• [^] # La diapo est morte, Kodak l’a tuer.

    Posté par . En réponse au journal Industrie de la photographie en péril.. Évalué à 6.

    L'argentique n'est pas mort, il existe toujours un marché de niche : il concerne les gens qui préfèrent la qualité.

    Encore faut-il qu’elle soit assurée.

    J’ai longtemps fait de la diapo. La pleine définition de la pellicule projetée sur plus d’1 m de large, ni la photo papier ni le numérique n’arrivaient à rivaliser (et même de nos jours, la définition des vidéoprojecteurs est à la traîne).

    Et puis, il y a maintenant plusieurs années, Kodak et Fujifilm ont trouvé qu’il était hyper-urgent de fermer les labos de développement à cause du numérique et se sont entendus pour en garder un seul (Fujifilm en l’occurence) pour toute la France.

    Comme c’était insuffisant à l’époque, il était débordé et bâclait le travail.
    Il m’a donc renvoyé mes dernières diapos pleines de taches.
    J’ai réclamé auprès de mon photographe, mais il ne m’a rien proposé (ni gratuit, ni payant), alors qu’il aurait suffi de refaire le rinçage.

    Rappelons que l’intérêt de la diapo, c’était la qualité (parce que bon, d’un point de vue pratique...).
    Alors, j’ai arrêté la diapo et je me suis contenté pendant quelques années d’un compact numérique 2 M pixels : au moins, il n’y avait pas de jean-foutre pour me saloper le résultat après coup.

    Dans quelle mesure les sociétés qui ont enterré la diapo avant qu’elle ne soit morte peuvent-elles se plaindre légitiment de la mort de l’argentique ?
    Dans quelle mesure les photographes qui n’assuraient aucun service peuvent-ils se plaindre de la désaffection de leurs clients ?

    « Le fascisme c’est la gangrène, à Washington comme en Russie. » — adapté de Renaud, Hexagone