• # Propriété privée des biens communs

    Posté par . En réponse à la dépêche Pourquoi investir sur des auteurs vivants quand les morts sont aussi rentables ?. Évalué à 6.

    Très bon texte. Mais, comment être surpris de la possession privée de la culture quand on voit tellement de bien publics qui sont devenus, de fait, des propriétés privées? L'eau ou les routes sont elles encore des biens collectifs? Comment Poweo peut-il nous vendre une électricité alors qu'il n'en produit presque plus? Comment peut-on breveter l'usage d'une plante comme médicament alors qu'il est ancestral dans un coin du monde? Quelle entreprise peut prétendre être propriétaire du riz basmati?

    N'attendons aucun débat rationnel avec les grandes industries, leur but est de nous vendre, ou le plus souvent de nous louer, ce qui nous appartient. C'est plus proche du hold-up que de la relation commerciale. John Brunner prédit des vendeurs d'air sain dans les grandes villes (le troupeau aveugle)…

    Dans mon boulot, je suis payé par l'état (par nous tous), et on me pousse à déposer des brevets basés sur mes travaux et à fonder une boîte privée (financée d'ailleurs avec de l'argent public) pour faire du bénéfice personnel. Toujours la même logique: privatiser le collectif.

    Je veux bien qu'un auteur ait des droits: il a travaillé, il a créé. Mais un auteur mort? Quel autre mort a des droits? À ma mort, ma retraite pourra-elle être transmise à mes enfants puis petits enfants? Mon droit de vote est-il transmissible ou cessible?

    Les oliviers appartiennent à ceux qui les cultivent, et l'art à ceux qui le font vivre. On préfère laisser crever une pièce dans l'oubli que de laisser des artistes la communiquer? Les seuls artistes que je connais vivent dans le précaire et les petits boulot. À qui profite les mal nommés droits d'auteurs??

    Problèmes de licence, de propriété, de partage des biens et des ressources, même combat!