D'un côté tu as raison dans l'absolu (c'est à dire en considérant chaque être humain comme pleinement responsable de sa destinée). D'un autre côté, et pour en avoir causé avec quelqu'un qui a étudié le sujet dans un autre domaine (la neutralité du réseau), si la marche d'entrée est trop grande, les gens ne découvrent pas la liberté à laquelle certains pourraient prendre goût.
Je vais prendre mon cas personnel dans le domaine du réseau : ma première connexion à Internet était une ligne Orange. IP dynamique qui pue, port 25 bloqué, et tout ça. Ceci dit, ça ne m'a pas empêché de mettre un modem-routeur perso, de découvrir iptables, ppp, de tester l'installation d'un serveur Web et d'avoir la joie de rendre mon site tout moche plein de frames visible du monde entier. Maintenant, je bosse chez un opérateur réseau.
Je ne pense pas que j'aurais pris goût ainsi au réseau si je m'étais retrouvé avec une *box non-remplaçable, derrière un CGN, avec du matériel non-bidouillable... C'est, hélas, la situation de beaucoup de jeunes qui se retrouvent par exemple avec "leur" accès à ""Internet mobile"" sur un téléphone ou une tablette où ils ne sont pas root, avec une connexion 3G. Ce sera le cas de tous les jeunes sans pouvoir d'achat autonome qui ne pourront pas tester Linux en dual-boot, en LiveCD sur le Tournedows de leurs parents ou sur l'ancien modèle qui prend la poussière.
Si la première marche est trop haute, personne ne la franchit. Souvent, la déconstruction des mauvaises habitudes de con-sommateur est une démarche très graduelle qui demande, surtout au début, une récompense assez immédiate, et une découverte conjointe des enjeux techniques et éthiques. J'installe Linux, ça marchouille mal sur mon matos, manque des drivers. Je râle contre Linux, on m'explique que c'est parce que mon matos est moisi, je reste dubitatif. Mais ça marchouille, je prends goût (récompense) à certains de ses avantages. Au prochain achat de matos j'achète du pleinement compatible. Ça marche mieux. Je comprends mieux le discours de certains libristes en faveur de la libération des spécifications. Etc.
De ce que j'ai constaté, très peu de gens s'intéressent au libre si on leur présente de but en blanc la philosophie qu'il y a derrière. Je connais seulement deux utilisateurs qui ont été convaincu par une argumentation basée sur les quatre libertés et les défauts du modèle propriétaires, et ils n'ont été convaincus que parce qu'habitués à avoir, dans d'autres domaines de la vie (politique, société, nourriture..) une réflexion critique. Les autres ont été convaincus parce qu'ils pouvaient doucement tester, parce que l'investissement de départ était minimal : se laisser installer un dual-boot, se faire expliquer les bases et les retenir. Et c'est après tout humain : on n'investit pas son temps, son argent, son énergie, de façon considérable, en espérant un retour hypothétique, juste en faisant confiance à des bonnes paroles. Sinon on est une bonne cible pour les scammers, d'ailleurs.
Donc, le lobbying en faveur de lois protégeant tous les consommateurs (que ce soit pour le réseau, le matériel, le logiciel), mais également la compatibilité avec des sales trucs propriétaires (MSN, Flash), sont des maux nécessaires, parce que les gens ne sont pas parfaits.
J'ai demandé à un pote de m'aider à installer Linux parce qu'à l'époque c'était plus simple pour avoir les multiples codecs propriétaires utilisés pour les DivX. Maintenant je milite pour l'usage de WebM au lieu de h264 sur le Web. Le support sous Linux des codecs propriétaires était, et reste, un mal nécessaire.
Les seuls pour qui on peut dire "Tant pis pour eux" sont les gens qui, même quand on rabaisse la première marche de l'escalier au point de leur proposer un ascenseur "clefs en main", ne se donnent même pas la peine de faire un pas.
THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.
[^] # Re: FEAR, SEX and Sodomie
Posté par Grunt . En réponse au journal UEFI Secure Boot et les tablettes/téléphones Windows 8 - conclusion ?. Évalué à 10.
