J'ai 43 ans, j'ai utilisé Internet avant le web (certains se souviennent-t-ils des serveurs archie?). Je ne suis donc pas un "natif numérique".
Je suis informaticien, et je m'intéresse donc à cette évolution, à ce développement prodigieux de toutes les technologies du réseau. Mais si je me sens "dans le coup" techniquement, je n'ai pas suivi le bouleversement des habitudes sociales ou simplement personnelles. J'écoute de la musique en glissant un CD dans une chaîne de salon. Je n'ai pas de collection audio qu'il faudrait plusieurs vies pour écouter (en tout et pour tout 17 fichiers mp3 ou ogg dont 16 libres et 1 acheté). Je lis des livres en papier (beaucoup). Je joue à des jeux de société avec des amis, autour d'une table. Je n'ai pas de blog et ne me sens pas le besoin de partager mes photos ou la recette de mon dernier exploit culinaire avec d'autres personnes que celles que je rencontre physiquement. Je suis du "web 1.0": beaucoup plus lecteur que producteur (à part sporadiquement quelques paragraphes sur LinuxFr). Ah oui, je n'ai pas la TV, non plus.
Et à côté de ça, je vois mon beau-fils de 13 ans, qui a sa chaîne sur Youtube, qui échange avec ses amis sur Facebook ou Twitter, pour qui jouer avec des amis veut dire se retrouver sur Minecraft en discutant via Skype. J'admire le naturel avec lequel il a intégré toutes ces technologies. Je comprends que pour lui, il est normal que la musique ou les films soient des choses gratuites, même si je n'adhère pas à ce point de vue (tout en me demandant quel serait le modèle approprié, qui respecte les auteurs ET leur public). La retouche d'image n'est pas pour lui une opération compliquée. Il n'a aucune idée du fonctionnement d'un ordinateur, mais une adresse IP et un numéro de port TCP sont des choses qui lui parlent. J'admire!
Comment exprimer ce que je ressens? Bien sûr, je ne peux qu'approuver le texte qui introduit ce journal. Mais je ne m'y reconnais pas tout à fait non plus. Un peu comme quand j'étais ado, quand je signais des pétitions (papier!) contre l'apartheid, même si c'était très loin de nous et que je suis de peau blanche...
# Suis-je le seul...
Posté par Serge Julien . En réponse au journal Nous, les enfants nés avec le réseau, par Piotr Czerski. Évalué à 9.
...à me sentir, comment dire, "entre les deux"?
J'ai 43 ans, j'ai utilisé Internet avant le web (certains se souviennent-t-ils des serveurs archie?). Je ne suis donc pas un "natif numérique".
Je suis informaticien, et je m'intéresse donc à cette évolution, à ce développement prodigieux de toutes les technologies du réseau. Mais si je me sens "dans le coup" techniquement, je n'ai pas suivi le bouleversement des habitudes sociales ou simplement personnelles. J'écoute de la musique en glissant un CD dans une chaîne de salon. Je n'ai pas de collection audio qu'il faudrait plusieurs vies pour écouter (en tout et pour tout 17 fichiers mp3 ou ogg dont 16 libres et 1 acheté). Je lis des livres en papier (beaucoup). Je joue à des jeux de société avec des amis, autour d'une table. Je n'ai pas de blog et ne me sens pas le besoin de partager mes photos ou la recette de mon dernier exploit culinaire avec d'autres personnes que celles que je rencontre physiquement. Je suis du "web 1.0": beaucoup plus lecteur que producteur (à part sporadiquement quelques paragraphes sur LinuxFr). Ah oui, je n'ai pas la TV, non plus.
Et à côté de ça, je vois mon beau-fils de 13 ans, qui a sa chaîne sur Youtube, qui échange avec ses amis sur Facebook ou Twitter, pour qui jouer avec des amis veut dire se retrouver sur Minecraft en discutant via Skype. J'admire le naturel avec lequel il a intégré toutes ces technologies. Je comprends que pour lui, il est normal que la musique ou les films soient des choses gratuites, même si je n'adhère pas à ce point de vue (tout en me demandant quel serait le modèle approprié, qui respecte les auteurs ET leur public). La retouche d'image n'est pas pour lui une opération compliquée. Il n'a aucune idée du fonctionnement d'un ordinateur, mais une adresse IP et un numéro de port TCP sont des choses qui lui parlent. J'admire!
Comment exprimer ce que je ressens? Bien sûr, je ne peux qu'approuver le texte qui introduit ce journal. Mais je ne m'y reconnais pas tout à fait non plus. Un peu comme quand j'étais ado, quand je signais des pétitions (papier!) contre l'apartheid, même si c'était très loin de nous et que je suis de peau blanche...