Je suis globalement d'accord avec toi. Mais je pense que l'on s'est trompé de combat depuis le début et on s'en rend compte maintenant car on est en train de gagner le mauvais combat.
Il y a deux choses à différencier dans le libre :
- Le logiciel libre en lui-même et la licence qui va avec. En gros les 4 lois du logiciel libre que tout le monde connait ici.
- Un autre truc libre (que je serait tenté d'appeler société libre à défaut d'autre mots). Celle où les gens sont libres. Libre de penser, de comprendre, de changer et de choisir (et de se tromper). Ce point est relativement compliqué à décrire et je ne m'y risquerait pas vraiment aujourd'hui. Mais c'est un sujet qui dépasse l'informatique et les logiciels en eux-même.
Si on applique la "société libre" à l'informatique, la liberté absolue c'est le logiciel libre. La liberté d'utiliser, de modifier et de partager l'outil fait de l'outil un outil libre. (Mais ça ne reste qu'un outil)
Et nous, en tant qu'informaticiens, on a confondu les deux points. On ne s'est battu que pour le logiciel libre, avec le logiciel libre comme but alors qu'il n'est pas si important que ça (il reste nécessaire, mais pas vraiment important).
Aujourd'hui, on est tranquillement en train de gagner la bataille du logiciel libre (c'est pas terminer hein) et on réalise qu'au final, ben c'est pas ça, il manque un truc. Le truc c'est qu'on s'est trompé de combat et on est en train de gagner le mauvais. Avoir un outil libre ne fait pas que cet outil sera utilisé comme il faut. On tombe de notre piédestal : On a du Linux partout, xmpp, html5 et consœur et ... merde c'est pas ça qu'on veut. On pensait naïvement que si on avait les bons outils ils seraient automatiquement utilisés correctement.
Comme beaucoup (voir tout le monde), je me suis fait avoir aussi. Je me suis trompé et je m'en suis rendu compte que récemment (et je suis encore dans le flou).
Plus ça va, lorsque je milite, je milite de moins en moins pour le logiciel libre et de plus en plus pour l'utilisateur libre. Je n'explique plus aux gens ce qu'ils doivent utiliser. J’essaie de leur expliquer comment fonctionne les choses (les modèles économiques de Microsoft/Google/Facebook/Apple/"logiciel libre", la propriété des données, les modèle centralisé/décentralisé/acentralisé, l'importance d'avoir le choix) et je leur laisse faire leurs propres choix. Je m'assure juste que ce soit fait en connaissance de cause et si leurs choix vont à l'encontre des miens et bien tant pis : ils sont libres et c'est le plus important.
Le combat du logiciel libre n'est pas fini et il doit continuer. Mais il y a un front à ouvrir. C'est déjà en train de se faire, certains s'y attèlent (pour n'en citer qu'un petit nombre) :
- La quadrature de net, Benjamin Bayard qui se battent pour la neutralité des réseaux.
- Le mouvement opendata.
- Ceux qui essaient de faire des réseaux sociaux a/décentralisés.
- Certains politiques et journalistes (trop peu nombreux hélas)
- Tous ceux qui s'intéressent plus à l'utilisation des logiciels qu'aux logiciels eux-même.
Le nouveau combat est bien plus politique ou sociétal qu'informatique. C'est dur pour nous qui sommes des techniciens (et pour certains a-sociaux) mais il va falloir si mettre.
# Mauvais combat
Posté par GaMa (site web personnel) . En réponse au journal Nous vivons des temps formidables, ou comment nous sommes en train de devenir has-been.. Évalué à 10.
Je suis globalement d'accord avec toi. Mais je pense que l'on s'est trompé de combat depuis le début et on s'en rend compte maintenant car on est en train de gagner le mauvais combat.
Il y a deux choses à différencier dans le libre :
- Le logiciel libre en lui-même et la licence qui va avec. En gros les 4 lois du logiciel libre que tout le monde connait ici.
- Un autre truc libre (que je serait tenté d'appeler société libre à défaut d'autre mots). Celle où les gens sont libres. Libre de penser, de comprendre, de changer et de choisir (et de se tromper). Ce point est relativement compliqué à décrire et je ne m'y risquerait pas vraiment aujourd'hui. Mais c'est un sujet qui dépasse l'informatique et les logiciels en eux-même.
Si on applique la "société libre" à l'informatique, la liberté absolue c'est le logiciel libre. La liberté d'utiliser, de modifier et de partager l'outil fait de l'outil un outil libre. (Mais ça ne reste qu'un outil)
Et nous, en tant qu'informaticiens, on a confondu les deux points. On ne s'est battu que pour le logiciel libre, avec le logiciel libre comme but alors qu'il n'est pas si important que ça (il reste nécessaire, mais pas vraiment important).
Aujourd'hui, on est tranquillement en train de gagner la bataille du logiciel libre (c'est pas terminer hein) et on réalise qu'au final, ben c'est pas ça, il manque un truc. Le truc c'est qu'on s'est trompé de combat et on est en train de gagner le mauvais. Avoir un outil libre ne fait pas que cet outil sera utilisé comme il faut. On tombe de notre piédestal : On a du Linux partout, xmpp, html5 et consœur et ... merde c'est pas ça qu'on veut. On pensait naïvement que si on avait les bons outils ils seraient automatiquement utilisés correctement.
Comme beaucoup (voir tout le monde), je me suis fait avoir aussi. Je me suis trompé et je m'en suis rendu compte que récemment (et je suis encore dans le flou).
Plus ça va, lorsque je milite, je milite de moins en moins pour le logiciel libre et de plus en plus pour l'utilisateur libre. Je n'explique plus aux gens ce qu'ils doivent utiliser. J’essaie de leur expliquer comment fonctionne les choses (les modèles économiques de Microsoft/Google/Facebook/Apple/"logiciel libre", la propriété des données, les modèle centralisé/décentralisé/acentralisé, l'importance d'avoir le choix) et je leur laisse faire leurs propres choix. Je m'assure juste que ce soit fait en connaissance de cause et si leurs choix vont à l'encontre des miens et bien tant pis : ils sont libres et c'est le plus important.
Le combat du logiciel libre n'est pas fini et il doit continuer. Mais il y a un front à ouvrir. C'est déjà en train de se faire, certains s'y attèlent (pour n'en citer qu'un petit nombre) :
- La quadrature de net, Benjamin Bayard qui se battent pour la neutralité des réseaux.
- Le mouvement opendata.
- Ceux qui essaient de faire des réseaux sociaux a/décentralisés.
- Certains politiques et journalistes (trop peu nombreux hélas)
- Tous ceux qui s'intéressent plus à l'utilisation des logiciels qu'aux logiciels eux-même.
Le nouveau combat est bien plus politique ou sociétal qu'informatique. C'est dur pour nous qui sommes des techniciens (et pour certains a-sociaux) mais il va falloir si mettre.
Matthieu Gautier|irc:starmad