• # Une nouvelle approche ?

    Posté par . En réponse à la dépêche Pourquoi investir sur des auteurs vivants quand les morts sont aussi rentables ?. Évalué à 9. Dernière modification le 23 février 2012 à 14:41.

    Une approche plus radicale me semble nécessaire : à l'ère des nouvelles technologies, la culture est gratuite. Point.

    Lorsque l'on conçoit un système informatique devant résister à la défaillance d'un ou plusieurs de ses composants, on pose comme base d'architecture que ces composants vont tomber en panne. On considère que tomber en panne est un fonctionnement normal, que le système sera tout le temps partiellement en panne. Et on s'arrange pour qu'il fonctionne quand même ainsi. Le service attendu est alors toujours rendu. J'ai dû lire cela ici même, à l'époque, au gré d'un article sur la conception du Google File System.

    Aujourd'hui, la musique est gratuite. Le cinéma est gratuit. Les livres sont gratuits. Il suffit des les convertir au format numérique adéquat et de le partager avec ses amis, des inconnus, le monde entier, pour un coût de réplication marginal.

    La culture est gratuite.

    Certes, la culture coûte de l'argent à produire. Des sommes non-nulles pouvant même devenir très importantes. C'est normal, acceptable et légitime.

    Pourtant, le peuple veut de la culture gratuite, mieux, le peuple obtient de la culture gratuite. C'est ainsi, cela ne changera plus maintenant. Ni des lois toujours plus dépassées et intrusives, ni des protections inutiles qui n'embêtent que les honnêtes gens, ni la volonté de quelques millions d'artistes (qu'on l'on entend effectivement pas débattre sur le sujet, étrange) rien ne pourra arrêter le mouvement d'une population de plusieurs milliards d'humains. S'il est impossible de désigner le vrai vainqueur - artistes, public, rentiers ? - pour le moment, le combat pour la diffusion de la culture, pourtant perpétuel, est déjà presque fini.

    Mais si le peuple veut tout gratuitement, bonne nouvelle : le peuple est prêt à payer, les artistes pourront manger. Les artistes, pas une industrie moribonde dont l'humanité n'a plus besoin pour échanger la culture issue des ses esprits. Il y a sur terre plus de 6 milliards d'artistes, et tout autant de personnes prêtes à octroyer des sommes raisonnables en échange d'une œuvre quelconque. Contre ce petit instant où l'on vibre, ou l'on ressent une émotion.

    On n'aime en général pas payer ne serait-ce que quelques euros pour un album, par exemple, mais on serait prêt à cliquer cinquante fois par jour sur "j'aime", pour cinquante artistes différents, si chacun de ces clics débitait 10 centimes d'euro sur notre compte. Imaginez un pré-payé/bloqué, si cela vous fait peur.

    Essayez : prenez une webcam, chantez l'Internationale en rotant, convertissez et servez le tout sur Youtube. Il y aura forcément quelques milliers (millions ?) de personnes de part le monde pour visionner la vidéo, la partager sur des réseaux sociaux, en parler à leurs amis, quelques centaines de commentaires feront leur apparition pour troller sur le bien-fondé artistique et/ou politique de cette œuvre, pour s'étriper à savoir si c'est vraiment une œuvre, quelques clavier qui se blo

    ...et même des gens pour cliquer sur "j'aime". Et surtout, surtout, sur les milliards de gens ayant potentiellement accès à cette (削除) œu (削除ここまで)vidéo, il y en aura un bon nombre qui sera prêt à donner une poignée de centimes d'euros. Si, et vous le savez.

    Imaginez alors ce qui se passera si au lieu de roter, vous composez une chanson, la jouez face à la caméra et que par (削除) chance (削除ここまで)travail vous avez un minimum de talent et/ou de charisme ? De la pure méritocratie !!!

    Combien de fois vous donneriez 10 centimes d'euros à Sandra Bae ? A Gotye ? Alors que vous n'irez probablement jamais acheter leur album - pour des raisons qui vous appartiennent, elle sont multiples et déjà longuement débattues ici - vous seriez prêt à vivre un instant d'émotion lors d'un concert payant, prêt à cliquer sur "+10¢", prêt à faire découvrir et partager ces œuvres à vos amis.

    Le monde actuel fonctionne sur le principe du moindre engagement. On veut de l'émotion, vite, maintenant et sans conséquences futures. La technologie nous le permet.

    Il y a de l'argent pour les artistes. Il y en a pour les 6 milliards d'artistes. A la hauteur de leurs talents respectifs. Il y a un beau terreau pour réformer la production et la diffusion de culture, là, non ? En partant du principe que le monde entier veut de la culture gratuite et l'obtient. Mêmes les artistes téléchargent, même Pascal Nègre télécharge !

    PS : commentaire issu de discussions avec des personnes mes différents cercles sociaux.