• # Le con se surpasse...

    Posté par . En réponse à la dépêche Google Suggest : 50.000 euros de dommages et intérêts pour injure publique. Évalué à 8.

    A l'aurore de l'humanité, l'homme préhistorique découvrit par surprise qu'il pouvait avoir mal sans qu'aucun de ses congénères y soit pour quelque chose. La première fois qu'il eut mal aux dents, il ne comprit pas tout de suite. Ce jour-là, il était en présence de son beau-frère, il lui fracassa la tête de sa massue parce que, jusqu'à présent, il fallait qu'on lui tape dessus pour qu'il souffre. Or là, il avait mal et son beau-frère était présent; c'était forcément sa faute.

    Mais un beau jour il eut de nouveau mal alors qu'il était tout seul, ses congénères (les quelques survivants) étaient tous resté dans la caverne familiale de peur qu'il pleuve encore des coups de massue, sans raison d'ailleurs car ils n'y comprenaient pas grand chose, aux gesticulations de ce camarade autrefois paisible. Donc notre gaillard chercha un responsable à son mal de dent, entretemps devenu une sacrée rage de dents vu que les dentistes n'avaient pas encore été inventés, et donna des coups de massue dans le vide, il ne rencontra personne.

    Il s'épuisa jusqu'à ce qu'il comprenne que personne ne lui avait fait mal, même s'il pensa tout de même à son cousin le sorcier, doué pour jeter des sorts mais ça ne se pouvait pas car il l'avait fendu en deux la veille, alors que le mal l'avait repris de plus belle pendant que le cousin lui tournait le dos, trop occupé à draguer la sœur de notre pauvre gaillard. Faute de coupable, la vérité apparut finalement dans les embryons de neurones du cerveau tout juste naissant de notre homme des cavernes. Il alla donc trouver le sorcier du village d'à côté, qu'il avait, fort heureusement, épargné de sa furie vengeresse et se retrouva avec une décoction pas très agréable à avaler deux fois par jour, une gorgée le matin, une le soir (les dragées sont apparues un peu plus tard), après que sa dent maléfique fut retirée de sa mâchoire, pour sa plus grande satisfaction.

    Enfin, cette histoire avait quand-même fait plusieurs dizaines de victimes. Mais les procès ne sont apparus que bien des millénaires plus tard.


    C'est une petite variation d'une histoire bien plus joliment contée par François Cavanna dans sa série "L'aube de l'humanité: et le singe devint con" et "[...]: le con se surpasse". Elle est toujours d'actualité. Enfin je trouve.

    Référence: Le con se surpasse, F. Cavanna