• [^] # Re: Bipartisme ?

    Posté par . En réponse au journal Pour un Internet libre.... Évalué à 1.

    Le marché est mondial parce qu’on a voulu qu’il le soit. Ça a été décidé. En fait c’est l’OMC, créée en 1995 qui a vu son rôle étendu par rapport à son prédecesseur avec l’objectif de promouvoir et favoriser le libre-échange. Alors que l’organisation précédente avait plus un rôle d’arbitrage des échanges. Autrement dit l’OMC cherche à faire sauter les barrières douanières là où avant les états cherchaient plutôt à établir des douanes en fonction de la politique commerciale des autres états. C.-à-d. un état qui joue le protectionisme se verrait isolé dans les échanges internationnaux, un autre qui s’ouvre au commerce verra ses échanges facilités avec les états qui le veulent bien, etc. Mais la politique générale serait neutre (à charge à chacun des états de définir la politique qui lui convient le mieux). Avec l’OMC ce n’est plus comme ça que ça se passe car l’organisation a un objectif avoué de libération des échanges commerciaux. Je ne sais pas exactement en pratique comment elle applique cette politique d’ailleurs, d’après ce que j’ai compris les sanctions sont appliquées par les états qui se sentent lésés par la politique commerciale de l’état « fautif » en étant autorisés à eux mêmes pratiquer des douanes suffisament élévées pour remettre au pas l’état récalcitrant.

    L’exemple le plus convaincant je crois et le domaine de l’agriculture, et ça tombe bien puisque c’est le sujet du fil. Où les pays du nord n’hésitent pas à subventionner leurs « paysans » (comme si l’agriculture intensive et les exploitations industrielles ne suffisaient pas à les rendre très compétitifs), innondant le marché mondial de denrées alimentaires. Avec une bonne dose d’hypocrisie et au nom du libre-échange, les pays « pauvres » ne peuvent plus accéder à l’indépendance alimentaire nécessaire à la simple survie de la population. Car lorsque le Nord ne fournit plus le Sud ce dernier n’a plus aucun moyen de subvenir à ces propres besoins à cause de la disparition de l’exploitation vivrière. Entre autre effet les révolutions arabes ont été précédés des « émeutes de la faim » et je suis intimement convaincu que les premières ont partiellement tirées leur forces des secondes car contrairement à ce qu’on veut nous faire croire les révolutions ont été aussi économiques (manque de travail et pauvreté exacerbés par la corruption des régimes despotiques), peut-être même plus que par désir de démocratie.