• [^] # Re: pas très "politiquement correct" ici, mais tant pis

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Kino.to en prison. Évalué à 2.

    . Exprimer des valeurs morales, éthiques, même contradictoires avec le droit doivent être acceptées.

    Tu parles de morale, OK. Mais désolé je ne trouve pas du tout moral de critiquer une personne qui fait ce qu'on lui a explicitement autorisé de faire. D'ailleurs, c'est tout l’intérêt du droit : par défaut, tu as le droit de rien faire, il faut attendre une volonté explicite de l'auteur pour avoir le droit de.

    Et la, la morale revient en effet retour : comment pouvoir être moralement clean quand on critique une chose qu'on a explicitement autorisé? Si on ne veut pas donner ce droit genre parce que le droit pose problème, c'est très simple : on n'autorise rien de plus que le "par défaut" (c'est à dire : rien), et on voit au cas par cas suivant les demandes (par contre, ben oui : c'est pas libre).

    Le libre, c'est justement donner des droits quelque soit l'objectif de l'utilisateur (Linux peut être utilisé pour construire une bombe nucléaire, et c'est voulu), et la en fait tu dis "ma morale me dit de vous laisser libre, mais attention, c'est libre suivant xxx en fait. Et je ne vous dit pas xxx en avance".

    Si tu veux laisser libre sous conditions, dit le dans ta volonté (=la licence), si tu as un problème avec le droit n'autorise pas plus que ce que tu veux (tant pis pour le libre).

    J'estime qu'entre les deux une il y a et il doit toujours y avoir des avis, des expressions, des critiques, des divergences.

    Bien sûr. C'est pour ça qu'il y a des licences non libres.
    Parce que la, la licence de Microsoft devrait être noté libre avec de tels arguments (en effet, la licence MS ne fait que restreindre le libre suivant x conditions, comme ce que tu dis dans ta "morale").

    cela me dérange qu'on ne laisse pas les gens oser penser autrement que par la sainte vérité du droit

    La licence n'est pas qu'un simple sainte vérité du droit, c'est ce que tu autorises à faire, en plus, car par défaut c'est "rien autorisé". C'est la chose qui permet de savoir ce que tu veux. Désolé, mais quand tu dis explicitement "vous n'êtes pas obligé de remonter upstream", je vois mal comment tu peux être droit dans tes bottes en disant "mais en fait, ça ne me plait pas que vous ne remontiez pas upstream". Assume ta morale : met-la par écrit. Et d'un coup, on se rend compte que pas mal de "libristes" sont tout sauf libristes (genre les libristes qui veulent une licence interdisant le commercial...)

    Tu parles de morale, toujours, tu oublies toujours de parler que le libre, moralement, c'est la liberté de, et non pas l'obligation de, et tu parles toujours que le mec qui prend la liberté de ne pas faire n'est pas bien.

    Encore une fois, ne te crois pas libriste si ta morale dit que tu veux obliger (en disant que si on ne le fait pas, on n'est pas des gentils) : car tu n'es pas libriste dans le cas où tu trouve mal qu'une personne use de sa liberté (y compris de "ne pas faire"). Beaucoup de gens qui se croient libristes ne le sont en fait pas en réalité (surtout dans les intégriste libristes, mais bon, c'est comme dans toute religion)

    répond juste à cette question : moralement, pour toi, on doit rendre à la communauté ou pas? J'anticipe : si la réponse est oui, tu n'es pas libriste, car le libre laisse le choix (ce n'est pas "on doit" ou "on ne doit pas", c'est "on est libre de"). Si tu trouvas ça pas bien, faudrait demander la FSF de changer les 4 libertés, et mettre "devoir" à la place de "liberté" (du coup, ce sera les 4 devoirs, et non plus les 4 libertés, c'est tout de suite moins vendeur).

    Je te dis juste que critiquer le fait que la personne ne reverse aucun de ses 20 immeubles à l'upstream n'est pas un problème en soit, juste qu'on ne peut se dire libriste ensuite, vu que cette critique est incompatible avec les 4 libertés (ou alors, il faut changer ces 4 libertés du site de la FSF). Il faut choisir : soit critiquer les 20 immeubles (et dans ce cas, critiquer le libre qui laisse trop de liberté) et réclamer un pourcentage sur les immeubles dans la GPL, soit défendre le mecs au 20 immeubles en disant que c'est bien la liberté qu'on voulait lui donner (la liberté de.. Pour tous les usages). C'est con cette morale, mais la mienne de morale dit bien qu'on n'a pas le droit de réclamer un truc si on a dit "vas y, c'est gratos illimité dans ton revenu" explicitement. Question de cohérence dans sa morale.


    Ce qui est génial avec les libristes en herbe, c'est qu'ils mettent de la morale partout, sauf que ce n'est jamais la même, faute de définir ce qui serait moralement bien (ben oui, on verrait tout de suite qu'en fait, mettre de la morale dans le libre, ça ne va pas : personne n'est d'accord). Je veux bien que tu veuilles mettre de la morale dans le libre, mais je te défie de la définir, de dire ce qui est bien ou mal, sans être à la tête du client. Peut-être que finalement, tu te rendras compte qu'en réalité, tu n'aimes pas le libre, qui laisse trop de libertés.


    J'avoue ne pas comprendre comment on peut trouver moralement acceptable de critiquer qu'une personne utilise un droit qu'on lui a explicitement donné. Ce que tu trouve moralement acceptable, je le trouve moralement inacceptable. Ta morale n'est déjà pas la même que la mienne, ça commence mal dans ta définition du mal et du bien dans ta morale du libre.