Citer un article « fermé » c'est compromettre le travail du relecteur.
Parce que ne pas citer les travaux antérieurs, c'est faciliter son travail? C'est n'importe quoi. Une fois publiés, tous les articles ont le même statut et le même droit à être cités. Un article scientifique, ce n'est pas une dépèche AFP reprise par 50 journaux avec des formulations et des images différentes. La plupart des articles scientifiques sont des travaux uniques et irremplaçables, on ne peut pas choisir ceux qu'on veut citer ou pas.
L'accessibilité des grandes revues est un problème pour certains établissements de recherche, mais les reviewers ne sont pas là pour être gentils. Quand un auteur loupe sa biblio et démontre son inculture du sujet en ne citant que partiellement l'historique du problème, l'article est rejeté ou le reviewer balance (s'il est gentil) une liste de références à lire et à citer (moi j'ai plutôt tendance à virer avec un commentaire du style "the authors failed to replace their work into the relevant literature" et basta). Si ton employeur ne met pas à ta disposition l'accès aux journaux dont tu as besoin, c'est votre problème à tous les deux, pas celui de l'éditeur ou des reviewers.
La recherche ce 'nest pas non plus bisounoursland ou tout le monde fait ce qu'il veut. Tu publies où tu peux, et tu cites ce que tu dois. Si tu veux boycotter Total ou Danone, tu le fais chez toi, avec ta femme et tes gosses. Au boulot, tu peux discuter de ça avec tes collègues et les encourager à privilégier les journaux OpenAccess. Mais franchement, écrire des articles merdiques qui ne citent que la moitié de la biblio parce que les autres articles sont dans des revues que tu n'aimes pas, c'est une faute professionnelle et ça n'est pas acceptable. Publier tes trucs dans "Jounal of ethical science" parce que Nature ça ne te plait pas, ça te concerne toi et ton avancement de carrière si tu vis tout seul dans ton monde de bisounours, mais si tu as des collaborateurs et un labo qui doit rendre des comptes c'est une autre histoire, et tu ne vas pas garder longtemps tes collaborateurs.
Un problème insidieux par exemple, mais très concret, c'est le transfert de budget. L'accès aux grandes revues au format électronique est souvent négocié par ton institut, c'est de l'argent qui ne passe jamais par le labo. Au contraire, les frais de publication en OpenAccess c'est en général le pognon pour la recherche. À 2000€ l'article (voire plus), tu ne peux pas publier plus d'un ou deux articles par an en OpenAccess avec un financement de base, et il ne faut pas devoir acheter 2 ordinateurs par an. Donc tu fais comme tout le monde en période de vaches maigres, tu gardes ton fric pour les choses qui sont vraiment importantes. C'est malheureux mais c'est comme ça, on vit dans un monde réel où ton employeur attend de toi que tu ne te comportes pas comme un gamin et où certains choix professionnels peuvent écorner tes sentiments politiques.
[^] # Re: boycotter ... jusqu'où ?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le libre accès et l'appel au boycott contre Elsevier. Évalué à 2.
Parce que ne pas citer les travaux antérieurs, c'est faciliter son travail? C'est n'importe quoi. Une fois publiés, tous les articles ont le même statut et le même droit à être cités. Un article scientifique, ce n'est pas une dépèche AFP reprise par 50 journaux avec des formulations et des images différentes. La plupart des articles scientifiques sont des travaux uniques et irremplaçables, on ne peut pas choisir ceux qu'on veut citer ou pas.
L'accessibilité des grandes revues est un problème pour certains établissements de recherche, mais les reviewers ne sont pas là pour être gentils. Quand un auteur loupe sa biblio et démontre son inculture du sujet en ne citant que partiellement l'historique du problème, l'article est rejeté ou le reviewer balance (s'il est gentil) une liste de références à lire et à citer (moi j'ai plutôt tendance à virer avec un commentaire du style "the authors failed to replace their work into the relevant literature" et basta). Si ton employeur ne met pas à ta disposition l'accès aux journaux dont tu as besoin, c'est votre problème à tous les deux, pas celui de l'éditeur ou des reviewers.
La recherche ce 'nest pas non plus bisounoursland ou tout le monde fait ce qu'il veut. Tu publies où tu peux, et tu cites ce que tu dois. Si tu veux boycotter Total ou Danone, tu le fais chez toi, avec ta femme et tes gosses. Au boulot, tu peux discuter de ça avec tes collègues et les encourager à privilégier les journaux OpenAccess. Mais franchement, écrire des articles merdiques qui ne citent que la moitié de la biblio parce que les autres articles sont dans des revues que tu n'aimes pas, c'est une faute professionnelle et ça n'est pas acceptable. Publier tes trucs dans "Jounal of ethical science" parce que Nature ça ne te plait pas, ça te concerne toi et ton avancement de carrière si tu vis tout seul dans ton monde de bisounours, mais si tu as des collaborateurs et un labo qui doit rendre des comptes c'est une autre histoire, et tu ne vas pas garder longtemps tes collaborateurs.
Un problème insidieux par exemple, mais très concret, c'est le transfert de budget. L'accès aux grandes revues au format électronique est souvent négocié par ton institut, c'est de l'argent qui ne passe jamais par le labo. Au contraire, les frais de publication en OpenAccess c'est en général le pognon pour la recherche. À 2000€ l'article (voire plus), tu ne peux pas publier plus d'un ou deux articles par an en OpenAccess avec un financement de base, et il ne faut pas devoir acheter 2 ordinateurs par an. Donc tu fais comme tout le monde en période de vaches maigres, tu gardes ton fric pour les choses qui sont vraiment importantes. C'est malheureux mais c'est comme ça, on vit dans un monde réel où ton employeur attend de toi que tu ne te comportes pas comme un gamin et où certains choix professionnels peuvent écorner tes sentiments politiques.