, mais pour permettre à celui-ci de continuer à exister voire relancer la machine quand celle-ci est grippée. Cela peut passer par des politiques de grands travaux dans des domaines utiles, nécessaires voire urgents et, de préférence, non-délocalisables. Ça tombe bien, il existe au moins un cas où cela peut/doit se faire : la rénovation thermique.

    Quelques chiffres pour planter le décor : en France, la moyenne de consommation énergétique est de 250kWh/m2/an. Pour comparaison, la norme BBC (obligatoire pour les permis déposés à partir du 01/01/2013) impose un plafond de 50kWh/m2/an et la norme maison passive (à partir de 2020), 15kWh/m2/an[1]. Sachant que le taux de construction annuel est de l'ordre de 1% du parc existant, et le taux de démolition de 0,1%, on voit que le gros du travail est à faire dans le parc existant, parc qui date aux 3/4 d'avant 1975, année de la première règlementation thermique. Le chauffage (et la clim') représentant 43% de l'énergie (toutes sources confondues, donc pas uniquement l'électricité) consommée en France, on voit donc qu'il y là un "gisement" d'économies d'énergie possibles énorme (ce que l'on nomme des négawatts).

    Une politique digne de ce nom pourrait donc pousser à la rénovation des bâtiments, ce qui pousserait aussi les entreprises à innover encore plus dans les matériaux isolants. La demande massive provoquant au passage des économies d'échelle.

    Pour la question du subventionnement des travaux, les propriétaires n'ayant pas toujours les moyens financiers pour cela, des solutions comme celle lancée par la région Île-de-France fin 2011 (une SEM nommée "énergie posit'if") et plus généralement nommées "contrats de performance énergétique", sont une possibilité : cela consiste à faire financer les travaux par un prestataire de services d'efficacité énergétique, ce dernier se remboursant sur les économies d'énergie générées grâce à ses travaux.
    Ex : soit un immeuble où chaque logement 100€/mois de charges juste pour le chauffage. Après travaux, le coût n'est plus que de 20€/mois (ordre de grandeur tout à fait réaliste). Le prestataire se fera donc rembourser ses travaux sur les 80€/mois économisés par chaque logement. Le remboursement pouvant être plus ou moins long (l'ordre de grandeur est généralement de 10-15 ans) selon le montant des travaux et la somme que les habitants sont prêts à reverser au prestataire. On peut par exemple imaginer couper la poire en 2 : la moitié pour le prestataire et la moitié qui reste dans la poche des habitants, ces derniers ressentant donc directement un premier effet bénéfique de ces travaux.

    Cette proposition fait d'ailleurs partie du programme politique d'Eva Joly, et est très bien expliquée (mes chiffres viennent de là) par le scénario NegaWatt.

    [1] Pour info, cette norme existe déjà depuis plusieurs années en Allemagne, en Suisse, en Autriche, …