• [^] # Quelques précisions

    Posté par . En réponse à la dépêche Etude comparative TCO Linux / Windows. Évalué à 10.

    Je me demande ce que fait l'auteur de la news comme metier (etudiant je pense pour etre aussi arrogant).
    L'arrogance est-elle le propre de l'étudiant?
    Certains diront qu'elle l'est de la part des étrangers, d'autres des parisiens, et pourquoi pas des managers...
    Etudiant, moi je voudrais bien, mais qu'elles sont loin les années 80...

    Pardon à ceux que ma remarque ignorant a vexés. Elle était à prendre avec un clin d'oeil destiné justement aux développeurs qui ont cette attitude envers leur manager. Merci à Sam d'avoir explicité le boulot de gestionnaire.

    Voici donc ma position, elle n'engage que moi:
    Un manager qui a un bagage informatique, c'est bien, un manager qui n'en n'a pas, c'est normal. Un développeur doit accepter qu'un manager n'a pas le même niveau technique et doit faire un effort d'explication et de vulgarisation de son art. Réciproquement un manager dot faire un effort de compréhension. De plus un gestionnaire qui considère un développeur comme un vulgaire "pisseur de code" gère très mal sa ressource "développeur".

    A l'attention des DRH, j'ajouterai qu'un manager n'est pas n'ecessairement un ancien déveleppeur. J'ai connu un directeur informatique sans connaissances particulières de la chose, ça ne l'empêche pas de faire du bon boulot, mais j'admets que c'est une exception. J'ai connu de bons managers sans expérience informatique, j'ai vu de piètres développeurs devenir d'excellents managers, et inversément de bons développeurs se viander. Comme l'explique Sam, gestionnaire et développeur sont deux métiers différents, avec des responsabilités différentes, des moments de joie différents, des stress différents et parfois des différends. Les maîtres-mots ici sont respect et dialogue.
    Toujours à l'attention des DRH: quand vous demandez à un développeur de devenir gestionnaire de project, assurez-vous primo qu'il sait précisément ce qu'on attend de lui, deuxio que la chose n'est pas présentée comme une promotion et que le retour vers la fonction initiale doit être possible sans être perçue comme un échec et tertio que le-dit développeur accepte de perdre petit à petit ses compétences techniques au profit d'autres compétences. Ce point risque d'être difficile à vivre pour un développeur passionné.
    Cette digression aussi intéressante soit-elle s'écarte néanmoins du sujet de la news.

    En ce qui concerne une migration éventuelle d'une entreprise vers les LL, l'important pour moi n'est pas qu'elle migre au tout Linux, tout de suite, mais qu'elle se pose la question. En fonction de la réponse, elle décidera de passer, ou pas aux LL et dans quelle mesure. Après tout, la liberté c'est aussi de pouvoir opter pour une solution propriétaire. Je considère comme anti-professionnelle l'attitude du "MS parce que tout le monde le fait" tout autant que "Linux parce que MS, c'est mal". L'important est d'exercer un choix en toute connaissance de cause.
    Lorsque toutes les misères décrites par Sam et d'autres arrivent, cela signifie que ET les managers ET les informaticiens ont mal fait leur boulot, parce que leur boulot, justement, c'est de les éviter. C'est difficile et c'est pour cela qu'on a besoin ET de bons managers ET de bons informaticiens. L'acceptation des LL dans les entreprises se fera (je l'espère) progressivement. Pour rappel, Windows n'est pas non plus arrivé du jour au lendemain. Je me souviens très bien des PC sous DOS qu'on installait à côté des terminaux 3270 devant des utilisateurs interloqués:"pourquoi j'ai besoin d'un PC, j'ai déjà un 3270 qui fait pas de bruit et qui tombe jamais en panne?" Accueil mitigé, ça ne faisait rire personne d'avoir un clavier AZERTY et un QWERTY. Puis vinrent les cartes 3270 pour les PC. Exit les terminaux. CTRL-ESC permettait de basculer entre DOS et son terminal. Accueil très favorable. Ensuite vint le réseau local Netware 2.12 et ses cartes éthernet coax avec leurs conflits d'IRQ, sans compter les erreurs de branchements entre le coax RG62 du 3270 et le RG58 du LAN. Puis vint Windows 2.03. De nouveau l'accueil fut mitigé parce que pour basculer vers son terminal, l'utilisateur devait quitter Windows....etc etc etc

    En parlant d'utilisateur, beaucoup apparemment le considèrent comme un problème, pas du tout. Il fait partie du système et est un être fragile et susceptible qui doit être aidé, guidé, rassuré, chouchouté. Il est comme le client, il a toujours raison et l'informaticien ne doit jamais perdre de vue qu'il est au service de ses utilisateurs. Quand on doit former un ouvrier qui sait juste lire et écrire à l'utilisation d'une application informatique, c'est pas facile tous les jours, mais l'expérience est très enrichissante et permet de prendre du recul et de relativiser nos évidences. Et en 1992, l'ouvrier qui avait les moyens d'acheter un PC aux enfants et qui donc connaissait l'existence d'une touche "Enter" et le maniement d'une souris était très rare. C'est du vécu.

    Le lecteur avisé remarquera que suite à l'étude australienne, j'avais vite embrayé sur l'utilisation des LL dans les administrations. Je crois en effet que c'est par là que les LL peuvent prendre plus d'ampleur. Au contraire des entreprises, les considérations économiques sont moins importantes, elles doivent surtout servir de garde-fou au tout et n'importe quoi. Par contre des considérations comme la sécurité nationale et l'indépendance technologique vis-à-vis de puissances étrangères sont capitales. Seuls les LL peuvent garantir celles-ci. La nécessité des LL étant établie, reste à démontrer la faisabilité, d'où la question initiale de savoir si ce genre d'étude est en cours. Une fois la faisabilité démontrée, un état peut décider d'une loi qui impose les LL endéans un délai suffisant pour permettre aux services info de se préparer, aux sociétés de services de se recycler, aux centres de formation de se développer, aux écoles d'adapter leurs programmes scolaires, aux éditeurs de logiciels de porter leurs produits. L'exception propriétaire doit être prévue et limitée dans le temps pour les applications-métier par exemple et illimité pour les cas insolubles par des LL. J'imagine mal certains fichiers nationaux gigantesques sous MySQL ou PostgreSQL par exemple. Le passage aux LL majoritaires dans le publique est certes un défi important, mais certainement pas impossible.
    Faisons un parallèle avec Ariane. Le projet est aujourd'hui un succès commercial et tant mieux, mais à l'origine, ce succès n'était qu'envisagé, voire souhaité, sans être ni indispensable ni garanti. L'essentiel était l'indépendance technologique v-à-v. des autres puissances spatiales au prix d'investissements colossaux. L'Europe remet actuellement le couvert avec son programme GPS. L'indépendance logicielle a un coût sans aucun doute nettement moindre mais est tout autant capitale, le monde politique n'en n'est simplement pas encore conscient.
    Ecrivez à vos députés...

    A bon entendeur.