Arnaudus, on pourrait résumer tes messages à "Résignez-vous !!"
C'est que tu as mal lu, ou que je n'ai pas été clair. Le système de revue par les pairs n'est pas idéal, il me fait penser à ce qu'on dit de la démocratie : pour l'instant, c'est le moins pire. Mais quoi qu'il en soit, ce système ne repose pas nécessairement sur des éditeurs privés qui font de grosses marges.
Il faut aussi comprendre un peu le contexte. Il y a 30 ou 40 ans, la publication scientifique était assurée par des presses universitaires. Avec la rationalisation des moyens donnés aux université (restrictions budgétaires et externalisation des services), la plupart des titres scientifiques ont été revendus à quelques acteurs majeurs de l'édition. La privatisation de la littérature scientifique est donc issue de choix politiques, d'ailleurs pas forcément irrationnels : en règle générale, une entreprise privée rationalise mieux ses couts et maitrise mieux sa communication, et il est tout à fait possible de dépenser moins en externalisant un tel service qu'on gérant tout en interne. Par ailleurs, un organisme privé offre une garantie d'indépendance ; il est a priori plus difficile de publier dans Nature que dans les presses universitaires du Nord-pas-de-Calais.
Mais bon, de toutes manières, le paysage n'est pas si noir. Le monde de la publication offre maintenant de très nombreux titres qui fonctionnent selon le principe de l'OpenAccess payant à la publication et gratuit à la consultation, souvent sous licence CC. Parmi les éditeurs OpenAccess, on trouve de tout ; pas mal de "parasites" qui ont tendance à être assez agressifs sur la pub, le spam, et assez permissifs sur la qualité (puisqu'on paye seulement les articles acceptés, mieux vaut accepter beaucoup), mais il y a également pas mal d'éditeurs académiques ou sans but lucratif, je connais au moins les PLoS (http://en.wikipedia.org/wiki/Public_Library_of_Science), et les Frontiers (http://en.wikipedia.org/wiki/Frontiers_Research_Foundation). L'avantage des fondations non-profit c'est que même si on paye, ça ne va pas dans les poches des fondateurs, c'est dépensé (peut-être bien ou mal, mais ça n'est pas la question). On a aussi des éditeurs OpenAccess qui font des profits, comme la série des BioMedCentral, mais à ma connaissance ils sont sérieux. La plupart de ces éditeurs ont des titres prestigieux avec un facteur d'impact très haut, tout à fait reconnus dans le monde académique. Ils constituent donc des alternatives tout à fait crédibles à Elsevier et al (parce que je ne comprends pas pourquoi désigner particulièrement Elsevier, Springer ou Blackwell sont au moins aussi pourris). Cette alternative me semble beaucoup plus crédible qu'un improbable mix entre Arxiv et Facebook ; moi je suis biologiste et le modèle Arxiv n'a jamais percé dans mon domaine.
[^] # Re: Réseau social
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Le libre accès et l'appel au boycott contre Elsevier. Évalué à 5.
C'est que tu as mal lu, ou que je n'ai pas été clair. Le système de revue par les pairs n'est pas idéal, il me fait penser à ce qu'on dit de la démocratie : pour l'instant, c'est le moins pire. Mais quoi qu'il en soit, ce système ne repose pas nécessairement sur des éditeurs privés qui font de grosses marges.
Il faut aussi comprendre un peu le contexte. Il y a 30 ou 40 ans, la publication scientifique était assurée par des presses universitaires. Avec la rationalisation des moyens donnés aux université (restrictions budgétaires et externalisation des services), la plupart des titres scientifiques ont été revendus à quelques acteurs majeurs de l'édition. La privatisation de la littérature scientifique est donc issue de choix politiques, d'ailleurs pas forcément irrationnels : en règle générale, une entreprise privée rationalise mieux ses couts et maitrise mieux sa communication, et il est tout à fait possible de dépenser moins en externalisant un tel service qu'on gérant tout en interne. Par ailleurs, un organisme privé offre une garantie d'indépendance ; il est a priori plus difficile de publier dans Nature que dans les presses universitaires du Nord-pas-de-Calais.
Mais bon, de toutes manières, le paysage n'est pas si noir. Le monde de la publication offre maintenant de très nombreux titres qui fonctionnent selon le principe de l'OpenAccess payant à la publication et gratuit à la consultation, souvent sous licence CC. Parmi les éditeurs OpenAccess, on trouve de tout ; pas mal de "parasites" qui ont tendance à être assez agressifs sur la pub, le spam, et assez permissifs sur la qualité (puisqu'on paye seulement les articles acceptés, mieux vaut accepter beaucoup), mais il y a également pas mal d'éditeurs académiques ou sans but lucratif, je connais au moins les PLoS (http://en.wikipedia.org/wiki/Public_Library_of_Science), et les Frontiers (http://en.wikipedia.org/wiki/Frontiers_Research_Foundation). L'avantage des fondations non-profit c'est que même si on paye, ça ne va pas dans les poches des fondateurs, c'est dépensé (peut-être bien ou mal, mais ça n'est pas la question). On a aussi des éditeurs OpenAccess qui font des profits, comme la série des BioMedCentral, mais à ma connaissance ils sont sérieux. La plupart de ces éditeurs ont des titres prestigieux avec un facteur d'impact très haut, tout à fait reconnus dans le monde académique. Ils constituent donc des alternatives tout à fait crédibles à Elsevier et al (parce que je ne comprends pas pourquoi désigner particulièrement Elsevier, Springer ou Blackwell sont au moins aussi pourris). Cette alternative me semble beaucoup plus crédible qu'un improbable mix entre Arxiv et Facebook ; moi je suis biologiste et le modèle Arxiv n'a jamais percé dans mon domaine.