Tout d'abord, on peut apporter quelques objections aux "victoires" que tu cites. J'ai attendu que quelqu'un enfonce ces portes ouvertes à ma place, mais comme personne ne l'a fait et que ça continue à me turlupiner, tant pis, je prends le risque de me faire moinsser :
s'agissant de WLM, comme on l'a déjà fait remarquer, c'est pas fédéré, on perd toutes les fonctionnalités, et de toute façon les trois-quart des utilisateurs sont partis sur Facebook : une victoire à la Pyrrhus, donc ;
a-t-on résolu les gros problèmes de comptabilité entre les *docx (et les *.odt) de Word et ceux de LibreOffice ? Maintenant que Word est intégré dans tous les Windows vendus, peut-on toujours promouvoir efficacement l'usage de LO ? Et je ne parle là que de traitement de texte ;
j'avais totalement oublié cette histoire de "piège malin". La seule appli sur mon ordi utilisant Java, c'est Minecraft, qui ne marche évidemment pas avec OpenJDK (mais on s'en fout, Minecraft n'est pas un logiciel libre de toute façon) ;
Pour le Flash, c'est quasiment gagné : nous avons échappé aux prédictions apocalyptiques. Il ne nous manque plus qu'une alternative solide et universelle pour les jeux ;
On a aussi évoqués dans les commentaires les cas de Chrome et Android. Pour Chrome j'ai déjà dit ce que j'en pensais : on a eu un chouette projet, une concurrence saine, etc. mais c'est un navigateur proprio que les gens ont adopté. Pour Android, et si on parle des OS effectivement intégrés aux téléphones dans le commerce, il me semble que ce n'est pas encore la fête à Stallman.
Mais au-delà de ces objections, qui sont probablement plus aisées que je ne le crois à écarter, il demeure d'autres facteurs qui expliquent ce sentiment de "ringardise". Pour l'essentiel, je crois que le journal "confort et liberté" évoque assez bien cet aspect. Mais je peux également citer la fameuse liste des projets prioritaires de la FSF, qui ne met pas tout le monde d'accord, les éternels reproches de décalage entre les environnements de bureau populaires et la supposée "réalité" des usages, voire la figure même d'un RMS qui condamne Android, a renoncé à l'usage des navigateurs web et traite tous les utilisateurs Apple de "fools" à la mort de Steve Jobs.
En bref, à mon humble avis, le problème actuel est le même qu'à l'époque où on redoutait IE6, MSN, Word et Flash : le choix du libre est une contrainte sociale à surmonter. Cinq ans après, des victoires ont été remportées, mais cette contrainte est toujours là. La question étant, est-elle plus ou moins forte qu'avant ?
# Devrions-nous être heureux ?
Posté par Laurent Pointecouteau (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Nous vivons des temps formidables, ou comment nous sommes en train de devenir has-been.. Évalué à 3.
Tout d'abord, on peut apporter quelques objections aux "victoires" que tu cites. J'ai attendu que quelqu'un enfonce ces portes ouvertes à ma place, mais comme personne ne l'a fait et que ça continue à me turlupiner, tant pis, je prends le risque de me faire moinsser :
Mais au-delà de ces objections, qui sont probablement plus aisées que je ne le crois à écarter, il demeure d'autres facteurs qui expliquent ce sentiment de "ringardise". Pour l'essentiel, je crois que le journal "confort et liberté" évoque assez bien cet aspect. Mais je peux également citer la fameuse liste des projets prioritaires de la FSF, qui ne met pas tout le monde d'accord, les éternels reproches de décalage entre les environnements de bureau populaires et la supposée "réalité" des usages, voire la figure même d'un RMS qui condamne Android, a renoncé à l'usage des navigateurs web et traite tous les utilisateurs Apple de "fools" à la mort de Steve Jobs.
En bref, à mon humble avis, le problème actuel est le même qu'à l'époque où on redoutait IE6, MSN, Word et Flash : le choix du libre est une contrainte sociale à surmonter. Cinq ans après, des victoires ont été remportées, mais cette contrainte est toujours là. La question étant, est-elle plus ou moins forte qu'avant ?