En fait tu utilises deux arguments différents, qui sont chacun intéressants, mais incompatibles entre eux.
D'une part tu dis : quand les grosses boîtes libèrent du code, elles ne cherchent pas à faire vivre un projet libre autour, à récupérer les modifications des autres (ce que facilite la GPL), c'est du code vieux qu'elles ont dans les cartons et qu'elles mettent simplement sur le trottoir en se disant que c'est tant mieux, si n'importe qui s'en sert comme ça lui chante. C'est pour ça qu'ils ne s'embêtent pas avec la GPL, une licence BSD suffit pour les "code dump", et de toute façon ils ne comptent pas intégrer des retours.
D'autre part tu dis : la GPL c'est moins bien parce que regardez, les grosses boîtes utilisent d'autres licences.
Je persiste à dire que le fait d'être un individu ou une entreprise ne change rien en soit : toutes les personnes physiques ou morales qui détiennent du copyright font des choix de licence, héréditaires ((L)GPL) ou non (MIT/BSD), selon les compromis qu'ils veulent entre permissivités et retours des utilisateurs.
Il n'y a rien de spécifique aux individus ou aux entreprises qui force l'un ou l'autre choix. Ce qui change, c'est ce que les gens veulent faire du code qu'ils diffusent :
- s'ils veulent faire vivre un projet autour, le maintenir sur la durée, intégrer les contributions externes, avoir le plus de retour et d'améliorations possible, ça fait du sens de choisir une licence héréditaire (mais on peut aussi prendre une non héréditaire et compter sur le fair play des utilisateurs)
- s'ils ne comptent pas tenir le code à jour ou intégrer des modifications et ne s'intéressent pas à l'usage qui est fait par la suite, en particulier si c'est un "code dump" d'une vieille version ou d'un logiciel qui ne les intéresse plus, alors ils peuvent choisir une licence non héréditaire (donc plus permissive, donc avec un public plus large)
Il y a à la fois des individus et des entreprises qui se retrouvent dans les deux cas. Du fait que 'plein de gens font du "code dump"' tu ne peux pas déduire que les licences héréditaires sont moins bien pour le libre : cette conclusion ne s'applique pas aux gens qui veulent au contraire faire vivre un projet.
Bref, pour moi cette nuance a un intérêt, mais ne permet pas de porter un jugement entre les différentes licences. Par contre, il pourrait servir à expliquer le changement de proportion entre les licences, si plus de gens faisaient du "code dump" aujourd'hui qu'il y a 5 ans. Je ne sais pas si c'est le cas, mais c'est crédible.
[^] # Re: .
Posté par gasche . En réponse à la dépêche La famille des *GPL relativement moins présente parmi les licences libres. Évalué à 2.
En fait tu utilises deux arguments différents, qui sont chacun intéressants, mais incompatibles entre eux.
D'une part tu dis : quand les grosses boîtes libèrent du code, elles ne cherchent pas à faire vivre un projet libre autour, à récupérer les modifications des autres (ce que facilite la GPL), c'est du code vieux qu'elles ont dans les cartons et qu'elles mettent simplement sur le trottoir en se disant que c'est tant mieux, si n'importe qui s'en sert comme ça lui chante. C'est pour ça qu'ils ne s'embêtent pas avec la GPL, une licence BSD suffit pour les "code dump", et de toute façon ils ne comptent pas intégrer des retours.
D'autre part tu dis : la GPL c'est moins bien parce que regardez, les grosses boîtes utilisent d'autres licences.
Je persiste à dire que le fait d'être un individu ou une entreprise ne change rien en soit : toutes les personnes physiques ou morales qui détiennent du copyright font des choix de licence, héréditaires ((L)GPL) ou non (MIT/BSD), selon les compromis qu'ils veulent entre permissivités et retours des utilisateurs.
Il n'y a rien de spécifique aux individus ou aux entreprises qui force l'un ou l'autre choix. Ce qui change, c'est ce que les gens veulent faire du code qu'ils diffusent :
- s'ils veulent faire vivre un projet autour, le maintenir sur la durée, intégrer les contributions externes, avoir le plus de retour et d'améliorations possible, ça fait du sens de choisir une licence héréditaire (mais on peut aussi prendre une non héréditaire et compter sur le fair play des utilisateurs)
- s'ils ne comptent pas tenir le code à jour ou intégrer des modifications et ne s'intéressent pas à l'usage qui est fait par la suite, en particulier si c'est un "code dump" d'une vieille version ou d'un logiciel qui ne les intéresse plus, alors ils peuvent choisir une licence non héréditaire (donc plus permissive, donc avec un public plus large)
Il y a à la fois des individus et des entreprises qui se retrouvent dans les deux cas. Du fait que 'plein de gens font du "code dump"' tu ne peux pas déduire que les licences héréditaires sont moins bien pour le libre : cette conclusion ne s'applique pas aux gens qui veulent au contraire faire vivre un projet.
Bref, pour moi cette nuance a un intérêt, mais ne permet pas de porter un jugement entre les différentes licences. Par contre, il pourrait servir à expliquer le changement de proportion entre les licences, si plus de gens faisaient du "code dump" aujourd'hui qu'il y a 5 ans. Je ne sais pas si c'est le cas, mais c'est crédible.