• [^] # Re: pas très "politiquement correct" ici, mais tant pis

    Posté par . En réponse au journal Kino.to en prison. Évalué à 2.

    répond juste à cette question : moralement, pour toi, on doit rendre à la communauté ou pas? J'anticipe : si la réponse est oui, tu n'es pas libriste, car le libre laisse le choix (ce n'est pas "on doit" ou "on ne doit pas", c'est "on est libre de")

    C'est très simple pour moi mais ça ne va pas te plaire. La réponse est la fois oui, non et ça dépend. Je me réserve la liberté ainsi qu'a toute personne de penser comme moi ou différemment de moi. Dans tous les cas, moralement j'estime que :
    - Il n'y a aucun problème à prendre sans rendre à la communauté, même en faisant du business dessus ou pire => en prenant sans rendre et avec un enrichissement personnel astronomique sans même communiquer sur le fait qu'on a pris.
    - C'est mieux si après avoir pris on rend un peu, beaucoup, à la folie... à la communauté et je me dis que cela a le mérite de faire progresser tout le monde, mais c'est juste mieux, sur l'échelle c'est le cran au dessus.
    - On peut exprimer son point de vue en disant si c'est bien, pas bien, peut mieux faire, etc.

    Je veux bien que tu veuilles mettre de la morale dans le libre, mais je te défie de la définir, de dire ce qui est bien ou mal, sans être à la tête du client.

    C'est un exercice aisé que de mettre au défi quelqu'un sur un sujet ou les années n'ont pas suffit à des spécialistes du sujet, sinon les gens de la FSF aurait pondu dès le départ une GPLv3 sans ajouter les "nuances" que je qualifierai de politique sur leur page des 4 libertés.

    Mais pour te faire plaisir et défendre ta vision que sans doute je ne suis pas "libriste" je vais oser dire que je mettrai le bien plutôt du côté de ceux qui prennent et participent (par du code, de l'argent, du temps, de l'aide, des discussions, du support...) mais je ne positionnerai pas le mal par opposition à ces éléments car je trouve déjà "bien" ceux qui simplement utilisent du libre.
    A la limite je dirai que le mal se situe chez ceux qui luttent contre le libre sur un terrain sur lequel il peut difficilement se défendre (moyens financiers, lobbying, abus de position dominante et non respect de normes, etc.).

    Ce qui me permet aussi de dire que si quelqu'un qualifie de "mal" ce qu'il estime être un mauvais usage d'une licence libre, je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas le dire même si juridiquement ce n'est pas applicable, pire : même s'il a tort. Heureusement que l'expression ne s'arrête pas là où la justice commence (on fera quand même attention à ne pas le dire n'importe où :) ).

    Ce que tu trouve moralement acceptable, je le trouve moralement inacceptable. Ta morale n'est déjà pas la même que la mienne, ça commence mal dans ta définition du mal et du bien dans ta morale du libre.

    A aucun moment (avant ce message) je ne définis ce qui est bien ou mal, donc si possible évites de me prêter des paroles que je n'ai pas eu car la discussion bien qu'intéressant n'est pas évidente.

    Par contre je défends fortement l'existence de nuances multiples et variées au sein d'un monde manichéen et dans ces nuances j'inclus aussi ce qui est de l'ordre de l'intention. Si certains font l'effort de l'exprimer ouvertement et non au fin fond d'un forum, je ne vois pas pourquoi il faudrait l'occulter sous prétexte que pour l'instant ils n'ont pas trouvé le moyen de le rendre juridiquement applicable ET en cohérence avec leur postulat de départ. Cette dernière phrase peut faire bondir, mais je l'assume.