À ploum, mais ce n'était qu'une question rhétorique.
Je partage en effet l'idée, assez commune en épistémologie des sciences, en particulier dans celle de Popper, que seuls les phénomènes (par opposition aux noumènes) sont l'objet des sciences.
Toujours à l'instar de Popper, je pense que les sciences se caractérisent par la conscience aigüe qu'elles ont de leurs limites.
Une fois que l'on abstrait le concept de Dieu des religions dans lesquelles il apparait, l'on ne s'intéresse plus aux apparences mais aux essences, et l'on sort du champ des sciences. Chercher à savoir si l'ensemble des objets incréés, créateurs de la vie, de l'univers et du reste, est non-vide, c'est donc faire au pire de la théologie, au mieux de la métaphysique, et en aucun cas de la science (et encore moins de la logique).
Que des associations de sceptiques et de rationalistes cherchent à démontrer l'imposture intellectuelle de certains supposés miracles, ou l'ineptie physique (ce ne l'est pas forcément, inepte, d'un point de vue sociologique et/ou psychologique) de certaines superstitions, et demandent pour ce faire leur collaboration à certains scientifiques, ça me semble par contre tout à fait légitime, mais c'est une autre histoire.
Je ne suis pas non plus convaincu que l'église catholique refuse tout débat avec les sciences.
Je pense qu'elle est soucieuse d'entretenir la confusion des genres (entre ce qui est objet de sciences et ce qui ne l'est pas) et essaie de donner à son dogme une légitimité «scientifique».
En forçant le trait, l'effet de bord d'une discussion sur l'existence de Dieu entre un scientifique et un religieux, c'est de faire apparaître le religieux comme un interlocuteur scientifique valable. De plus, dans un débat médiatique (et j'imagine facilement qu'une telle discussion serait médiatisée, si ce n'est déjà le cas) c'est bien souvent le meilleur communicant, et non le meilleur argumentaire, qui en sort vainqueur ; au jeu de la communication de masse, je ne suis pas sûr que la communauté scientifique soit de taille à affronter les représentants des communautés religieuses.
Aussi, j'ai souvent entendu des croyants dire que tel énoncé scientifique pouvait se retrouver en filigrane dans tel ou tel texte sacré. Ça n'a bien entendu rien de scientifique, et il est évident que l'identification de la proposition scientifique au texte religieux est la conséquence de différents biais cognitifs, mais il est aussi évident que c'est une démarche qui cherche à en prendre l'aspect (en jouant sur le caractère prédictif des propositions scientifiques, dans ce cas).
Enfin, il ne me viendrait pas à l'esprit de proposer à des croyants de construire une religion sur des bases scientifiques et logiques.
Vous pointez cependant un problème intéressant : celui de l'implication des sciences dans la société, de leur rôle politique (à comprendre dans son sens large, comme l'implication dans les affaires de la cité). Personnellement, il me semble important de le limiter au maximum, pas seulement pour éviter l'ire de tous les croyants du monde, mais surtout pour éviter au maximum de biaiser la recherche par la politisation des chercheurs.
[^] # Re: Zen, je dois rester zen....
Posté par Passant . En réponse au journal Plaisir de lire, réjouissance du malheur d'autrui.. Évalué à 1.
À ploum, mais ce n'était qu'une question rhétorique.
Je partage en effet l'idée, assez commune en épistémologie des sciences, en particulier dans celle de Popper, que seuls les phénomènes (par opposition aux noumènes) sont l'objet des sciences.
Toujours à l'instar de Popper, je pense que les sciences se caractérisent par la conscience aigüe qu'elles ont de leurs limites.
Une fois que l'on abstrait le concept de Dieu des religions dans lesquelles il apparait, l'on ne s'intéresse plus aux apparences mais aux essences, et l'on sort du champ des sciences. Chercher à savoir si l'ensemble des objets incréés, créateurs de la vie, de l'univers et du reste, est non-vide, c'est donc faire au pire de la théologie, au mieux de la métaphysique, et en aucun cas de la science (et encore moins de la logique).
Que des associations de sceptiques et de rationalistes cherchent à démontrer l'imposture intellectuelle de certains supposés miracles, ou l'ineptie physique (ce ne l'est pas forcément, inepte, d'un point de vue sociologique et/ou psychologique) de certaines superstitions, et demandent pour ce faire leur collaboration à certains scientifiques, ça me semble par contre tout à fait légitime, mais c'est une autre histoire.
Je ne suis pas non plus convaincu que l'église catholique refuse tout débat avec les sciences.
Je pense qu'elle est soucieuse d'entretenir la confusion des genres (entre ce qui est objet de sciences et ce qui ne l'est pas) et essaie de donner à son dogme une légitimité «scientifique».
En forçant le trait, l'effet de bord d'une discussion sur l'existence de Dieu entre un scientifique et un religieux, c'est de faire apparaître le religieux comme un interlocuteur scientifique valable. De plus, dans un débat médiatique (et j'imagine facilement qu'une telle discussion serait médiatisée, si ce n'est déjà le cas) c'est bien souvent le meilleur communicant, et non le meilleur argumentaire, qui en sort vainqueur ; au jeu de la communication de masse, je ne suis pas sûr que la communauté scientifique soit de taille à affronter les représentants des communautés religieuses.
Aussi, j'ai souvent entendu des croyants dire que tel énoncé scientifique pouvait se retrouver en filigrane dans tel ou tel texte sacré. Ça n'a bien entendu rien de scientifique, et il est évident que l'identification de la proposition scientifique au texte religieux est la conséquence de différents biais cognitifs, mais il est aussi évident que c'est une démarche qui cherche à en prendre l'aspect (en jouant sur le caractère prédictif des propositions scientifiques, dans ce cas).
Enfin, il ne me viendrait pas à l'esprit de proposer à des croyants de construire une religion sur des bases scientifiques et logiques.
Vous pointez cependant un problème intéressant : celui de l'implication des sciences dans la société, de leur rôle politique (à comprendre dans son sens large, comme l'implication dans les affaires de la cité). Personnellement, il me semble important de le limiter au maximum, pas seulement pour éviter l'ire de tous les croyants du monde, mais surtout pour éviter au maximum de biaiser la recherche par la politisation des chercheurs.