• [^] # Re: Juste un site de telechargement comme les autres...

    Posté par . En réponse au journal Victimes collatérale de Megaupload. Évalué à 3.

    L'abandonware pour les jeux, c'est pas un terme juridique. Le terme juridique est "contrefacon"...

    Voilà. T'es pas du tout d'accord.
    Pour le reste : évidemment, comme dit plus bas, quand la version qu'on cherche (la version non amputée, et dans la bonne langue) est disponible à l'achat, aucune raison.
    Et sinon, pour info, ce n'est pas parce qu'un film a été diffusé sur une chaîne de télévision qu'il a été édité et qu'il est donc disponible en médiathèque.

    La presentation du site et l'hypocrisie des "hors-commerce", "mis à disposition qu'à titre documentaire", "100% benevole" et autre justificatifs auxquels personne ne croit vraiment, par contre j'ai tendance a trouver ca pitoyable.

    Je suis franchement incapable de penser que les gens qui s'occupaient de ce site soient de vils contrefacteurs, uniquement intéressés par l'appât du gain. Je crois au contraire que c'était une occupation de passionné.

    mais faire de la contrefacon ne fait aucunement avancer l'etat du droit, c'est juste pour le confort personnel des personnes concernees.

    Dans ce contexte précis, il est au contraire évident que ça fait avancer l'état du droit :

    • exemple dans le monde du disque : des auteurs/interprètes/compositeurs/éditeurs ont été poursuivis pour avoir diffusé/publié de la musique sous licence libre alors qu'ils étaient inscrits à la Sacem. Une convention (très loin d'être parfaite) vient de permettre cette possibilité ;

    • Pour le cinéma, rien de bien significatif pour l'instant, plutôt du négatif avec l'augmentation de la durée de vie des droits. Par contre, on assiste à l'abandon progressif des charges à l'encontre des « contrefacteurs » qui se comportent en « bon pères ou mères de famille » : on ne peut pas condamner des millions de gens à s'endetter à vie ou à faire de la prison (avec sursis). D'où l'argumentaire de la Hadopi, qui trouve justement un biais (un poil bizarre) pour ne pas poursuivre les familles pour contrefaçon.

    Le pire dans l'affaire, c'est que les boites specialisees dans l'achat des droits et la reedition de ce genre de films rares/epuisees ont du coup enormement de mal a fonctionner.

    Je pense que c'est faux. Et si c'est corrélé, c'est dans un sens positif. Leur métier était, avant l'Internet, un métier de niche, réservé aux cercles connoisseurs. Rééditer de la série Z ne fait que difficilement vivre, mais bénéficier d'un fléchage de masse de la part des passionnés permet de continuer. Et le métier d'éditeur ne se résume pas à l'achat de droits et à la reproduction d'un master.
    Potemkine, par exemple, a bénéficié de la couverture de ce méchant contrefacteur.

    Il faut attendre encore quelques années avant que les usages comme la jurisprudence se stabilisent. La concurrence des gens qui téléchargent s'exerce contre l'industrie lourde, par exemple contre Disney, qui gère son catalogue sur l'effet de manque (éditions limitées des films de Miyazaki), ou contre les blockbusters. Mais même là, les chiffres sont encore contradictoires et difficiles à dépouiller pour tirer des conséquences pour le long terme. Il faut voir tout ça de manière un peu souple ^.^