Je suis à moitié d'accord avec ce point de vue.
D'un côté tu as raison dans l'absolu (c'est à dire en considérant chaque être humain comme pleinement responsable de sa destinée). D'un autre côté, et pour en avoir causé avec quelqu'un qui a étudié le sujet dans un autre domaine (la neutralité du réseau), si la marche d'entrée est trop grande, les gens ne découvrent pas la liberté à laquelle certains pourraient prendre goût.
Je vais prendre mon cas personnel dans le domaine du réseau : ma première connexion à Internet était une ligne Orange. IP dynamique qui pue, port 25 bloqué, et tout ça. Ceci dit, ça ne m'a pas empêché de mettre un modem-routeur perso, de découvrir iptables, ppp, de tester l'installation d'un serveur Web et d'avoir la joie de rendre mon site tout moche plein de frames visible du monde entier. Maintenant, je bosse chez un opérateur réseau.
Je ne pense pas que j'aurais pris goût ainsi au réseau si je m'étais retrouvé avec une *box non-remplaçable, derrière un CGN, avec du matériel non-bidouillable... C'est, hélas, la situation de beaucoup de jeunes qui se retrouvent par exemple avec "leur" accès à ""Internet mobile"" sur un téléphone ou une tablette où ils ne sont pas root, avec une connexion 3G. Ce sera le cas de tous les jeunes sans pouvoir d'achat autonome qui ne pourront pas tester Linux en dual-boot, en LiveCD sur le Tournedows de leurs parents ou sur l'ancien modèle qui prend la poussière.
Si la première marche est trop haute, personne ne la franchit. Souvent, la déconstruction des mauvaises habitudes de con-sommateur est une démarche très graduelle qui demande, surtout au début, une récompense assez immédiate, et une découverte conjointe des enjeux techniques et éthiques. J'installe Linux, ça marchouille mal sur mon matos, manque des drivers. Je râle contre Linux, on m'explique que c'est parce que mon matos est moisi, je reste dubitatif. Mais ça marchouille, je prends goût (récompense) à certains de ses avantages. Au prochain achat de matos j'achète du pleinement compatible. Ça marche mieux. Je comprends mieux le discours de certains libristes en faveur de la libération des spécifications. Etc.
De ce que j'ai constaté, très peu de gens s'intéressent au libre si on leur présente de but en blanc la philosophie qu'il y a derrière. Je connais seulement deux utilisateurs qui ont été convaincu par une argumentation basée sur les quatre libertés et les défauts du modèle propriétaires, et ils n'ont été convaincus que parce qu'habitués à avoir, dans d'autres domaines de la vie (politique, société, nourriture..) une réflexion critique. Les autres ont été convaincus parce qu'ils pouvaient doucement tester, parce que l'investissement de départ était minimal : se laisser installer un dual-boot, se faire expliquer les bases et les retenir. Et c'est après tout humain : on n'investit pas son temps, son argent, son énergie, de façon considérable, en espérant un retour hypothétique, juste en faisant confiance à des bonnes paroles. Sinon on est une bonne cible pour les scammers, d'ailleurs.
Donc, le lobbying en faveur de lois protégeant tous les consommateurs (que ce soit pour le réseau, le matériel, le logiciel), mais également la compatibilité avec des sales trucs propriétaires (MSN, Flash), sont des maux nécessaires, parce que les gens ne sont pas parfaits.
J'ai demandé à un pote de m'aider à installer Linux parce qu'à l'époque c'était plus simple pour avoir les multiples codecs propriétaires utilisés pour les DivX. Maintenant je milite pour l'usage de WebM au lieu de h264 sur le Web. Le support sous Linux des codecs propriétaires était, et reste, un mal nécessaire.
Les seuls pour qui on peut dire "Tant pis pour eux" sont les gens qui, même quand on rabaisse la première marche de l'escalier au point de leur proposer un ascenseur "clefs en main", ne se donnent même pas la peine de faire un pas.
THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.