Sur la technologie, ce n’est qu’une petite erreur : les robots ne sont pas anthropomorphes et ne sont pas polyvalents mais spécialisés, mais ils existent.
Non.
C'est un problème de vocabulaire: on emploi le même mot pour désigner deux choses différentes. Les robots dont il est question dans le "futur tel qu'on le rêvait avant" étaient autonomes, capables de se débrouiller pour effectuer toutes les petites tâches ingrates, et ce, sans intervention humaine. Les robots de l'industrie et de la ménagère n'ont rien à voir avec cela, ce sont juste des automatismes perfectionnés. Ce qui se cache sous le mot "polyvalent" n'est pas un détail, mais une différence de nature.
De fait, derrière beaucoup de ces prédictions technologiques douteuses il y a la même source d'erreur: une compréhension erronée de ce qu'est l'intelligence artificielle. Déjà dans les années 70, on annonçait monts et merveilles dans les médias, sous prétexte que l'IA était maintenant capable de résoudre de vrais problèmes. Et puis, on s'est aperçu que jouer aux échecs, ce n'était pas vraiment un "vrai problème".
Le même malentendu persiste depuis lors: d'un côté, la science (et notamment les sciences cognitives) ne cesse de mettre en évidence l'immense gouffre qui sépare la machine de la pensée humaine; de l'autre, les médias (et probablement une petite partie des informaticiens) font comme si ce gouffre n'existait pas.
Deux des "prévisions" d'IBM sont typiques de cela:
Le contrôle par télépathie. Oui, on sait exploiter l'activité électrique du cerveau... Mais on oublie de préciser qu'il y a un prérequis incontournable: il faut un apprentissage, à la fois de la part de l'homme et de la machine. Pour la simple raison que chaque cerveau se construit de manière différente, chaque être humain pense de manière unique. Le gadget qu'on se met sur la tête et qui devine tout seul ce qu'on pense n'est pas plus prêt de l’existence aujourd'hui qu'il y a 40 ans.
Le spam pertinent. Oui, le data mining existe, et permet d'établir des corrélations statistiques complexes sur des volumes de donnée de plus en plus énormes. Mais on a toujours pas d'algorithme capable de cerner les goûts et les humeurs d'un être humain.
Ce type de déclaration a plus à voir avec une stratégie marketing qu'avec de réelles avancées scientifiques.
[^] # Re: Robots et présent
Posté par drakmaniso . En réponse à la dépêche L'avenir du futur. Évalué à 7.
Non.
C'est un problème de vocabulaire: on emploi le même mot pour désigner deux choses différentes. Les robots dont il est question dans le "futur tel qu'on le rêvait avant" étaient autonomes, capables de se débrouiller pour effectuer toutes les petites tâches ingrates, et ce, sans intervention humaine. Les robots de l'industrie et de la ménagère n'ont rien à voir avec cela, ce sont juste des automatismes perfectionnés. Ce qui se cache sous le mot "polyvalent" n'est pas un détail, mais une différence de nature.
De fait, derrière beaucoup de ces prédictions technologiques douteuses il y a la même source d'erreur: une compréhension erronée de ce qu'est l'intelligence artificielle. Déjà dans les années 70, on annonçait monts et merveilles dans les médias, sous prétexte que l'IA était maintenant capable de résoudre de vrais problèmes. Et puis, on s'est aperçu que jouer aux échecs, ce n'était pas vraiment un "vrai problème".
Le même malentendu persiste depuis lors: d'un côté, la science (et notamment les sciences cognitives) ne cesse de mettre en évidence l'immense gouffre qui sépare la machine de la pensée humaine; de l'autre, les médias (et probablement une petite partie des informaticiens) font comme si ce gouffre n'existait pas.
Deux des "prévisions" d'IBM sont typiques de cela:
Le contrôle par télépathie. Oui, on sait exploiter l'activité électrique du cerveau... Mais on oublie de préciser qu'il y a un prérequis incontournable: il faut un apprentissage, à la fois de la part de l'homme et de la machine. Pour la simple raison que chaque cerveau se construit de manière différente, chaque être humain pense de manière unique. Le gadget qu'on se met sur la tête et qui devine tout seul ce qu'on pense n'est pas plus prêt de l’existence aujourd'hui qu'il y a 40 ans.
Le spam pertinent. Oui, le data mining existe, et permet d'établir des corrélations statistiques complexes sur des volumes de donnée de plus en plus énormes. Mais on a toujours pas d'algorithme capable de cerner les goûts et les humeurs d'un être humain.
Ce type de déclaration a plus à voir avec une stratégie marketing qu'avec de réelles avancées scientifiques.